14-05-2012 23:40 - 'En Mauritanie, on ne mange souvent plus qu'un repas par jour'.

'En Mauritanie, on ne mange souvent plus qu'un repas par jour'.

En Mauritanie, dans certaines communautés, le nombre d’enfants atteints de malnutrition aiguë a doublé en deux mois seulement. Les réserves alimentaires arrivent à leur fin. On estime qu’au summum de la crise, plus d’un million de mauritaniens sera en danger, soit un tiers du pays.

« Nous ne mangeons plus qu’un ou deux fois par jour », « nous n’avons pas subi une telle sécheresse depuis 1969 », « Les hommes de la communauté ont dû partir à Nouakchott pour gagner de l’argent » : les témoignages des chefs de communautés mauritaniennes sont éloquents.

De nombreuses familles de la région du Gorgol font face à une sévère pénurie alimentaire, au cœur d’une région pourtant considérée comme le grenier de la Mauritanie.


En cause : le déficit pluviométrique de 2011 qui a asséché les pâturages plus tôt que d’habitude. En Novembre déjà, un cri d’alerte avait été lancé : les récoltes ne suffiraient pas à alimenter la population jusqu’à la moisson suivante en octobre, presque un an plus tard. L’inflation du prix des céréales et l’écroulement des prix du bétail ont contribué à aggraver cette situation.

Face à l’épuisement des réserves alimentaires, il est essentiel de renforcer le dépistage et le traitement de la malnutrition. « Il n’y a pas de temps à perdre : il faut protéger les enfants les plus vulnérables en leur distribuant des rations dites de protection qui évitent de voir leur statut nutritionnel se détériorer, » martèle Mohamen Ghaly, nutritionniste à ACF, en pesant des enfants rassemblés sous un auvent en bois. Ces dernières semaines, le nombre de cas de malnutrition aiguë s’est envolé : en seulement 2 mois dans le village de Boudami, le nombre d’enfants de moins de 5 ans touchés a doublé.

Pourtant...

« C’est maintenant que le pire commence. Les prochains mois vont être extrêmement durs. La crise se transformera en catastrophe s’il ne pleut pas en juillet », explique Fatima Diop, une nutritionniste d’Action Contre la Faim. On estime qu’au summum de la crise, plus d’un million de mauritaniens sera en danger : un tiers du pays.

Face à la récurrence des crises au Sahel, il est essentiel d’agir sur le long terme tout en répondant à l’urgence. Parallèlement aux distributions de denrées alimentaires et aux programmes « Argent contre Travail » qui permettent aux familles de subvenir à leurs besoins immédiats, ACF mène des programmes qui renforcent la résistance aux crises futures.

En amont, ACF, présente dans le pays depuis 2006, opère des programmes de sécurité alimentaire. Dans certaines communautés comme Nabam y Ndiokoudila, la construction d’une digue pour retenir l’eau de pluie et d’un système d’irrigation alimenté par panneau solaire ont permis la création de petits potagers pendant la saison sèche. « Cela prouve que les solutions face à la faim existent. Mais en tant qu’ONG, nous ne pouvons répondre seuls à l’étendue des besoins: nous avons besoin de l’engagement des gouvernements, des bailleurs de fonds et des donateurs privés » conclut Sandrine Flament, directrice d’Action Contre la Faim en Mauritanie.

source : ACF

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Commentaires (2)

  • baliou.ablay (H) 15/05/2012 12:19 X

    Apprenons de nos erreurs. Nos surfaces agricoles exploitables se rétrécissent, ceux qui ont l’agriculture comme traditions ne sont pas encouragés à cultiver. La vulgarisation des bonnes pratiques agricoles est délaissée. Les ressources humaines qualifiées manquent ou ne sont pas à la place qu’il faut. Les cultivateurs et les pasteurs sont très souvent en opposition et l’arbitrage est fait en défaveur des premiers. Les aménagements agricoles ne sont pas suivis. On pourrait continuer la liste.

    Produire et nourrir les mauritaniens est de l’ordre du possible : la Mauritanie dispose de près de 520 00 Ha de terres exploitables pour l’agriculture dont 220 000 pour l’agriculture sous pluies. Sur un potentiel de 85 000 ha de terres irrigables au bord du fleuve seulement 42000 ha ont été aménagés et seulement des surfaces aménagées sont exploitées. Il faut dire aussi que le taux de chômage dépasse les 30%.

    On a pas besoin d’être expert pour dire qu’il faut se donner les moyens de produire notre nourriture, de conserver et transformer notre production et de rendre accessible à tous cette production.

  • sammbasy (H) 15/05/2012 06:47 X

    C'est ça la raison pour laquelle le FMI félicite Ould Abdel Aziz!