18-03-2014 20:36 - Alerte : Que faire des légumes de l’Adrar ?

Alerte : Que faire des légumes de l’Adrar ?

Adrar-Info - La cueillette des produits maraichers en Adrar coure de janvier à Avril. Au cours de cette courte période, les cultivateurs tentent de gagner, en échange du fruit de leur dur labeur, l’argent nécessaire à leur (sur)vie le reste de l’année.

Ainsi, pas moins de cinquante tonnes de légumes sont ces jours ci, débarqués quotidiennement au marché central d’Atar dont à peine la moitié se vend : 5T à Atar, 20T à Nouakchott et 2 T à Zouerate. Les invendus constituent une Grosse perte sèche qui fait pleurer plus d’un agriculteur.

Le gouvernement Mauritanien ne doit-il pas intervenir rapidement et vigoureusement pour sauver ce qui pourra encore l’être ? Pourtant, ce ne sont pas les usines de conditionnement de dattes / légumes, les chambres froides , les hangars d’entreposage et atelier d’emballage (tous ,fermés pour cause de frais de fonctionnement) qui manquent à Atar !!!

Plusieurs facteurs ont favorisé cette année la bonne production maraichère en Adar : Les pluies qui ont arrosé la quasi-totalité des Moughataa de la région; Les résultats assez positifs du programme de développement durable des Oasis PDDO ( 2005-2014), qui a mis en place les conditions pour que les communautés oasiennes puissent se prendre en charge et participer d’une manière effective à la gestion de leur chose ;

L’ ouverture de nouvelles routes et entretien de certaines autres permettant désenclavement de certaines zones difficiles d’accès ; L’encouragement des coopératives et associations locales par les microcrédits de proximité.

N’ayant d’autres sources de revenus, ou presque, que l’agriculture, les habitants de Ouadane, Chinguetti, Aoujeft, El maaden, Tirebane, Tawaz, Oued Seguelil, M’hairith, Kseir Torchane, Toungad, Azougui et autres Oueds, ont cultivé les espaces disponibles. Les carottes, tomates, navets, betteraves, aubergines, choux pommés, oignons, El Vassa, menthe couvrirent les sols et remplirent les sacs.

Pour contenir la forte offre, l’Union des Associations Oasiennes de l’Adrar (UAOA) mise en place pour coordonner, suivre et gérer la production, en collaboration avec le Groupement d’Intérêt Economique (GIE) chargé lui,de la commercialisation des produits maraichers, tentent d’imposer des quotas par Oued et par jour aux fins de maintenir un prix de vente rentable.

Au stade actuel, les 27 tonnes/ jour (20 T à Nouakchott, 2 T à Zouerate et 5T à Atar) sont vendus au prix de 70 UM /Kg pour un cout de revient de 31 UM /Kg. Pas mal, si cela tenait!!! Mais, c’est compter sans le temps qui coure , l’eau des puits qui tend à diminuer chaque jour ,la hardiesse et besoins pressants des agriculteurs qui ne peuvent laisser moisir leur production sous terre ou au soleil en attendant « leur jour programmé ».

Aujourd’ hui à Atar expliquent Madame Mounnah Mint Nafaa de Kseir Torchane et Sidi Tachifine, pointeur au niveau de la bascule de pesée des légumes : « Nous vendons le kilogramme de carotte à 30 UM parce que nous n’avons pas d’autres alternatives, et malgré cela, il nous reste toujours des invendus… Le gouvernement doit intervenir rapidement pour nous aider à stocker nos produits, les transformer sur place ou tout au moins arrêter de janvier à Avril, l’importation des légumes en provenance du Sénégal, Maroc qui concurrencent nos produits ….. » .

Atar dispose depuis 1964 d’une usine de traitement et conditionnement de dattes et légumes qui, tantôt fonctionne, tantôt reste arrêtée. C’est le cas actuellement ; D’une unité industrielle moderne de fabrication de confiture de dattes depuis 1996.

Fermée elle aussi pour cause de querelles entre actionnaires ; D’un complexe frigorifique composé de trois grandes chambres froides, d’une capacité chacune de 50 Tonnes, avec groupe électrogène autonome, chariots, palettes, atelier de tri, cuisson et emballage de légumes et dattes.

Ces installations neuves acquises par un privé vers les années 2000 n’attendent pour tourner qu’être louées ou sollicitées. Leur mise en service sauverait les légumes des agriculteurs, donnerait du travail à certains jeunes et femmes de la Wilaya et contribuerait, en tant soit peu, à assurer la soudure jusqu’au mois béni de Ramadan et campagne présidentielle prévus en été prochain.

Si, en plus, l’Armée, la Somasert et MCM ravitaillaient leurs foyers culinaires d’Atar, Zouerate, Nouadhibou et Akjoujt à partir des légumes de l’Adrar et si les charters Paris-Atar venaient à revenir pour débarquer , comme par le passé , 200 touristes par semaine, les agriculteurs et les populations locales ne seraient pas aujourd’hui à ce stade de lamentations et inquiétude lisibles sur les visages et exprimées à haute voix..



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Commentaires (5)

  • hachmi (H) 19/03/2014 01:34 X

    Il faut immédiatement arrêter l'importation des légumes du Sénégal et du Maroc, il faut aider nos braves paysans qui n'ont que cette occasion pour améliorer de façon substantielle le quotidien dans un contexte de cherté de la vie.

  • Ibiliss (H) 19/03/2014 01:10 X

    "Que faire?", vous demandez-vous? C'est évident pourtant:
    1. Soit vous vous élevez au niveau des produits marocains
    2. Soit vous fermez les frontières de la république des sables à ces derniers! Et puis êtes-vous sûrs de pouvoir nourrir toute la Mauritanie avec vos récoltes? Je vous préviens: bouffer est une occupation à temps plein chez nous!

    Alors, vous choisissez quoi? Vous surpassez ou battre en retraite?

  • maurebleu (H) 18/03/2014 23:28 X

    Il faut faire faire à ces populations des formations sur la conservation des legumes.

  • pyranha (H) 18/03/2014 22:43 X

    leur politique de prix va les perdre eux aussi ,sinon y a aucune raison qu'en RIM ils soient confrontés à des invendus... les légumes sont indispensables dans l'alimentation et on n'en manque trop. Qu'ils révisent leur prix.

  • antipervers (H) 18/03/2014 21:26 X

    Article truffé de requêtes économiquement insensés (intervention supplémentaire sur une agriculture qui n’existe que par la subvention ; arrêt des importations pour une production locale marginale etc..) mais aussi d’indices d’engagements public antérieurs non pertinents : (« Pourtant, ce ne sont pas les usines ….. Tous, fermés pour cause de frais de fonctionnement) qui manquent à Atar !!! ») Et bien entendu du mensonge, tout africain, qui ne prend pas de précaution : « N’ayant d’autres sources de revenus, ou presque, que l’agriculture, les habitants de... etc etc

    Ça au moins c’est un deuxième point fédérateur (Apres l’Islam) pour les mauritaniens, de la vallée du Sénégal à Tiris et de Chamama jusqu’à Oualata.