12-05-2014 02:22 - Un zoom sur l’offre des infrastructures sanitaires dans la ville de Nouakchott

Un zoom sur l’offre des infrastructures  sanitaires dans la ville de Nouakchott

OSPUN.CUN - Un recensement exhaustif des infrastructures et services sanitaires publiques et privées à Nouakchott a été réalisé par la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN) via l’Observatoire des Services et du Patrimoine Urbains de Nouakchott (OSPUN) en 2012.

Ce recensement, fait de manière concertée avec les services techniques municipaux et le Ministère de la santé, a pour ambition de fournir une photographie fidèle de l’état actuel de ces équipements dans la ville afin d’offrir aux élus l’information nécessaire pour améliorer la couverture sanitaire de la ville de Nouakchott.

Par « recensement des infrastructures et services sanitaires » nous entendons identifier et analyser les hôpitaux, les centres et postes de santé, les cliniques, les cabinets médicaux privés (médecins généralistes, dentistes, gynécologues…), les pharmacies, les laboratoires d’analyse et les ONG pratiquant des soins médicaux au sein de structures médicales reconnues.

Les résultats finaux ont montré que Nouakchott compte 491 infrastructures sanitaires toutes catégories confondues, soit 11 hôpitaux, 17 centres de santé, 26 postes de santé, 17 cliniques, 131 cabinets de soins, 14 laboratoires, 260 pharmacies, 10 ONG, 2 dispensaires et 2 autres équipements.

Une évolution constatée en termes de nombre des équipements

Suite au recensement opéré par la CUN en 2009 et à celui opéré par le Ministère de la Santé en 2011, la comparaison des résultats montre une évolution significative du nombre d’équipements sanitaires dans la ville, tant publics que privés.

Une prédominance de l’offre privée

Parmi les 491 infrastructures sanitaires recensées, l’offre publique en constitue seulement 11%, soit 54 infrastructures, contre 89% privées, soit 437 infrastructures. Le rapport publique/privé est avéré dans toutes les communes sauf à El Mina qui concentre autant d’équipements publics que privés.

Une mauvaise répartition spatiale des équipements sanitaire
Malgré l’évolution des équipements sanitaires en nombre, les résultats du recensement montrent une grande disparité en terme de répartition de nombre de ces équipements au niveau communal et selon le type d’infrastructures.

Arafat et Tevragh Zeina concentrent à elles seules 45% de l’offre publique et privée tandis que les communes d’El Mina, Sebkha, Riyadh et Teyartt n’en abritent que 21%. Pour les hôpitaux, Tevragh Zeina et Ksar abrite 7 hôpitaux des 10 hôpitaux recensés. Les communes d’El Mina, Riyadh, Teyarett et Toujounine n’en disposent pas.

Une accessibilité inégale aux infrastructures sanitaires

Si la répartition spatiale des équipements sanitaire est acceptable en centre ville, on constate néanmoins un déficit de la couverture sanitaire dans les quartiers récemment lotis (notamment quartier Tarhile et les franges extérieures de la ville). Ainsi, les hôpitaux sont concentrés le long des principaux axes.

Cette concentration pose d’une part, un problème d’accessibilité pour les populations habitants en périphéries. En revanche, les centres de santé et les postes de santé sont plus accessibles dans la mesure où ces structures se repartissent plus ou moins équitablement dans la ville.

Une grande partie de la population doit se déplacer de moins d’un kilomètre pour joindre le centre ou le poste de santé le plus proche et ces infrastructures représentent la meilleure offre sanitaire de proximité. A Nouakchott, en parcourant en maximum 3 km, un patient est sur de pouvoir accéder à un poste ou à un centre de santé.

Des normes et des indicateurs contrastés

Nouakchott compte 214 unités de soins (ne sont pas pris en compte les pharmacies, les laboratoires d’analyse et les ONG). La population moyenne pour une unité de soins est donc de 5 172 à Nouakchott. Arafat, Ksar et Tevragh Zeina regroupent à elles seules 62% de l’ensemble des unités de soins de la ville. La situation est préoccupante à El Mina et à Toujounine où l’on observe respectivement 19 428 et 15 213 personnes pour une unité de soins (cabinets médicaux compris).

Elle est globalement comparable à Arafat, à Dar Naïm, à Riyadh et à Sebkha où l’on trouve une unité de soins pour 6 à 8 000 personnes. La ville de Nouakchott possède plus d’hôpitaux par habitant que ne le recommande les agences des Nations Unies. En effet, avec un hôpital pour 100 000 habitants, Nouakchott a davantage d’hôpitaux par habitant que le minimum préconisé par l’OMS (1 hôpital pour 150 000 habitants). Si cet indicateur est acceptable, le nombre de lits dans les hôpitaux ne l’est pas : ces derniers sont au nombre de 5 pour 10 000 habitants alors que la moyenne africaine est de 10 lits pour 10 000 habitants et que cet indice s’élève à 63 lits pour 10 000 habitants en Europe.

Le nombre de postes et de centres de santé à Nouakchott est légèrement insuffisant compte tenu du poids démographique de la ville. En effet, l’OMS recommande d’avoir au moins 0,2 centre de santé pour 10 000 habitants et un poste de santé pour 10 000 habitants. Or, Nouakchott compte 0,154 centre de santé pour 10 000 habitants. Il faudrait ainsi construire 5 centres de santé pour atteindre les objectifs fixés par l’OMS.

A court terme, cette situation risque de devenir encore plus préoccupante puisque le taux de croissance de la ville est de l’ordre de 5%. Enfin, avec seulement 1,6 médecin et 0,3 pharmacien pour 10 000 habitants, la Mauritanie manque cruellement de ressources humaines pour répondre aux besoins sanitaires de sa population.

Ce problème semble être en voie de résolution puisqu’une formation de médecins est dispensée depuis quelques années à l’université et la première promotion a été diplômée à la fin de l’année scolaire 2012-13. Si les effectifs issus de cette première promotion de médecins ne seront pas suffisants pour pallier aux carences du système sanitaire à Nouakchott, ni à l’échelle de la Mauritanie, à terme, nous espèrons que cette situation s’améliorera.

Des mesures à entreprendre pour améliorer l’offre sanitaire de la ville

Cette étude devrait permettre aux autorités compétentes (ministères et aux élus de Nouakchott) d’engager une réflexion commune sur ce qui pourrait être la définition et mise en œuvre d’une politique sanitaire concertée sur Nouakchott.

En termes de recommandation, elle a montré que :

o Un effort doit être porté sur le financement des infrastructures sanitaires. Seul 4% du budget de l’Etat était alloué au secteur de la santé lors de l’étude en 2012 (source OMS) et sur ce montant, seul 17% étaient consacrés au fonctionnement des postes et centres de santé (alors que cet indicateur était de 41 % pour les structures hospitalières). Cette réalité se traduit par un manque significatif de moyens de première nécessité (très peu de matériel consommable, d’où l’incapacité à soigner et des problèmes d’hygiène) dans les centres et postes de santé.

o Une politique de ressources humaines doit être mise en œuvre rapidement pour pallier les carences de médecins et des spécialistes.
o Il s’avère nécessaire de redoubler d’efforts pour que l’une des infrastructures sanitaires de Nouakchott, par exemple le Centre Hospitalier National, devienne un pôle d’excellence.
o Il est nécessaire de faire évoluer les postes et centres de santé existants. Il faut s’assurer qu’au moins une infrastructure par commune soit d’excellente qualité afin de désengorger le Centre Hospitalier National.
o Il est nécessaire d’accroître la surveillance du secteur privé et de veillez à la complémentarité des deux systèmes privé et public.

OSPUN, 2014
Pour plus d’information, consultez le site suivant : ospun.cun.mr



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité

Source : OSPUN.CUN
Commentaires : 1
Lus : 1993

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • amiine (H) 12/05/2014 09:31 X

    Es'salamou eleykoum, bonne initiative. L'état doit aussi faire un gros effort dans la transparence en terme de qualité et quantité vu qu'il se vante d'avoir beaucoup d'argent dans ses caisses et wes'salamou eleykoum.