18-11-2012 17:27 - Comité de Suivi de la Sécurité Alimentaire en Mauritanie : Rencontre autour de la charte de prévention...

Comité de Suivi de la Sécurité Alimentaire en Mauritanie : Rencontre autour de la charte de prévention...

... et de gestion des crises alimentaires 

L’hôtel « Wissal » a abrité samedi 17 novembre 2012, une rencontre entre des journalistes de la presse nationale, la société civile et les responsables du Comité de suivi de la sécurité alimentaire en Mauritanie (Cssa,) autour de la charte de prévention et de gestion des crises alimentaires. Objectif : les entretenir des dispositions de cette charte afin qu’elle soit mieux vulgarisée et connue des différents parties prenantes pour qu’elles s’en approprient.

A cette occasion, le Comité a rendu public une déclaration dans laquelle il indique que « la Mauritanie comme tous les pays du Sahel, a été affectée par une insécurité alimentaire chronique, rythmée par des pics provoqués par des évènements climatiques extrêmes, à savoir les sécheresses et les inondations.

La fréquence et la sévérité des crises sont devenues structurelles, alors que la capacité d’adaptation des populations à ces crises est faible voir inexistante »
. La crise de cette année, note la déclaration, indique clairement que les moindres chocs ayant pour conséquences une production agricole légèrement en dessous de la moyenne et de hausses des prix même faibles, peuvent suffire à plonger les populations dans une situation critique.

Au demeurant, poursuit la déclaration, il est établi que cette situation d’insécurité alimentaire peut être prévenue par l’investissement suffisant dans les zones de vulnérabilité souvent marginalisées et l’application de politiques de prévention et gestions effectives des crises alimentaires, afin que la sécheresse ne soit plus synonyme de catastrophe.

La déclaration ajoute que c’est dans cet esprit que certaines organisations sous régionales, comme le Réseau de Prévention des Crises Alimentaires (RPCA), le Comité Inter-état de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (Cilss) et des Partenaires Techniques et Financiers (PTF) se sont penchés sur la question pour adopter en 1990 la charte de l’aide alimentaire, qui fut remplacée en 2011 par la charte pour la prévention et la gestion des crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest, cela en raison de l’insécurité alimentaire sévissant actuellement dans la région et du faible progrès enregistré dans la mise en œuvre de politiques adéquates.

En fait l’ambition de ce Code de conduite était de minimiser autant que possible les effets pervers de l’aide alimentaire et de faire en sorte que celle-ci disparaisse à terme. Soumise à révision entre 2007 et 2011 à travers un processus participatif et inclusif, la Charte révisée rebaptisée « Charte pour la prévention et la gestion des crises alimentaires » a été formellement adoptée par les Ministres en charge de l’agriculture et de l’alimentation des pays membres de la CEDEAO, la Mauritanie et le Tchad, au cours de leur réunion du 17 novembre 2011, tenue à Conakry, en Guinée.

Elle a été approuvée par le 40ème Sommet ordinaire des Chefs d’États et de Gouvernement de la CEDEAO lors de leur session du 16-17 février 2012. Les gouvernements, les ONG et les PTF se sont engagés à respecter les quatre piliers de la charte, à savoir : l’information et l’analyse sur l’état de la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; la concertation et la coordination entre acteurs ; l’analyse consensuelle pour le choix des outils de prévention et de gestion des crises alimentaires et nutritionnelles ; l’aide alimentaire et l’assistance dans la réponse aux crises alimentaires et nutritionnelles.

C’est dans ce cadre dit le Comité de Suivi de la Sécurité alimentaire en Mauritanie qu’Oxfam international s’investi depuis ces deux dernières années dans le suivi régulier des engagements pris dans six pays que sont : la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Sénégal et le Tchad.

Concernant ce suivi évaluation, il note que deux rencontres se sont tenues cette année à Dakar et Niamey recommandant fortement : le renforcement de la connaissance, la compréhension et l’appropriation de la charte par les parties prenantes ; la promotion du leadership des gouvernements ; l’engagement des PTF dans le renforcement de la société civile pour l’aider à jouer son rôle de veille et de défense ; le renforcement des réserves alimentaires existantes et leur bonne gestion.

A l’adresse des journalistes et des organisations de la société civile, le Comité de suivi de la sécurité alimentaire en Mauritanie a dit que toute action efficace de prévention et de gestion des crises alimentaires doit s’articuler nécessairement autour de ces piliers, et doit être soutenue par une volonté politique des gouvernements à veiller à l’application des engagements souscrits dans la charte. Ensuite, on est passé à la séance des questions réponses.

Crise alimentaire et nutritionnelle aigue
Sur la crise alimentaire et nutritionnelle qui sévit dans notre pays, le Comité de suivi a indiqué qu’en Mauritanie, la rareté des pluies en 2011 a été préjudiciable à la production alimentaire, affectant la sécurité alimentaire. Les régions du sud et du sud-est, parmi les régions rurales les plus peuplées du pays, sont aussi parmi les plus pauvres. Une grande majorité des personnes vivant dans ces régions gagne moins de 1 dollars US par jour, souffre d'extrême pauvreté, et est sujette à des catastrophes naturelles récurrentes.

Selon les résultats de la dernière enquête de sécurité alimentaire menée par le Commissariat à la sécurité alimentaire et le Programme Alimentaire Mondial (‘Food Security Monitoring System’, décembre 2011), près du quart (24.6%) des ménages ruraux, soit 420 000 personnes sont en insécurité alimentaire dont 12.9% en insécurité sévère et 11.7% en insécurité modérée. Le nombre total de personnes affectées par l’insécurité alimentaire tant au niveau urbain que rural aurait atteint 700 000 en janvier 2012. Ces taux ont triplé par rapport à la même période de l’année dernière (8.7% contre 24.6%) et sont déjà de trois points plus élevés que les taux observés en période de soudure normale (juillet 2011).

On estime que 226 000 enfants à travers le Sahel meurent chaque année de malnutrition ou des suites de la malnutrition. La malnutrition aiguë sévère affecte entre 10% et 14% des enfants en Mauritanie. Le rapport note aussi que le taux observé en décembre 2011 pour le milieu rural est le plus élevé jamais enregistré durant cette période de l’année depuis que ce système de suivi a été mis en place. Ces populations vulnérables sont exposées à la hausse des prix des denrées alimentaires et font face à d'énormes difficultés pour avoir accès à de la nourriture.

Les pasteurs affectés vendent leur bétail pour couvrir leurs besoins alimentaires ou sont forcés de consommer les semences pour la prochaine saison agricole (juin 2012). Cet épuisement de stocks augmente leur vulnérabilité et diminue leur résilience à faire face à de nouveaux chocs.

A la crise alimentaire et nutritionnelle s’ajoute l’afflux de réfugiés maliens lié à l’instabilité au Mali. Entre le 26 janvier et le 29 avril 2012, 62 871 réfugiés maliens ont trouvé refuge dans la région de Hodh El Chargui et ont été installés dans le camp de Mbéra, à environ 50 kilomètres de la frontière. La communauté humanitaire estime que ce chiffre pourrait atteindre 70 000 réfugiés. La plupart des réfugiés arrivent dans des localités où les communautés hôtes sont déjà fortement vulnérables en raison du déficit alimentaire.

Leur afflux exerce une pression supplémentaire sur des ressources alimentaires déjà très limitées, l'eau et les services d’assainissement aussi bien que sur la capacité faible des services sociaux de base. Cet appel global pour un total de 94 236 507 dollars US vise à soutenir les communautés les plus vulnérables. Elaboré pour couvrir les besoins dans le cadre d’une approche intégrée, les projets couvrent les secteurs suivants: la Sécurité Alimentaire ; la Santé ; le Multi-secteur (réfugiés) ; la Nutrition ; la Protection ; l’Eau, Hygiène et Assainissement ; le Relèvement Immédiat et la Coordination.

Compte rendu, Moussa Diop


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