30-12-2012 09:05 - Les paysans du PPG : « Obligés de payer la police pour se rendre au champs »
Le Périmètre Pilote de Gorgol se situe à quelques 5 km de la ville. Pour s’y rendre, la majorité de paysans se déplacent à pieds ou sur des charrettes tirées par des ânes. Cette contrainte, en plus d’être extrêmement éprouvante pour les paysans, leur fait perdre énormément de temps. Le trajet aller et retour prend au minimum deux heures de temps à ces braves hommes et femmes qui sont pour la plupart des personnes âgées.
Le développement des moyens de transport ces dernières années a permis aux communautés d’intégrer de nouvelles pratiques comme l’utilisation de Taxis. En l’espace de Cinq ans le nombre de taxi à Kaédi a été multiplié au moins par quatre. D’après les communautés, ce moyen de transport est non seulement pratique mais aussi particulièrement abordable. Payer une course à 200 Um fait aujourd’hui parti du quotidien des populations de kaédi, toute bourse confondue.
Avec cette opportunité, la plupart des paysans, à défaut de disposer de leurs propres voitures, sont aujourd’hui prêts à utiliser les services des taxis pour se rendre au champ. Mais c’est sans compter avec l’indifférence des policiers et des gendarmes qui semblent se soucier peu des conditions particulièrement éprouvantes dans lesquelles les paysans se démêlent.
Pour transporter les paysans vers le périmètre qui constitue le prolongement naturel et économique des la ville, les policiers du poste qui se situe à l’entrée du périmètre exigent des taximen le paiement d’un bon de sortie de 500 UM par course.
« Je viens du village de Arifouda , à quelques 2 KM du périmètre , mais le gendarmes m’ont demandé de payer afin que ma voiture puisse accéder à mon champs, pour transporter notre récolte et la paille pour les animaux , il faut à chaque fois payer . Cette mesure nous pénalise et nous ne comprenons pas pourquoi on nous traite ainsi, » nous a confié M . S A, un vieux paysan très connu dans le périmètre.
Cette pratique, est d’autant plus condamnable si l’on sait que toutes les politiques de développement sur le plan national et global visent aujourd’hui à encourager les paysans locaux à améliorer leur production locale à travers l’utilisation des nouveaux moyens de production. L’utilisation du taxi comme moyen de transport permet aux paysans des PPG de faire d’énormes économies de temps et d’énergie qui seront réinvesties pour développer le secteur. Certains voient dans ces manœuvres mesquines une manière de vouloir détourner les populations Kaédiennes de l’agriculture.
Pour plusieurs raisons objectives, les paysans méritent plus d’attention et de considération. Nous profitons de cette occasion pour lancer un appel à toutes les bonnes volontés afin d’aider ces braves paysans à davantage contribuer à la lutte contre la pauvreté à travers une mécanisation progressive.
Au moment où le monde évolue, le mode d’exploitation des PPG lui recule ; chaque année, la campagne tarde à ouvrir à temps faute de machines de labour et les moissonneuses batteuses appartiennent désormais au passé.
Mpaly
