02-06-2014 18:13 - Accord de pêche RIM-UE : Les 'promesses du président' Aziz perturbent le renouvellement de l’accord
Mauriweb - Le second round de négociations du protocole d’accord de pêche entre la Mauritanie et l’Ue ont buté sur les promesses faites par le président Aziz aux navires céphalopodiers espagnols pour un retour dans les eaux mauritaniennes, a appris lundi « mauriweb. Info » de source informée.
Alors que les négociations à Paris ont été émaillées par le mini-scandale de l’éviction des hauts fonctionnaires à prendre en main les pourparlers au profit du responsable du protocole du président de la délégation et conseiller du ministre des pêches –venu en retard par rapport au début des dites négociations- l’interprétation en queue de poisson par les deux parties du second round de négociation du futur protocole suscite des interrogations.
Le présent protocole lui s’achève le 31 juillet prochain et il permet, officiellement, à 65 navires européens de pêcher en Mauritanie. Mais les négociateurs se sont donné encore rendez-vous pour un troisième round probablement après l’élection présidentielle arrêtée pour le 21 juin 2014. Des élections qui sont boycottée par l’Opposition mauritanienne.
Les européens, notamment les espagnols, s’en tiennent aux promesses faites par le président Aziz à leur octroyer un accès au poulpe et des débarquements de près de 100 milles tonnes au Puerto de La Luz à Las Palmas.
Des opportunités qui auraient été rendues possibles par l’intervention d’un proche du président (http://mauriweb.info/index.php/actualite/2432-obligation-de-debarquement-aziz-accorde-une-exception-aux-canariens.html). Des promesses auxquelles s’accrochent les pêcheurs espagnols alors qu’officiellement rien n’aurait été notifié aux négociateurs.
Seulement, les observateurs estiment que le président des négociateurs mauritaniens, l’ancien colonel Ould Baya, conseiller du ministre, et frère d’arme du président Aziz, serait le seul à détenir les informations présidentielles et à lâcher du lest dans la perspective du futur scrutin présidentiel.
Pour certains observateurs, « les négociations sont d’abord politique ». Une explication plausible eu égard aux dernières négociations politiques entre les autorités et l’Ue où en raison du rôle supposé de l’actuel régime dans la lutte contre le terrorisme, l’appel fait du bout des lèvres par les ambassadeurs de l’Union Européenne pour un dégel de la crise politique n’a pas eu d’écho.
L’Ue débourse 113 millions d'Euros en contrepartie financière pour les autorités sans aucun droit de regard sur leur utilisation. Plusieurs zones d’ombre ont d’ailleurs été signalées sur la gestion de cette subvention à l’occasion du dernier protocole. Un coût jugé coûteux par les espagnols si l’on devait continuer à leur opposer le débarquement des produits péchés à Nouadhibou et à être interdits de l’accès au poulpe.
Mais comme l’atteste les déclarations du président des Iles Canaries Rivero à l’occasion de sa visite en Mai à Nouakchott (http://www.ami.mr/fr/index.php?page=Depeche&id_depeche=26650) des projets communs sont ébauchés grâce notamment à l’entremise d’hommes d’affaires proches du président Aziz.
Rappelons que la société civile et les pêcheurs artisanaux mauritaniens avaient salué, au lendemain du protocole encore en cours, l’exclusivité de la pêche au poulpe aux nationaux.
