06-10-2012 07:00 - Boguel-Fadoua : Les oiseaux ne cultivent pas, mais récoltent

Boguel-Fadoua : Les oiseaux ne cultivent pas, mais récoltent

Le coq chante si haut et annonce le soleil, qui est en train de se lever sur Boguel-Fadoua, une région du Gorgol. Et les cultivateurs, qui aimeraient encore faire la grâce matinée, doivent impérativement se rendre aux champs après avoir répondu à l’appel du muezzin.Ils sont conscients que la course-poursuite qu’ils mènent dans les champs contre les oiseaux depuis un certain temps n’est pas du tout gagné d’avance.

Parce que les volatiles ne sont pas prêts à lâcher prise sur les champs et becquètent dans les cultures agricoles à longueur des journées : haricots, pastèques, patates, sorghos, maïs, mils, arachides, patates, carottes, tomates, pommes de terre, salades, …

Un Véritable Grenier Agricole

Si l’on en croit les interlocuteurs agriculteurs, les activités agricoles sont «très vitales» dans leur terroir. Car on y trouve une immense étendue de terres fertiles à Boguel-Fadoua. Et cette potentialité agricole est estimée à plus de 400ha, mais il n’y a que 150 ha qui sont maintenant exploitées par les agriculteurs dans de ce village.

Certains de ces derniers s’adonnent à la culture dite «walo» (période de la saison sèche en Poular allant généralement de Novembre à Mars). Ils cultivent des maïs, des haricots, des patates, des pastèques et des sorghos en cette période sèche. Et les autres agriculteurs, qui n’ont pas les moyens pour se faire irriguer leurs champs, attendent les toutes premières gouttes de pluies (l’hivernage) pour se rendre aux champs et commencer enfin à cultiver autant que les premiers : les maïs, les haricots, les mils, les arachides, les carottes, les tomates, les pommes de terre, les salades, …

Cette culture est couramment appelé «le jeeri» en Poular selon les dires de nos interlocuteurs professionnels de la terre. Comme en atteste la déclaration du président de l’Association du Développement communautaire (ADC) de Boguel-Fadoua, Aldiouma Alassane Sy : «L’activité agricole dans le terroir est vitale pour la population par l’existence de nombreuses terres fertiles. Pendant cet hivernage, nous avons connu une pluviométrie relativement bonne.

Et nous avons naturellement un climat très favorable à la culture de toutes sortes de spécialisations agricoles locales : haricots, maïs, sorghos, tomates, pastèques, pommes de terre, arachides, … Ces différentes cultures font incontestablement de notre localité un véritable grenier agricole en Mauritanie. Car nous pouvons cultiver au tout au long de l’année. Et avec les récoltes de nos cultures agricoles, nous pouvons nous en passer volontiers du programme Emel 2012 de Mohamed Ould Abdel Aziz».


Les oiseaux y reviennent dans les champs

Mais le problème est que l’année passée, les cultivateurs de Boguel-Fadoua n’ont pas pu faire la récolte de leurs champs selon les propos de Saada Aly Sow : «Nous avons été contraints de couper les tiges de nos mils et nos sorghos pour les transporter au village dans l’an dernier. Parce que les mange-mil sont venus tout picorer pour empêcher ainsi la récolté des cultivateurs». Tout comme l’année passée, les mange-mil ont commencé à prendre d’assaut les champs des agriculteurs. Et leur nombre ne fait qu’augmenter dans les champs tous les jours. Une situation qui empêche évidemment les agriculteurs de rester clouer aux lits après le premier chant du coq.

Parce que les oiseaux n’attendent que la première lueur de la journée pour venir becqueter les cultures agricoles. Une situation qui ne fait que des malheureux au sein des professionnels de la terre de la localité de Boguel-Fadoua. Et si cela continue ainsi ces hommes et ces femmes ne pourront pas s’en passer d’un autre programme d’Emel 2013 du président des «pauvres». Parce que les oiseaux sont en passe d’endommager les cultures agricoles après une âpre dispute avec les cultivateurs dans les champs. Il faut noter que Boguel-Fadoua est une localité située à une dizaine de kilomètres de Maghama dans la région Gorgol dont la capitale est la ville de Kaédi, qui est sise 450 km de Nouakchott.

Camara Mamady


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