02-06-2014 14:35 - Journées Portes ouvertes du MDR : Studieuses et fructueuses

Journées Portes ouvertes du MDR : Studieuses et fructueuses

Mohamed Fall Oumère - Ils étaient plus de vingt parlementaires, entre députés de l’Assemblée nationale et sénateurs, à avoir fait le déplacement pour prendre part aux «Journées Portes Ouvertes» organisées par le Ministère du développement rural (MDR). Comme pour rehausser la représentation, le président de l’Assemblée a fait le déplacement lui-même.

L’idée d’organiser ces journées découlait naturellement de la nécessité de faire le bilan d’une action qui a quand même duré le temps d’un mandat présidentiel (presque cinq ans).

Une action qui a visiblement permis de relancer la production et de la diversifier, d’étendre les surfaces aménagées et cultivées effectivement, de revaloriser l’action des intervenants dans le secteur et de les impliquer d’avantage dans le processus de mise en œuvre de la nouvelle stratégie, de réhabiliter les outils de production et de les rénover… pour aboutir à la dynamique actuelle afin de rationaliser et de mettre pleinement à profit les énormes potentialités du pays.

Avec près de 20 millions de têtes, le cheptel réparti en ovins, caprins, bovins et camelins, constitue désormais le fer de lance de l’économie rurale après avoir été le parent pauvre du secteur.

Avec les 513.000 hectares de terres cultivables dont 135.000 en irrigué, 250.000 en pluvial, 100.000 derrière les barrages et les diguettes et le reste en cultures sous-palmiers et sous forme de maraichages, les possibilités restent énormes.

Tout commence cependant avec la maitrise de l’eau en vue d’une meilleure exploitation du potentiel hydrique qui s’élève à plus de 11 milliards m3 dont seulement 15% sont exploités aujourd’hui. Le secteur agricole, toutes filières confondues, couvre près de 15% du PIB et est déjà le deuxième pourvoyeur d’emplois après le secteur du commerce.

Le ministre donne le la

C’est à Rosso que s’ouvrent les Journées en ce vendredi 23 mai. Les participants étaient arrivés la veille. La salle de réunion de l’ISET (institut des sciences et des technologies) était pleine à craquer : entre invités du ministère et acteurs du secteur. C’est naturellement le ministre Brahim Ould M’Barek qui introduit par une présentation générale du secteur.

En évitant dans un premier temps de faire le procès du passé, le ministre se contentera de dresser un bilan largement positif de l’action du département durant les quatre dernières années. En choisissant de commencer par le sous-secteur de l’élevage, le ministre le replaçait à sa véritable place dans l’ensemble. La stratégie du développement de l’économie pastorale est passée par trois axes.

D’abord la couverture sanitaire grâce au lancement de plusieurs campagnes de vaccination et à l’amélioration des systèmes de surveillance épidémiologique et d’une veille efficace contre les maladies. Grâce aussi à l’approvisionnement continu en médicaments et en aliments de bétail pour accompagner les éleveurs en période de soudure.

C’est dans ce cadre que le ministère a disponibilisé 153 parcs de vaccination (réhabilitation ou construction) disséminés dans le pays avec priorité aux zones pastorales par excellence et qu’il a distribué de grandes quantités d’aliments de bétail dans le cadre du programme Emel (101003 tonnes entre 63.431 de blé et 37.572 de rakel).

Vient ensuite l’amélioration de la production en quantité et en qualité. Le développement de cet axe a permis d’explorer la recherche et de pousser vers l’utilisation de méthodes scientifiques et de techniques modernes en vue d’augmenter la production de lait et de viande.

Enfin l’axe du développement des infrastructures avec la construction de trois fermes d’insémination artificielle déjà effectives : Idini (Trarza), Kankossa (Assaba) et Mahmouda (Hodh Echergui). Trois autres sont en cours de réalisation à Mâle (Brakna), Maghama (Gorgol) et Keur Macène (Trarza). En cours aussi un centre d’élevage de dromadaires et un centre de démonstration des techniques de l’élevage.

L’objectif visé est d’atteindre l’autosuffisance en l’ait à l’horizon 2025, mais aussi d’améliorer la qualité de la viande rouge produite pour permettre une meilleure commercialisation à l’intérieur et à l’extérieur.

Le secteur de l’agriculture a connu lui aussi un net développement grâce à une politique volontariste en vue de le moderniser et de rationaliser la mise en œuvre des programmes financés en grande partie sur le budget de l’Etat.

Sur le plan des aménagements, près de 15.000 ha ont été soit réhabilités soit complètement aménagés durant les quatre dernières années. Si entre 2000 et 2009, la moyenne de production (brute en irrigué et pluvial) était de 178.246 tonnes sur 226.044 ha cultivées, elle est passée pour la campagne 2012/13 à 329.597 tonnes pour une surface totale de 330.761 ha, et 308.233 tonnes pour une surface cultivée de 259.049 ha pour la campagne 2013/14.

C’est grâce à la mécanisation notamment en zone pluviale, à l’intéressement de plus en plus motivant des agriculteurs (annulation de la dette notamment), à la réhabilitation et la construction de barrages, de digues et de diguettes (1.471 environ), à la protection des cultures, à la maitrise de l’eau, à la mise en œuvre d’une approche permettant le respect du calendrier cultural et la prise en charge effective des missions de l’Etat (lutte contre les prédateurs, approvisionnement du marché en intrants, désenclavement des régions agricoles, modernisation du système de commercialisation…).

Mais sans le développement de la formation et de la recherche, on ne pouvait espérer de tels résultats. La réhabilitation du CNARADA (centre de recherche agricole) et de l’ENFVA (école de formation de techniciens du secteur) a été le point d’orgue de la nouvelle politique de développement du secteur. A cela, il faut ajouter la restauration du dispositif de la vulgarisation agricole en milieu rural.

Le ministre du développement rural devait terminer son exposé par une belle promesse sur les perspectives certainement heureuses pour le secteur. D’abord pour la plupart des programmes dont la mise en œuvre a commencé pour certains et les financements acquis pour tous. Entre les grands projets ciblant des poches de pauvreté dans des régions données (PASK pour lutter contre la pauvreté dans l’Aftout, Programme de développement des zones oasiennes, celui de la réhabilitation et de l’aménagement des périmètres irrigués villageois…) et ceux qui visent l’amélioration de la production et l’extension des surfaces agricoles, les promesses sont grandes et alléchantes. Surtout qu’elles seront soutenues par des réformes stratégiques comme la réforme foncière pour l’irrigué, la création d’une assurance agricole, la création de mutuelles agro-pastorales adaptées…

«Bien des choses restent à faire, mais le chemin parcouru est considérable», devait conclure modestement le ministre. Surtout que l’on vient de loin… de très loin…

La preuve sur le terrain


L’intervention du ministre fut suivie par un débat avec de nombreuses interventions d’agriculteurs et de parlementaires. Ces derniers comprenaient parfaitement qu’il y avait occasion à parler directement aux opérateurs du secteur, à mieux comprendre les mécanismes mis en œuvre et à voir la réalité du terrain.

Quelques usines de décorticage avant de revenir au clou de la journée qui est la visite des magasins d’entreposage de la production en blé… le blé… qu’est-ce qui n’a pas été dit là-dessus ?

Derrière le lancement de la culture du blé, il y avait d’abord la volonté de diversifier la production, de réduire la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur et d’améliorer la sécurité alimentaire. Mais la bataille passait par l’implication des producteurs dans l’irrigué et par la recherche de la variété la mieux adaptée à notre environnement.

Aujourd’hui de grands producteurs ont réussi à tirer d’importants bénéfices de leur expérience et à servir d’exemples à d’autres. Parmi eux, des coopératives dont les responsables déclarent «avoir mangé et vendu leur produit sans aucun problème». Mais aussi des hommes d’affaires qui semblent décidés à poursuivre et à étendre cette expérience (Ehl Ghadda).

Pendant la campagne 2010/11, 851 ha ont été emblavés en décrue au profit de 2.000 agriculteurs et donnant un rendement moyen de 2 tonnes/ha. Alors que pour la campagne 2013/14, 1.600 ha cultivés en irrigué, le rendement moyen dépassait les 3 tonnes/ha (en plus des 2000 ha en décrue). On a enregistré la production de 500 tonnes de semences de la variété Karim R1, considéré comme la plus adaptée à notre milieu. L’objectif est d’arriver à 20.000 ha à l’horizon 2015 (moitié en irrigué et moitié en décrue) pour arriver à couvrir une importante partie de nos besoins en blé.

Dans l’après-midi, cap sur le chenal destiné à arroser l’Aftout Essahli à partir du fleuve Sénégal. Pour près de dix milliards d’ouguiyas entièrement mobilisés sur le budget de l’Etat, le ministère entend mettre en valeur 16.000 ha de terres dans l’Aftout sur une longueur de 55 km. C’est la Société nationale des aménagements agricoles et des travaux (SNAT) qui réalise ce bel ouvrage qui ouvre de nouvelles perspectives à l’agriculture et aux populations locales.

La visite, la deuxième journée, de la ferme de M’Pourrié, du Projet d’aménagement de la plaine de N’kek, du projet de la société RIMFRUIT qui est le fruit d’une coopération entre privés mauritaniens et espagnols, des périmètres du fameux projet Beguemoune, cette randonnée devait permettre à la délégation d’apprécier la campagne de contre-saison qui semble réussir dans cette partie de la Chemama.

C’est à M’Pourrié qu’au début des années 70, la coopération chinoise a introduit la riziculture en Mauritanie. Aujourd’hui, la surface cultivée est 3051 ha dont 1850 sont réservés à de nouveaux producteurs : les diplômés-chômeurs. Une manière de dire ce que l’agriculture peut permettre dans un pays qui souffre du chômage des jeunes poussés ainsi vers une activité productive et très enrichissante.

Aujourd’hui on tente les mêmes expériences de coopération avec le Maroc (N’kek) et les Espagnols un peu plus à l’est. Avec la visite de ces deux grands projets et celle de quelques périmètres cultivés en contre-saison, s’achève la partie Trarza des Journées.

Cap sur le Haut-fleuve

Dar el Barka est la première étape après le déjeuner de Ligaat avant de regagner Boghé, le grenier du Brakna (visite des périmètres de Bilane et de la coopérative de N’joulam). Dès qu’on quitte le Trarza, disparaissent les champs verts de la campagne de contre-saison. Ce qui n’échappe pas aux parlementaires. Chacun y va de son explication. Mais la plus évidente est celle qui consiste à dire que les populations du Haut-fleuve (Brakna, Gorgol et Guidimakha) ont été habituées aux gros financements et à l’entière prise en charge de leurs activités.

En plus des efforts fournis par l’Etat mauritanien qui a longtemps cru que ces régions devaient devenir le foyer de la «révolution verte», les partenaires extérieurs, les Européens surtout, ont parié sur les habitants de ces régions pour développer le secteur agricole. Les périmètres du Casier pilote de Boghé ont absorbé un tiers des financements européens, alors que le reste est allé en grande partie dans les périmètres pilotes du Gorgol (PPG). A eux deux, ces surfaces n’ont jamais couvert 10% de la production nationale de paddy.

Au Trarza, l’expérience a permis d’abord de valoriser l’activité agricole en faisant profiter les investisseurs privés des terres cultivables. Ici, l’application stricte de la réforme foncière a permis d’impulser une expérience privée qui a mis en lumière toute la dimension commerciale de l’activité. Et si les populations locales ont été un moment écartées, elles sont revenues en force en rachetant le plus souvent les terres. Aujourd’hui, l’expérience passée a créé un savoir-faire et donné l’occasion aux agriculteurs de travailler la terre et d’en profiter.

La politique menée depuis quelques cinq années a voulu inverser la donne en impliquant les populations et en appliquant fermement la loi. Le CPB qui est déjà de 1200 ha connait une extension qui permet l’aménagement de 2600 ha supplémentaires. Le ministère entend ainsi exploiter les énormes potentialités de la plaine de Boghé pour doubler la production.

C’est dans ce même souci qu’il a lancé un grand aménagement à Aéré Mbar, non loin de Bababé. Mais le fleuron des activités officielles, reste le centre sino-mauritanien de M’Bagne. Ce grand centre qui a son extension couvrant le pastoralisme à Idini (Trarza) est destiné à former les paysans sur les techniques agricoles efficientes et à apporter le savoir-faire chinois en la matière dans cette partie du pays.

Le déjeuner à la station de Rindiaw (Kaédi) est l’occasion de voir que la recherche agricole reprend. Longtemps abandonnée, cette station a été réhabilitée. Aujourd’hui dix stations en service effectivement : cinq au Gorgol (Rindiaw de 20 ha, Sylla semencier de 25 ha, Sylla embouche de 9 ha, Bélinabé de 25 ha et Diéri de 2,5 ha), trois en Assaba (Kiffa de 3,6 ha, Kankossa de 50 ha et Sani de 2,5 ha), une au Trarza (M’Pourrié de 14 ha) et une à Nouakchott (Ten Soueilim de 1 ha).

Le Centre national de recherche agronomique et de développement agricole (CNRADA) possède, en plus de ces stations entièrement rénovées, trois laboratoires pour l’amélioration des plantes, la fertilisation et les études pédologiques et enfin la protection des végétaux.

Le CNRADA, tombé en ruine pendant quelques années, a repris ses activités qui consistent à trouver les variétés performantes pour les semences, l’optimisation de la production et la mise à disposition de techniques d’irrigation adaptés au profit des producteurs. L’objectif n’étant plus de chercher les cultures adaptées au milieu, mais d’innover pour en trouver de nouvelles.

Le passage à l’Ecole nationale de formation et de vulgarisation agricole (ENFVA) résume à lui seul l’état de relâchement, voire d’abandon dans lequel était le pays durant quelques années. Voilà un outil essentiel dans la formation de la ressource humaine qui n’a pas fonctionné depuis 1995.

Amer, le député Ba Mamadou Bocar de l’AJD/MR déclare «J’ai l’impression que le pays a été dans l’abandon pendant de nombreuses années et qu’il est entrain de ressortir de cette longue léthargie». Avant de conclure, solennel : «Il y a des gens qu’il faut juger pour cela». Le ministre Brahim Ould M’Barek se contente lui d’ancrer les nouvelles orientations : «Nous avons choisi de soutenir les efforts dans le secteur par la redynamisation de la recherche et de la formation parce que sans cela nous ne pouvons espérer avancer».

Il a fallu «apurer le passif et donner une visibilité conséquente pour la recherche et la formation afin de profiter de l’appui des partenaires techniques et financiers». C’est fait parce que la Banque Mondiale promet déjà de disponibiliser 18 millions dollars au profit du CNRADA. Lequel centre bénéficie déjà de l’appui de l’AFRICARICE, organisme panafricain dédié au développement de la riziculture en Afrique. C’est bien cet organisme qui disponibilise aujourd’hui 60 tonnes de semences certifiées de riz en vue de les distribuer aux producteurs.

Visite à la station de pompage du PPG qui a eu des problèmes lors de la dernière campagne. La vanne vient d’être réparée et les techniciens sont formels : «On n’aura plus ce problème». Les quelques 1500 ha ne sont pas cultivés en contre-saison. D’ailleurs jamais la surface aménagée n’a été entièrement cultivée. Ici c’est l’Union Européenne qui a planté son drapeau en tant qu’investisseur principal : comme durant la colonisation, les partenaires techniques et financiers se comportent comme s’il s’agissait de territoires conquis, interdisant toute autre intervention que la leur dans la région où ils sont déjà présents (l’UE par ici, l’Allemagne par là, la France, l’Italie… à chacun son pied-à-terre).

On va vers Foum Legleyta, le grand barrage d’une capacité de 500 millions m3 et qui reste sous-exploité. Le village qui a fini par s’établir à côté du barrage, respire à plein la pauvreté. Les ruines de la base SONADER indiquant une prospérité révolue et le peu de cultures qu’il y a sont le symbole de la mal-gouvernance du secteur. On ne peut situer les responsabilités, même si avec les résultats obtenus ailleurs (CNRADA, Trarza…) on conclut aisément à un problème de volonté politique et d’engagement responsable.

On tente aujourd’hui d’implanter le projet sucrier dans la zone. L’objectif à terme de la Compagnie mauritanienne de sucre et dérivés (COMASUD) est de fournir 1 à 1,2 millions de tonnes de canne à sucre par an à l’usine qui devra produire 106.000 tonnes de sucre blanc. De quoi couvrir 56% des besoins nationaux en sucre dès 2016. Avec une promesse de 2500 emplois fixes et 2000 saisonniers.

Au Guidimakha, il y a eu la visite du projet d’aménagement de 90 ha dont 60 en réhabilitation à Gouraye. Avant de revenir au Gorgol, à Mounguel précisément où la SNAT finissait un grand barrage qui fait partie des 58 ouvrages construits entre 2009 et 2013 et qui ont permis l’exploitation de 50 à 80 ha en moyenne chacun. A signaler que 8 autres barrages de grande importance sont en cours de construction.

Au dernier jour des Journées, les Parlementaires ont assisté à la cérémonie de clôture de la formation de 241 techniciens d’agriculture et d’élevage au lycée technique de Boghé. Avant de repartir à Idini (Trarza) où les attendait la ferme d’insémination artificielle située au sud du village (12 km). Quelques 1400 vaches ont déjà été traitées.

On espère que le passage de la première à la troisième génération des vaches traitées permettra d’améliorer les rendements. C’est ainsi que la viande produite par tête passera de 250-300 kg (1ère génération) à 460-530 kg (3ème), que la production de lait passera de 2-3 litres à 25-30 litres, que la période de lactation passera de 190-210 jours à 290-300 jours, que la période de puberté passera de 36-48 mois à 15 mois seulement. Mais c’est surtout le Centre de formation et de démonstration de la production animalière qui donne l’ampleur de la nouvelle stratégie adoptée pour développer le secteur pastoral.

Le premier du genre en Afrique, il est pour l’élevage ce que le centre de démonstration de M’Bagne est à l’agriculture : deux pôles d’excellence dont la mission est d’impulser une nouvelle approche pour développer le secteur rural en Mauritanie par l’introduction de nouvelles techniques, par la formation d’une ressource humaine compétente et par l’expérimentation de sélections à même de fournir un meilleur rendement. Construit sur environ 1000 ha, le Centre chinois réservera 890 ha à la culture maraichère et fourragère, le reste de la surface devant servir aux bâtiments et aux démonstrations.

Les Journées Portes Ouvertes organisées par le MDR au profit des Parlementaires s’achevaient ainsi sur une note d’espoir. Elles auront permis aux élus du peuple de se rendre compte par eux-mêmes des réalisations dans le secteur rural. Les élus auront eu l’occasion de parler avec les acteurs du secteur, d’écouter leurs doléances, de confronter leurs réserves avec celles du ministre qui n’hésitait jamais à répondre aux critiques et à satisfaire les doléances qui le pouvaient dans l’immédiat.

«Ce qui est dommage, c’est que les populations n’exploitent pas convenablement les aménagements». Commentaire mesuré de quelques-uns des Parlementaires. D’autres n’hésiteront pas à dire que «la paresse empêche d’en profiter» et que «la mentalité de l’assistanat pèse encore». Enfin ceux qui iront jusqu’à dire que «le secteur est pris en otage par des considérations subjectives, sectaires, égoïstes…» Pour expliquer toute cette résistance à la modernisation des moyens de production, à l’application de la règle fondamentale de la réforme foncière qui dit que «la terre appartient à celui qui la fructifie», ce refus d’accompagner l’effort national et de le considérer plutôt comme une manne pérenne.

Certes toutes les potentialités ne sont pas exploitées, certes les problèmes subsistent, certes les populations rechignent encore à s’approprier la stratégie officielle de développement du secteur, mais ces Journées auront permis de voir que l’avenir est désormais pour nous.

Ould Oumeir
Envoyé spécial



Encadré : La «révolution verte» à l’horizon 2025 ?

Dans la foulée de son action et en milieu de parcours, le ministère a élaboré une nouvelle Stratégie de développement du secteur rural (SDSR) dont l’objectif est de rendre plus efficiente la lutte contre la pauvreté en milieu rural, la satisfaction des besoins alimentaires des populations et l’ouverture des marchés régionaux et internationaux aux produits mauritaniens.

Les axes de cette nouvelle stratégie déterminent les priorités pour les pouvoirs publics : promotion de l’élevage pour lui permettre de jouer le rôle de moteur de l’économie rurale ; relance d’une agriculture compétitive à travers l’amélioration des productions en qualité et en quantité, ainsi que la diversification permettant d’introduire des «filières végétales à fortes potentialités de croissance» ; la formation et l’encadrement des producteurs locaux pour les amener à pratiquer une activité à haute rentabilité ; l’implication plus grande des organisations socioprofessionnelles dans la gestion et l’exploitation des ressources ; et la réforme du cadre juridique afin de l’adapter aux nouvelles orientations.

Pour appuyer cette stratégie, cinq «domaines stratégiques d’appui» ont été identifiés : (i) infrastructures, (ii) recherches, (iii) conseil rural et formation, (iv) financement et (v) commerce. Il faut trouver un point d’équilibre pour assurer la mise en œuvre de la philosophie qui booste cette stratégie et dont les deux éléments principaux sont la mobilisation et la bonne orientation des investissements d’une part et d’autre part l’instauration systématique du principe de solidarité.

En 2025, la Mauritanie sera en mesure de satisfaire tous ses besoins en lait, 126% de besoins en aviculture (export), 115% de riz (export), 70% de blé, 100% de céréales traditionnelles, 100% de pomme de terre, 47% de spéculations maraichères, 121% de dattes (export) et 84% de sucre. Le pays pourra produire 268.000 tonnes de viande rouge et 4,5 millions de pièces de cuir et peaux.




Encadré : PASK II : Une meilleure visibilité pour corriger le tir

Les travaux d'un atelier national sur le lancement officiel du projet de lutte contre la pauvreté dans la zone de l'Aftout Sud et du Karakoro ont été ouverts mardi à Nouakchott.

Organisé par le ministère du développement rural en collaboration avec le Fonds Mondial pour le Développement Agricole au profit des maires ruraux et des populations locales dans la zone d'intervention du projet. Basé à M'Bout, le projet traduit selon le ministre du développement rural M. Brahim Ould M'Bareck Ould Mohamed Moctar, la volonté du Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz et les objectifs généraux du gouvernement dans le domaine de lutte contre la pauvreté.

Le ministre a évoqué les grandes réalisations accomplies dans le secteur rural durant les cinq dernières années, qui reflètent l'importance accordée par l'Etat à la lutte contre la pauvreté en milieu rural et l'amélioration des conditions de vie des populations.

Il a indiqué aussi que le département du développement a hérité un lourd héritage portant sur la faiblesse des niveaux de la production agricole et pastorale, l'absence de perspectives prometteuses pour ces deux filières vitales de l'économie nationale, demeurées longtemps une source de revenus pour plus de deux tiers de la population au cours des 50 dernières années, en raison de l'inexistence d'une stratégie rationnelle d'exécution des investissements publics.

Le Représentant du Fonds Mondial du Développement Rural a salué le niveau de la coopération existante entre la Mauritanie et cet organisme, indiquant que le nouveau projet servira d'appui efficace au gouvernement mauritanien dans la mise en œuvre de ses politiques de lutte contre la pauvreté dans la zone de l'Aftout Sud et du Karakoro, à travers un ensemble d'activités à haute intensité féminine et juvénile.

Le projet en question vise la mise en place d'un tissu économique et social reposant sur la valorisation des ressources naturelles et leur gestion de manière durable à travers le réaménagement des sols et la mobilisation des potentiels hydrauliques de surface en plus du développement du système de production dans l'agriculture et l'élevage.

Pour réaliser ces objectifs, le gouvernement mauritanien a mobilisé en collaboration avec le Fonds Mondial susmentionné et le Fonds Mondial de l'Environnement 38,4 millions de dollars soit 11,5 milliards ouguiyas environ.

Les participants ont suivi par ailleurs un exposé techniques présenté par le coordinateur du projet ayant abordé le montage du projet et ses activités programmées ainsi que ses différentes composantes visant à relever le niveau de vie des populations à travers le développement économique local tout en préservant la nature. (source : AMI)





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 0
Lus : 1834

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)