09-06-2013 22:47 - L’UE rejette l’accord de pêche avec la Mauritanie.
Et Patatras ! Comme on s’y attendait, malgré l’optimisme de bon aloi affiché par l’ex Colonel Cheikh Ould Baya, le nouvel accord de pêche entre l'Union européenne (UE) et la Mauritanie, signé en juillet 2012, a été rejeté par la Commission de la pêche du Parlement européen.
"C'était un mauvais accord pour tout le monde", a affirmé Gabriel Mato, président de Commission de la pêche dans une première réaction à ce véritable camouflet non seulement à la Commission européenne mais surtout à Cheikh Ould Baya et au ministre des pêches mauritaniens artisans de cet accord qui n’aura servi qu’ à faire perdre à la Mauritanie du temps et des ressources dont elle a grandement besoin.
Les responsables mauritaniens vont-ils tirer la conséquence de leurs actes et rendre le tablier ou vont-ils essayer comme à leur habitude de nous faire prendre les vessies pour des lanternes ? Toujours est il que le rejet a été approuvé par 16 voix contre 6 et 1 abstention.
La commission parlementaire n’a considéré que les modalités de l'accord, conclu par le commissaire européen à la pêche et aux affaires maritime en juillet 2012, "n'étaient vraiment pas à l'avantage de l'UE", selon les mots du président. La principale raison invoquée est le décalage entre les opportunités de pêche accordées et les coûts trop élevés pour l'Union Européenne comme pour les armateurs.
"L'accord n'était pas non plus favorable à la Mauritanie, puisque l'absence des navires européens privera le pays non seulement d'une large contribution financière mais aussi des revenus générés par les communautés côtières" a ajouté Gabriel Mato. Jusqu’ici moins de 20 % de la flotte habituelle a exprimé le souhait de venir pêcher en Mauritanie.
Un communiqué du groupe du Parti populaire européen (PPE) a détaillé les raisons du rejet. Selon le PPE, le projet d'accord n'accordait pas l'accès aux flottes de pêche européennes spécialisées dans les céphalopodes, laissant 32 bateaux sans alternative, alors qu'aucune raison biologique n'était invoquée.
En outre, les quotas de pêche pour les autres secteurs halieutiques étaient réduits drastiquement. Enfin, explique-t-on, la contribution financière de l'UE et le coût du droit de pêche pour les armateurs étaient augmentés de 300 à 400%. Le gouvernement espagnol a d'ores et déjà demandé la renégociation de cet accord avec les autorités mauritaniennes.
Signé au terme de sept rounds et quinze mois de négociations, l’accord négocié par Cheikh Ould Baya avec l'Union européenne et signé en juillet 2012, était dès le départ très contesté par les armateurs européens. D'une durée de deux ans, il portait sur plus de 300 000 tonnes de poisson en échange d'une contribution annuelle maximale de 110 millions d'euros versée par l'UE (70 millions) et les armateurs (40 millions maximum).
Ces derniers devaient désormais payer un montant proportionnel aux quantités capturées - auparavant, les prix étaient fixés à l'avance. Ils avaient également l'obligation de pêcher à 20 milles des côtes (au lieu de 13 milles dans l'ancien accord) et d'embaucher 60 % de marins mauritaniens (contre 30 %). Il semblerait donc que leur opposition au texte ait fini par convaincre les membres de la commission de la pêche du parlement européen.
Le secteur halieutique est stratégique pour la Mauritanie. Principal pourvoyeur de devises après les mines, il représente 12 % du PIB du pays et entre 40 % et 50 % des recettes d'exportations. En 2011, d'après la Banque centrale, 1 million de tonnes de poisson et crustacés ont été pêchées pour un chiffre d'affaires de 126,2 millions d'euros. La filière industrielle compte environ 5 000 emplois directs et indirects, contre près de 35 000 dans la pêche artisanale et côtière.
C’est donc à se demander pourquoi on entraîne le pays dans une situation ou il sera obligé de procéder à une humiliante « retraite » ? Dont la moindre des conséquences est que nos partenaires japonais russes chinois et autres savent désormais qu’il vaut mieux être ferme avec nous. C’est ainsi que Ould Baya essaya par tous les moyens de faire venir les bateaux européens récalcitrants.
Il leur promit même de fermer les yeux sur la zone et sur quelques autres manquements à l’accord mais rien n’y fit. Sur un autre front il avait d’abord demandé aux russes qui devaient payer 329€ par tonne de s’aligner sur ce que paie un armateur européen à savoir 123€ par tonne pêchée en plus de 100.000 USD par trimestre et par bateau donc globalement le droit d’accès revient pour les russes à peu prés 130€ la tonne pêchée.
BC
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