29-02-2012 23:42 - Oxfam :Crise alimentaire dans le Sahel
« Plus d’un habitant sur quatre, risque d’être en situation de grave insécurité alimentaire ».
En 2012, la région du Sahel, en Afrique de l’Ouest, risque d’être de nouveau confrontée à une grave crise alimentaire.
Selon Oxfam, si aucune action efficace n’est entreprise, les conséquences sur les ressources et les vies humaines pourraient s’avérer désastreuses, comme ce fut le cas lors des précédentes crises de 2005, 2008 et 2010 qui ont touché plus de 10 millions de personnes.
Plus de 12 millions de personnes en Afrique de l'Ouest sont menacées par une grave crise alimentaire, selon de récentes évaluations. Les faibles pluies dans la région du Sahel ont entraîné de maigres récoltes et des pénuries d'eau. Oxfam intervient actuellement pour venir en aide à 700 000 personnes au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad.
Selon Oxfam, une évaluation de la situation est en cours, afin de déterminer quelles sont les populations les plus à risque, mais des premiers rapports laissent entendre que six millions de personnes au Niger et 2,9 millions au Mali vivent dans des zones susceptibles d’être affectées.
En Mauritanie, 700 000 personnes, soit plus d’un habitant sur quatre, risque d’être en situation de grave insécurité alimentaire. Au Burkina Faso, où des estimations officielles seront prochainement publiées, près de 2 millions de personnes pourraient être directement touchées. Au Tchad, l’insécurité alimentaire concernerait 13 des 22 régions que compte le pays.
Oxfam rappelle aussi que, pour éviter que ces crises ne se répètent encore et encore, il faut agir face aux causes profondes et fournir une aide de long terme aux populations les plus pauvres d’une région dans laquelle, chaque année « normale », hors période de crise, 300 000 enfants meurent de maladies liées à la malnutrition.
Investir dans des actions de long terme
Selon Oxfam, l’intervention ne doit pas se limiter à répondre aux besoins urgents. Elle doit aussi s’attaquer aux causes profondes des crises afin d’éviter qu’elles ne se reproduisent. En investissant davantage dans des actions de long terme destinées à réduire la vulnérabilité des populations face aux chocs extérieurs, L’ONG estime que les états touchés par la sécheresse, porront œuvrer à rompre le cycle de la faim au Sahel.
D’après les systèmes nationaux d’alerte précoce, la production céréalière est inférieure à la production moyenne des cinq dernières années, selon Oxfam. L’ONG note qu’en Mauritanie et au Tchad, la production céréalière a même chuté de 50% par rapport à l’an dernier. Les stocks alimentaires nationaux sont dangereusement bas, alors que les prix de plusieurs céréales de base ont augmenté de 40% par rapport aux cours moyens sur cinq ans.
Oxfam augmente ses opérations afin de répondre dès à présent aux besoins des populations les plus vulnérables. Dans plusieurs régions affectées, l’ONG aide les communautés à renforcer leurs capacités de résilience face à la prochaine crise. L’ONG indique qu’ils sont prêts à fournir une aide alimentaire en cas de nécessité. Oxfam prévoit d’apporter un soutien à près de 700 000 personnes au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie et au Tchad.
En Mauritanie, dans la région de Gorgol, 1 300 femmes, réunies au sein de coopératives, bénéficient de systèmes d’irrigation qui permettent d’alimenter leurs jardins potagers avec des eaux fluviales. Pour rappel, Oxfam est une confédération internationale de 15 organisations travaillant ensemble dans plus de 90 pays et en collaboration avec des partenaires et des alliés dans le monde entier pour trouver des solutions durables à la pauvreté et à l'injustice.
L’ONG intervient en Mauritanie depuis 1983 dans le domaine du développement à travers des organisations de la société civile et dans le domaine de l’humanitaire.
Dialtabé
