31-07-2013 18:43 - Mise au point du Calame : Oui, Samouri, ne noyons pas le poisson dans la politique…
Cher monsieur Samouri Ould Ahmed Yehdhih, je ne sais où vous avez pêché notre entendement à politiser, dans notre article, la question de l'accord de pêche Mauritanie-UE.
Nous y traitions, simplement, du retour d'un monstre le long de nos côtes et rappelions en quoi l'Annelies Ilena, ex-Atlantic Dawn, en est un de première grandeur. Vous ne contestez pas cette réalité, c'est bien et nous en prenons acte.
Mais à défaut de contester l'incontestable, vous vous évertuez à camoufler la question essentielle - les dégâts écologiques, graves, causés par les Leviathans modernes, type Annelies Ilena ou " Lafayette " des Chinois - sous la défense d'un accord de pêche dont nous n'avons jamais nié les avancées mais que les députés européens ne semblent guère empressés de ratifier et qu'il est, donc, un peu prématuré d'encenser.
De fait, vous vous êtes trompé d'article. Vous auriez réagir plus tôt, à celui paru dans le n°888 du Calame, sous le titre " Pêche : pour une table-ronde de tous les acteurs ", où nous rappelions, au sujet des concessions lâchées, par Ould Baya, le 24 mai 2013, à Bruxelles :
" Concessions jugées cependant insuffisantes par la commission de pêche de l'UE, présidée par le très conservateur et intéressé - il est espagnol - Gabriel Mato Adrover, qui a rejeté, cinq jours plus tard, l'accord de juillet 2012, entraînant l'officielle caducité de celles-là .
Mais, explicitées, elles restent néanmoins des références a minima, pour l'UE. Jusqu'où devra-t-on donc aller ? La question est d'autant plus préoccupante et incertaine que les négociations en coulisses, avec les trois Léviathans - Chine, Europe et Russie - ne se déroulent pas en concertation.
Cette incohérence est la pire des choses. On ne peut raisonnablement pas discuter avec l'un sans avoir une assez claire idée des négociations en cours avec l'autre.
Jamais la nécessité d'une vraie table-ronde, mettant en scène tous les acteurs de la pêche en Mauritanie, n'aura été aussi impérieuse.
Au moins quatre parties mauritaniennes distinctes doivent y être représentées : la pêche artisanale et la pêche industrielle, pour la société civile (secteur privé et secteur associatif), les ministères de la Pêche et de l'Environnement, pour l'administration publique.
Face à cette représentation nationale, l'UE, la Chine et la Fédération de Russie - augmentés d'un éventuel consortium de plus petits exploitants étrangers - ainsi qu'un organisme réellement indépendant, comme, par exemple, Greenpeace, représentant les intérêts globaux de la planète ".
Libre à vous de considérer ces préoccupations comme " purement politiciennes ". Nous y voyons, pour notre part, de bien plus nobles et vitales visées. Que vous ne les entendiez pas prouve, seulement, que nous n'avons pas tout à fait la même conception du sensé.
Ben Abdallah
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