11-01-2014 17:26 - Les fruits de la mer

Les fruits de la mer

C’est par communiqué de la représentation de l’Union Européenne à Nouakchott que nous apprenons que l’UE «vient de verser un montant de 67 millions d’Euros, soit plus de 26 milliards d’Ouguiyas, comme contribution annuelle dans le cadre de l’accord de pêche».

Et le communiqué d’expliquer : «Dans le cadre du Protocole de mise en œuvre de l'Accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre l'UE et la RIM, qui arrivera à échéance le 15 décembre 2014, l'Union européenne a rempli un de ses engagements majeurs en effectuant le paiement de 67 millions d'Euros sur le compte de la Banque centrale mauritanienne au titre de la contrepartie financière annuelle pour l’année 2014.

Ce versement est l'une des expressions de la longue et fructueuse coopération entre l'Union européenne et la République islamique de Mauritanie dans le secteur de la pêche.

L'Union européenne souhaite que ce partenariat privilégié se poursuive et se renforce dans le contexte des négociations du futur protocole qui auront lieu au cours de l'année 2014.

Pour rappel, la contrepartie financière est relative à l'accès des navires de l'Union européenne aux zones de pêche mauritaniennes et dans les conditions définies d'un commun accord par les deux parties. Celles-ci s'engagent à promouvoir une pêche responsable sur la base des principes d'une exploitation durable des ressources halieutiques et des écosystèmes marins»
.

Ce versement arrive alors que la Mauritanie vit encore l’atmosphère de l’après-élections (législatives et municipales), élections dont le déroulement a été jugé satisfaisant par la représentation de l’Union Européenne à Nouakchott.

Il faut rappeler que le protocole signé le 26 juillet 2012 a fait l’objet d’une campagne sans précédent de la part d’opérateurs européens, particulièrement espagnols, et mauritaniens. Tous y voyaient une menace durable pour leurs intérêts. L’Accord, malgré cette campagne, a fini par être entériné par le Parlement européen par une écrasante majorité.Pour la première fois, les négociateurs mauritaniens dirigés par l’ancien directeur de la Surveillance maritime Cheikh Ould Baya, ont traité d’égal à égal avec leurs vis-à-vis.

Aucune interférence politique n’a réussi à faire dépasser les raisons scientifiques et techniques qui dictaient à la Mauritanie de rechercher l’accord le plus profitable et à l’Union Européenne de respecter le droit aux autres de jouir justement (et normalement) de leurs richesses. Tous avaient prétexté le respect de l’environnement et le souci de pratiquer une pêche prenant en compte les impératifs de l’environnement et de l’équité dans les rapports.

Pour la première fois aussi de l’histoire du pays, ce qui est reproché (par les détracteurs de l’accord) n’est pas la corruption ou le manque de transparence, mais le fait d’avoir plus de profit et d’avantages à notre pays. On est loin de la période où les accords étaient signés au terme d’un ou deux voyages à Bruxelles et où les rounds de discussions se faisaient autour d’un café entre amis de fortune.

Le présent Accord prend fin en décembre 2014. Les discussions pour son renouvellement commenceront dès mars. La philosophie qui a dicté le comportement des Mauritaniens est toujours la même : préserver la ressource, notamment par l’exclusion des étrangers de la pêche céphalopodière qui permet aussi de faire profiter plus et mieux les Mauritaniens de la ressource nationale, augmenter les emplois, assurer le contrôle des prises par le débarquement et vendre mieux sa ressource. Reste à savoir si les négociateurs seront les mêmes.

Publié par Mohamed Fall Oumeir




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Commentaires (3)

  • synthetiseur (H) 11/01/2014 19:39 X

    C’est par communiqué de la représentation de l’Union Européenne à Nouakchott .....

    Pourquoi les pouvoirs publics n'ont-ils pas annoncé en premiers cet accord à travers les médias publics et privés en mettant en avant les éxigences qui avaient été les leurs et transformer cet accord en acquis politique? Cela éviterait un tel traitement par la presse et notamment notre cher Oumere qui met visiblement au devant un individu Cheikh Ould Baya (que je respecte et dont je valorise les efforts)au détriment de tout un dispositif étatique et gouvernemental; meme le Président Aziz s'y était mis..

    Faisons attention à ces détails et le message est surtout pour ceux qui se disent communicants au nom du pouvoir en place. Ils ne faut pas que la communication parallèle prenne le pas sur le dispositif mis en place à coups de millions. A quoi serviraient alors la TVM, Radio Mauritanie et l'AMI?

  • habouss (H) 11/01/2014 18:51 X

    Ces négociations doivent prendre en compte deux points importants : la sauvegarde de environnement en préservant ainsi cette richesse qui n'est pas si renouvelable. Sur ce point je fais confiance à ceux de le l'UE, moins que les mauritaniens qui sont prêts à tout pour quelques Euros.

    Le deuxième point est que la population puisse sentir enfin l'odeur de ce poisson, après au moins 30 d'intenses activités dans le domaine de la pêche nous ne percevons qu'une crise durable et continue qui empêche de se rendre compte du plus de cette manne qui parait être aux mains de certains mauritaniens privilégiés du nord dans l'opacité la plus totale.

  • brahimvall (H) 11/01/2014 17:53 X

    Ce qui est important ce n'est pas le versement opéré par l'Ue aujourd'hui sur la base du protocole adopté, mais la traçabilité de l'utilisation de cet argent versé dans les comptes ouverts au nom de la BCM. Je vous rappelle qu'on ne trouve pas de traces pour 25 millions versés à l'Etat mauritanien dans le précédent accord.

    Et puis, il faut un peu versé de l'eau dans le zrig, si les céphalopodes ne sont plus pêchés par les européens, la politique de commercialisation de la Smcp ainsi que la production artisanale ne vont pas directement à ceux qui bravent l'océan pour capturer le poisson.

    Ceci dit, il faut reconnaître que la protection d'une ressource renouvelable s'imposait de par la logique même économique.