15-03-2014 19:24 - Aménagement des surfaces cultivables : Le chercheur Ousmane Thiam déplore la sous-exploitation du potentiel hydro-agricole de Diama

Aménagement des surfaces cultivables : Le chercheur Ousmane Thiam déplore la sous-exploitation du potentiel hydro-agricole de Diama

Le Soleil - « Le barrage de Diama, évaluation des avantages sociaux et environnementaux ». C’est le titre du premier livre de référence consacré à cet ouvrage anti-sel d’un coût de 36 milliards de FCfa et polarisant les Etats de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) que sont le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée et le Mali.

L’auteur, Ousmane Thiam, a convié, hier, universitaires, hommes politiques et journalistes à une cérémonie de dédicace au Warc.

Le chercheur-environnementaliste Ousmane Thiam a toutes les raisons d’être satisfait. L’histoire retiendra qu’il a rédigé le premier livre consacré à l’évaluation environnementale et sociale du barrage anti-sel de Diama, un ouvrage qui, avec le barrage de Manantali, demeure encore un espoir pour le développement économique et social du Sénégal et de ses voisins immédiats.

L’auteur part d’abord du postulat selon lequel l’infrastructure qui existe depuis 1985 a permis, à ce jour, des retenues d’eau de l’ordre de 500 millions de m3. Autant dire que l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) aura abattu un travail énorme pour aboutir à ce résultat, dans un contexte difficile marqué par un milieu hydrographique très dense.

Le parc des oiseaux de Djoudj ou les réserves du Ndiaël constituent encore un espace vulnérable qui essaie tant bien que mal d’impulser une dynamique de développement économique et social. Malheureusement, analyse M. Thiam, le barrage qui a suscité beaucoup d’espoirs à sa création, a engendré, de nos jours, une agriculture encore déficitaire. Seules la tomate industrielle et la riziculture, à un degré moindre, ont tiré leur épingle du jeu. Une réussite dont l’auteur parle d’ailleurs avec modération.

A ce jour, 75.000 hectares ont été emblavés dans la vallée du fleuve Sénégal sur un potentiel estimé à 375.000 hectares. Autant dire qu’il reste beaucoup à faire sur le plan agricole pour faire de Diama un levier de développement économique et social des quatre pays regroupés au sein de l’Omvs.

Finalement, la question qui est soumise à la réflexion des intellectuels et même des détenteurs de savoirs locaux est la suivante : quel type d’aménagement agricole faut-il privilégier sur le site, d’autant plus qu’à l’origine le barrage en question a voulu lutter contre l’avancée de la langue salée ? Une interrogation d’une rare pertinence. Car, selon le chercheur, les aménagements agricoles sur le riz seront d’ailleurs renforcés.

En tout état de cause, l’Omvs, par la voix de son secrétaire général, Madine Bâ, s’est vivement félicitée de la parution de cette première grande contribution consacrée au barrage anti-sel de Diama. Cette infrastructure collective, a rappelé M. Bâ, assure l’alimentation en eau de Nouakchott à hauteur de 100 % et apporte une quantité importante pour l’approvisionnement de la capitale sénégalaise et de la ville de Saint-Louis.

Diama est aussi caractérisé par sa complexité morphologique et la prolifération des plantes aquatiques (typha). Sur 20 kg de poissons tirés du fleuve, les études ont montré que les 19 sont consommés par les oiseaux. Le directeur de la maison d’édition l’Harmattan, Dr Abdoulaye Diallo, a, pour sa part, fait le pari de voir le livre d’Ousmane Thiam, dont l’ex haut-commissaire de l’Omvs Salem Ould Merzoug a signé la préface, faire date.

Il a aussi exhorté les intellectuels à rédiger des ouvrages, car, selon lui, « toute expérience qui n’est pas partagée à travers l’écriture est vaine ».

Mamadou Lamine Diatta




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