24-02-2014 12:16 - Expropriation des terres de la vallée : Chassez le naturel, il revient au galop !

Expropriation des terres de la vallée : Chassez le naturel, il revient au galop !

Le Rénovateur Quotidien - C’est la désolation entière dans la vallée du fleuve Sénégal, où le spectre de l’expropriation des terres, opéré à grande échelle à l’époque, par des mauritaniens contre leurs propres compatriotes, pendant les années de déportation massive des négro-mauritaniens vers le Sénégal et le Mali dans les années 80 et 90, vient de reprendre de plus belle.

Mais, cette fois, ironie du sort, après le processus de rapatriement des réfugiés organisé avec un demi-succès par l’actuel pouvoir, on assiste dans la consternation totale, à une expropriation silencieuse de grande envergure des richesses foncières de la vallée du fleuve.

Une opération menée avec le consentement coupable de l’Etat en connivence avec des consortiums saoudiens sous le fallacieux pseudo de la mise en valeur de ces terres, qui intervient au moment où certains revenants réclament toujours mais en vain, la restitution de leurs anciennes habitations ainsi que de leurs périmètres arables confisqués à l’époque.

Une politique de pillage systématique du potentiel agropastoral s’inscrivant dans le cadre de la politique non avouée des investisseurs de placer leurs capitaux dans des paradis non pas seulement fiscaux tels qu’offert gracieusement par le régime de Nouakchott, mais également fonciers comme l’illustre cette volonté de rétrécir le droit de propriétaires des terres de leurs richesses et de leurs ressources de vie depuis des siècles.

Une politique suscite de plus en plus de l’indignation et de la stupéfaction pour des communautés importantes d’éducation agropastorale, dépossédées de leurs biens fonciers pour la réalisation d’intérêts particuliers et incontestablement étrangers, dés lors où les investissements quelque soient leur faiblesse sont de l’argent qui appelle de l’argent.

Plusieurs voix se sont élevées hier, aujourd’hui et se feront entendre demain pour dénoncer donc cette mascarade foncière qui s’annonce catastrophique à moyen et long terme pour les populations locales qui n’ont de sources de vie que l’exploitation de ces terres.

C’est dans ce cadre aussi que les FLAM se sont érigées « avec force contre cette décision pernicieuse » mettant en garde le gouvernement sur les tentatives, en coulisse, « de légaliser ces spoliations de terres par l’octroi de titres fonciers aux prédateurs ».

Le mouvement exprime également son soutien et toute sa solidarité aux populations victimes de cette politique d´occupation, en particulier à celles de Donaye, appelant les autorités administratives à mesurer le danger de telles pratiques à la limite de provocation.

« On ne peut initier des projets de développement qui se veulent viables, sans associer les acteurs ruraux concernés » disent les FLAM paraphrasant feu Nelson Mandela quand il dit : « ce qui est fait pour nous, que d’autres ont décidé sans nous, est en réalité contre nous », rappelant que si « le Système a changé de visage » il continue de garder au vu et au su de tous le même message.A propos de cette expropriation, notons que l´Etat mauritanien vient encore d’octroyer des terres des populations paisibles de la zone Boghé à des hommes d´affaires Saoudiens.

« Cette décision, dangereuse, s’inscrit dans la droite ligne de la réforme foncière scélérate de 1983 (Ordonnance numéro 83127 du 05 juin 1983) qui vise, rappelons-le, à déposséder les populations paysannes de la vallée du fleuve, pour les transformer en ouvriers agricoles sur leurs terres ancestrales » indiquent les FLAM selon lesquelles cette nouvelle décision ignore l'avis et les intérêts des populations concernées et constitue, de fait, un déni du droit de propriété.

Le projet agricole mauritano-saoudien

Les autorités ont tenu récemment une réunion dans la ville de Boghé avec les agriculteurs de la wilaya du Brakna. Elles ont rappelé à cette occasion que le secteur rural a réalisé d'importantes productions au cours des dernières années grâce aux améliorations apportées au niveau de cette filière, précisant que ces efforts ont permis la couverture de 60% des besoins nationaux en riz.

Elles ont évoqué aussi une situation d'incertitude dans laquelle vivait le secteur avant 2009, les dettes des agriculteurs, le manque des outils agricoles et l'absence de professionnalisme dans leur exploitation.

Les autorités ont parlé également de la vente prochaine d’outils et d’équipements dont des moissonneuses et tracteurs au profit des agriculteurs à des prix préférentiels avant le mois d'avril prochain pour permettre une maîtrise de l'agriculture et pour accorder la priorité aux franges démunies, soulignant les liens entre le secteur et la caisse de dépôt et de développement qui exige selon eux des garanties pour bénéficier des prêts après l'obtention de la propriété foncière.

Elles ont rappelé aussi la recherche en cours d'un mécanisme d'assurance agricole contre les catastrophes naturelles, rassurant les habitants de Boghé sur la viabilisation des anciens périmètres de la ferme de Boghé couvrant 790 ha.

Evoquent le projet agricole mauritano-saoudien proprement dit, ces autorités ont indiqué après avoir évoqué les mesures prises pour l'annulation des dettes des agriculteurs et des conditions devant être réunies pour obtenir des crédits agricoles, qu’il s’agit d’un projet de développement important comportant des parties se trouvant ans les wilayas du Trarza et du Brakna.

Le projet vise à combler le déficit enregistré dans la production du blé mauritanien avec un objectif de récolte de 200 mille tonnes par an en plus de la production d'autres produits comme sorgho et l'aliment bétail. D’une durée de 5 ans, son coût est d'un milliard d'ouguiyas avec un bail des périmètres exploités. Ils ont rassuré enfin les agriculteurs de la construction prochaine d’une usine laitière à Boghé et d'une unité d'emballage des dattes en Adrar.

Md O Md Lemine




Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité



Commentaires : 8
Lus : 2696

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (8)

  • Don Quichotte (H) 24/02/2014 17:18 X

    @Hebbiya74
    Vous dites n'importe quoi ! et votre vision des choses est malheureusement courte ; c'est un prjet qui va apporter bcp à la Mauritanie est précisement les habitants du vallé, et aussi il n'exploitera que les terres vierges qui n'ont jamais été touchées.

  • Don Quichotte (H) 24/02/2014 16:17 X

    c'est ridicule ! toutes la Mauritanie appartient à l'Etat ! et qus les FLAM soient flambés par leur haine contre tout ce qui est arabe et vient des arabes ! si c'était la France qui va exploiter ses terres, ils seraient vachemment contents !

  • habouss (H) 24/02/2014 16:13 X

    YEHESS,
    Tu t'avais fait rare et je pensais sérieusement que tu es devenu plus mûr, mais cette sortie signifie que tu étais sous traitement ! Tu dois savoir que toute terre inondable par les crues du fleuve du côté de Donaye appartient bel et bien à la Vallée du fleuve Sénégal. Tu vois comment la bêtise (racisme) primaire peut abrutir.

  • Hebbiya74 (H) 24/02/2014 14:29 X

    personnellement je suis pas contre que l’état mets sa main sur les terre du valé (waalo)... mais ce qui me fait mal pourquoi le faire avec des étranger Arabe ? nous ne sommes pas obligées de les offrir nos terres, au lieu de les céder aux SAOUDIENS il faut subventionner les propriétaire de ces terre et ils y travaillerons mieu, et comme sa on cedera quelque places à nouakchott et à nouadhibou à ceux qui n'ont pas cette chance

  • YEHESS (H) 24/02/2014 13:38 X

    A lire votre article on peut penser à une expropriation des terres de paisibles paysans. Le projet en question n'a pas vocation de s'installer sur des terres exploitées ou ayant jamais été exploitées par quiconque. Ces terres ne sont même pas sur le Fleuve. Les Flam et assimulés doivent arrêter leur hypocrisie. Ils ne pèsent rien dans les coeurs des Mauritaniens.

  • donogaladiegui (H) 24/02/2014 13:23 X

    @hathlel
    Les terres sont héritées des ancêtres.... les montagnes non ,les palmeraies oui et quoi d'autres pendant que nous y sommes ?

  • donogaladiegui (H) 24/02/2014 13:18 X

    Je pense que les députés élus de la vallée ont un sérieux travail à tous les niveaux. Ils sont élus par les populations pour régler leurs problèmes... l'élection présidentielle est dans quelques mois, ce problème doit être résolu avant, sinon je vois ce qu'ils diront aux populations pendant la campagne présidentielle.... si vous le savez dites - le !.

  • hathlele (H) 24/02/2014 12:41 X

    Rions un peu! Nous, aussi à Zouerate nous exigeons que l'Etat Mauritanien nous remet nos richesses qu'il a exploité depuis 54 ans . Je parle des mines de fer de la Kédia d'Idjil et puis tout récemment de guel Rhein et de M"haoudatt. Les gens de l'Inchiri auront aussi leur moi. Les imraguens doivent aussi se révolter et enflammer l'Océan.L'Etat Mauritanien doit nous donner nos droits. Vous êtes des vrais démagogues. Mes respects pour tous.

    Vive la Mauritanie dans l'honneur,la fraternité et la justice.

    Sidi Ould Bobba
    D.E collège "3" Zouerate.