03-01-2012 13:02 - Espoir et désespoir pour 2012 en Mauritanie.
L’année qui vient de commencer s’annonce particulièrement difficile pour notre pays en raison du risque énorme de la sécheresse qui le menace à l’instar des autres pays du Sahel rudement frappée par un déficit pluviométrique sans précédent.
Déjà , le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) donne des chiffres alarmant : Plus d’un million de mauritaniens, soit le tiers de la population, risquent un déficit alimentaire aigu dans les prochains mois, Le CICR précise que le nombre de mauritaniens exposés à l’insécurité alimentaire a atteint 838.000 contre 428.000 personnes, entre juillet et novembre 2011.
Ce nombre pourrait atteindre 1.2 million de personnes à l’horizon 2012, si aucune action urgente n’est pas entreprise, a averti le CICR qui dit avoir besoin de 2.26 millions de dollars pour remédier à cette situation.
A ce risque s’ajoute la menace sécuritaire. En effet, notre pays comme les autres pays de la sous région sahélo-sahélienne, est confronté à la menace sécuritaire. Celle-ci est particulièrement accentuée cette année par la prolifération des armes évaporées de l’arsenal militaire de la Libye depuis que ce pays est entré dans sa crise.
Certes le gouvernement a mis en place un ambitieux programme d’urgence Espoir 2012 pour prémunir les effets néfastes de la famine qui pointe à l’horizon mais cela est-il suffisant ? Rien n’est moins sûr ! Ce qui est sûr, c’est que ces deux grandes batailles ne peuvent être gagnées sans un large élan de solidarité internationale.
En effet, pour alléger les souffrances des populations frappées de plein fouet par cette sécheresse, le concours de la communauté internationale est indispensable. C’est pourquoi le Premier ministre a lancé un appel aux partenaires de la Mauritanie pour qu’ils contribuent au programme "Espoir 2012".
Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme et les crimes organisés ne peut être remportée qu’avec la conjugaison des efforts de tous les pays concernés. Il ne s’agit pas seulement des pays dits du champ que sont : la Mauritanie, l’Algérie, le Mali, le Niger, mais également les pays développés dont les intérêts sont particulièrement visés par les terroristes qui écument dans la région nord africaine.
Si les Etats du Sahel ont compris cette évidence en réactivant le CEMOC (Comité d’Etat major opérationnel), pour leur part les Etats Unis sont de plus en plus conscient du danger qui les guette avec l’accroissement des actes terroristes signés par AQMI. Cette même approche est partagée par l’Union Européenne qui vient d’ailleurs de mettre en place une stratégie de lutte contre le terrorisme pour quatre pays du Sahel : Mauritanie, Mali, Algérie et Niger.
Reste que pour relever ces grands défis, il est nécessaire qu’il y’ait un large consensus national autour de ces deux questions. Ici, il y a lieu de souligner que ces menaces mettent en cause l’existence même de l’Etat mauritanien qui n’appartient ni à Zeid ni à Amr.
Mohamed Salem Ould Haiba
