28-12-2012 10:28 - Les bœufs du Québec mangeront mieux
Grâce à la recherche d’un doctorant à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, les producteurs bovins connaîtront bientôt le moment propice pour procéder à la fauche des foins.
La recherche qu’a effectuée Marouf Ould Ahmed, doctorant en sciences de l’environnement à l’UQAT, «concernait principalement la qualité des aliments pour les bovins. Dans ce cas-ci, on se concentrait principalement sur le bœuf», informe Pascal Drouin, Ph. D., directeur scientifique de M. Ahmed.
Les principales conclusions de ses recherches portent sur le contenu en sucre de la fléole des prés, la graminée fourragère pérenne la plus répandue au Québec. «C’est-à -dire une plante qu’on n’a pas besoin de semer chaque année», explique le directeur scientifique.
Dans cette plante, on retrouve des sucres constitués de fructanes, «c’est-à -dire un sucre composé de fructose. On voulait savoir, jusqu'à quel niveau on était capable de conserver les fructanes, une fois la plante fauchée et conservée sous forme d’ensilage (les grosses guimauves qui surplombent les champs l’été)», poursuit M. Drouin.
L’objectif
Le but est de connaître quel est le moment le plus propice pour faucher la plante afin d’obtenir des teneurs maximales en sucres. «Il fallait déterminer si on était capable de garder les sucres et de les conserver le plus longtemps possible» après la fauche et pendant le fanage, ajoute-t-il.
Ces sucres fournissent de l’énergie nécessaire aux bovins. «On veut qu’ils entrent dans le système digestif de l’animal», explique-t-il. D’ailleurs, la conservation de l’herbe ayant une meilleure valeur énergétique évite le recours aux suppléments alimentaires coûteux, fournis sous forme de grains.
Des contraintes
Pour déterminer le moment idéal pour procéder à la fauche de la plante, le doctorant devait déterminer à quel moment les enzymes présents dans la fléole des prés, les Fructanes Exo-Hydrolases (FEH), étaient les moins actifs comme ce sont ces enzymes qui dégradent les fructanes.
«On s’est aperçu qu’il y a une période où les enzymes ne sont pas tout à fait activés. Toutefois, il reste encore des choses à s’assurer avant de faire des recommandations aux producteurs», assure M. Drouin. En fait, la période qu’a trouvée M. Ahmed est idéale pour la teneur en sucre, mais elle ne l’est pas pour la teneur en protéine. «Il faudra probablement laisser tomber un peu des bienfaits des sucres pour aller chercher un peu plus de protéines, qui sont également importantes pour les animaux», informe le directeur scientifique.
«Nous avons déjà les données pour les protéines. Il faut faire le pour et le contre ce qui n’a pas encore été fait. Les résultats vont probablement se retrouver sur une fiche technique qui sera disponible sur le site de l’UQAT ultérieurement», conclut-il.
