05-10-2012 09:54 - Pêche : Le gouvernement étudie de nouvelles pistes

Pêche : Le gouvernement étudie de nouvelles pistes

Après le départ de dizaines de bateaux pélagiques de nos côtes, pour protester contre les nouvelles conditions de pêche, plus de trois mille marins mauritaniens se sont retrouvés sur le carreau, sans emplois.

Depuis lors, le gouvernement a mis en place un comité interministériel pour étudier la question, proposer des solutions et, surtout, se préparer au pire : le rejet de l’accord Mauritanie-UE par la commission ou le parlement européens. La pêche industrielle de fonds est suspendue dans nos eaux territoriales, depuis le 1er octobre à 0H.

C’est ce qu’on appelle dans le secteur des pêches : l’arrêt biologique. Une pause de deux mois qui vise la protection de la ressource, particulièrement le poulpe, une espèce très recherchée et qui était, selon tous les spécialistes, particulièrement surexploitée.

En plus du repos biologique, cet arrêt permet aux responsables du secteur de pencher sur la situation créée par la signature du dernier accord de pêche entre la Mauritanie et l’Union européenne. Celui-ci a provoqué la fuite de presque tous les bateaux pélagiques qui pêchaient chez nous et qui faisaient travailler environ trois mille employés.

Brusquement le gouvernement, qui vantait les performances de ses négociateurs et de l’éventualité du rejet de l’accord par la partie européenne, s’est retrouvé confronté à une situation de quasi crise, marquée par le débarquement de milliers de marins nationaux.

Mardi dernier, cet accord était au menu d’une réunion à Bruxelles. Six pays, menés par l’Espagne qui est le principal perdant dans cette affaire, ont appelé à la renégociation des clauses de l’accord. Deux pays, la France et la Grande Bretagne, y étaient favorables et s’opposaient à toute nouvelle modification. On ne sait pas, à l’heure qu’il est, vers qui va pencher la balance. On doit encore attendre une prochaine réunion des ministres européens pour voir plus clair et savoir s’ils vont renvoyer l’accord devant leur parlement continental.

Ce dernier serait largement favorable à tout ce qui pourrait contribuer à la protection de la ressource halieutique des pays en développement et à tout ce qui peut contribuer à des modifications de l’accord passé avec l’UE. Le gouvernement mauritanien a engagé une réflexion sur les conséquences des nouvelles conditions créées par le débarquement des marins mauritaniens des bateaux européens sur l’emploi dans le secteur des pêches et sur les recettes du trésor public.

Parer à toutes les éventualités

Le gouvernement a mis en place une commission technique qui travaille sous l’autorité d’un conseiller du premier ministre et qui regroupe l’ensemble des départements impliqués de prêt ou de loin dans ce problème. Celle-ci a pour mission d’étudier les problèmes posés au secteur de la pêche et de proposer des solutions. Les résultats de cette réflexion devaient être présentés à un comité interministériel pour prendre les mesures qui s’imposent. Les mauritaniens se partagent en deux groupes : ceux qui préconisent d’aller jusqu’au bout dans le bras de fer avec les européens même si cela devait aboutir à la rupture avec eux. Ils estiment que la Mauritanie pourrait tirer plus d’avantages en cas de non accord avec l’Union européenne.

Le deuxième groupe est plus conciliant et appelle à un peu plus de retenue et de souplesse avec un partenaire qui est, pour eux, le plus sérieux de ceux qui opèrent dans la pêche et dont le partenariat permet au pays de tirer des dividendes claires et évidentes. On met en garde, à ce propos, contre les risques d’une anarchie pareille à celle du partenariat avec les chinois dans le domaine de la pêche de fonds et qui ne profite qu’à quelques armateurs mauritaniens véreux…


Commentaires : 1
Lus : 1990

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • graaniya (H) 05/10/2012 10:38 X

    Aujourd'hui, La Chine est un partenaire et une destination incontournable, c'est un acteur économique et politique incontournable dans le monde, aujourd'hui la France, les USA etc partent en Chine parce qu'elle est devenue un partenaire inévitable.

    La chine construit et continue à construire en Mauritanie, elle coopère dans le secteur de la pêche,dans le secteur de l'agriculture de la santé etc..

    La chine est devenue une réalité , elle est incomparable a une petite mafia d'hommes d'affaires pélagiques