20-06-2012 06:08 - Nouadhibou : La colère des gens de mer.
La capitale économique Nouadhibou a été le théâtre jeudi 14 juin dernier, d’une manifestation de colère des pêcheurs traditionnels et des gens de mer. Ces derniers dénoncent les manigances de certains milieux d’affaires du secteur qui chercheraient selon eux à casser les prix au moment où ils réclament une meilleure discipline à ce niveau.
Se sentant marginalisés et frustrés par l’exploitation excessive dont ils sont l’objet, les gens de la mer cherchent auprès des autorités de meilleures protections.
Il faut dire que les pêcheurs traditionnels et les marins sont livrés à une jungle d’armateurs et à des bataillons d’intermédiaires qui s’enrichissent sans vergogne sur leur dos, fort de la puissance de l’argent et de la tribu.
Le monde marin est surtout exaspéré par les rumeurs sciemment véhiculés par les spéculateurs sur la chute du prix du poisson, ce qui à leurs yeux est de nature à réduire considérablement leurs revenus. D’ailleurs, les m arins en colère ont réclamé la punition des auteurs de telles rumeurs qui seraient, à leurs dires, à l’origine du vent de panique qui s’est emparé des travailleurs du secteur, les obligeant à exprimer leur colère sur les avenues de la capitale économique.
En faisant circuler la fausse rumeur selon laquelle le prix du poisson a connu une chute, les marins croient avoir déceler une volonté manifeste des intermédiaires à justifier les réductions conséquentes des avantages accordés aux travailleurs, voire la suppression des opportunités de travail, au risque de provoquer la faillite de plusieurs petites entreprises de pêche, dont les activités sont fragiles face à ce genre d’informations.
D’autre part, la section locale du syndicat libre des travailleurs de la mer a décidé d’enclencher une grève de vingt jours à partir du 30 juin prochain après l’échec des négociations sociales, dû selon eux au non respect du principe consensuel, après que le patronat ait tenté d’imposer en marge des pourparlers, certains arrangements nuisibles aux intérêts des travailleurs.
La grève programmée ferait suite à une série de manifestations pacifiques dont l’objectif était d’attirer l’attention des acteurs sociaux sur le mécontentement des marins face au déroulement des négociations sociales. Aucune des doléances des travailleurs n’auraient été satisfaites selon leurs revendications, en l’occurrence l’augmentation des salaires, l’amélioration des conditions de travail et de nourriture à bord, la non application du principe à travail égal salaire égal.
Toute cette agitation s’empare du monde marin au moment où les activités de pêche viennent de reprendre après un arrêt biologique qui a duré un mois.
DENAH
