08-06-2014 07:00 - Arafat: Deux pharmacies au sein de l’hôpital ... et des pharmacies hors la loi

Arafat: Deux pharmacies au sein de l’hôpital ... et des pharmacies hors la loi

Enass - Abstraction faite du chaos qui caractérise le secteur de la santé en Mauritanie, le manque de responsabilité constaté ici et là, nous disposons incontestablement d’un personnel médical efficace, diversifié et expérimenté, qui n’ont rien à envier à leurs homologues opérants dans d’autres pays.

Il ya des professeurs et des médecins réputés pour leurs compétences. En général, le médecin manifeste une capacité d’adaptation aux conditions modestes dans lesquelles ils sont mis. Par ailleurs les équipements médicaux disponibles dans notre pays sont aussi performants que ceux détenus par certains Etats où sont évacués les patients pour bénéficier de soins.

A l’hôpital de l'Amitié d’Arafat par exemple, il ya un bon nombre d'équipements médicaux ainsi que des services de santé, y compris celui de la Pharmacie, lequel dispose de deux dépôts des médicaments dont l’un est central et l’autre spécifique aux urgences.

Le Chef de service de la pharmacie de l’hôpital Dr Ebba Ould Hacen, a indiqué dans un entretien accordé au site indépendant « enass.info » que les deux dépôts offrent les médicaments de chirurgie et consommables comme les fils de suture en chirurgie, les produits d’anesthésie, les examens ainsi que les médicaments utilisés spécifiquement dans le bloc opératoire.

Il a souligné également que les deux pharmacies offrent une prise en charge de 70% des médicaments indispensables et que le dépôt réservé aux urgences garantit lui aussi la plus importante assistance au sein de l’hôpital, précisant réviser à la hausse cette prise en charge dans les prochains mois.

Evoquant la distribution gratuite des médicaments, il a indiqué que l’hôpital dispose d’un service spécifique aux questions sociales portant sur la remise gratuite des médicaments aux handicapés, aux personnes accidentées non accompagnées…

Distribution des médicaments à l’hôpital

Le Chef du département de la pharmacie de l’hôpital Dr Ebba Ould Hacen, a indiqué que la gestion des médicaments s’effectue à travers l’inscription des médicaments demandés dans un bon de commande comportant 3 spécimens, dont l’un est gardé par la pharmacie, un est remis au département demandeur et un reste dans le cahier, précisant que le personnel opérant dans chacune des pharmacies est indépendant de l’autre.

Abordant les rapports liant la pharmacie à la CAMEC, Le Chef du département de la pharmacie de l’hôpital Dr Ebba Ould Hacen, a indiqué qu’ils s’effectuent à travers des expressions des besoins de l’hôpital en médicaments à la CAMEC et l’évaluation de cette dernière avec l’enveloppe financière de la commande de l’hôpital, précisant qu’après cette phase, il est procédé au niveau de l’hôpital à la détermination des quantités demandées suivant les besoins et les moyens disponibles avant la conclusion de l’acte d’achat. CAMEC…

Des portes fermées devant les journalistes

Au cours de la réalisation de notre enquête, nous avons effectué deux visites au siège de la Centrale des achats des médicaments et Consommables (CAMEC). Mais, nous n'avons eu comme réponse que des portes hermétiquement fermées et un refus de nous livrer son point de vue sur l’opération d’achat et de vente des médicaments.

Des pharmacies hors la loi

Non loin de l'hôpital de l’Amitié dans la moughataa d’Arafat à Nouakchott, prolifèrent jour après jour les pharmacies privées. Evoquant cette situation, le directeur de la pharmacie et des laboratoires au ministère de la Santé Dr Hamoud Fadel a indiqué au site « enass.info » que ces dépôts opèrent illégalement, Précisant que la loi est claire sur ce sujet, que la pharmacie doit se trouver à une distance minimale de 200 mètres de tout centre de santé ou hôpital ; ce qui dira-t-il, ne s’applique pas aux propriétaires de pharmacies adjacentes à l'hôpital de l’Amitié d’Arafat à Nouakchott, malgré un ordre donné par l’inspection de les fermer.

Il a indiqué également que toutes les pharmacies privées opérant dans les environs immédiats du dit hôpital ne détiennent pas des licences délivrées par les autorités habilitées autorisant leurs activités, soulignant que le rôle de sa direction est strictement d’ordre juridique, uniquement concernée par l’élaboration des textes et loi organisant le secteur.

Evoquant le contrôle des médicaments et des pharmacies, il a précisé qu’il relève des prérogatives de l’ l'Inspection générale de la Santé au département de la santé.

Abordant la question d’importation des médicaments, Dr Hamoud Fadel affirme que la CAMEC est la partie compétente pour les opérations d’import et de vente des médicaments en Mauritanie, précisant que cette centrale est devenue depuis 2013 l’unique autorité compétente à importer les médicaments, avec la possibilité pour les autres sociétés d’importer sous son couvert, précisant que la CAMEC n’est pas une société lucrative du fait qu’elle importe certains médicaments sensibles tels que les antibiotiques, les substances psychotropes, et l'insuline .. etc.

Il a indiqué par ailleurs que le secteur concerné par les licences à accorder des autorisations à 25 distributeurs des médicaments dont 20 sont actuellement opérationnels. Il a indiqué aussi que la CAMEC importe la liste des médicaments de haute qualité et enregistrés auprès de l’OMS, soulignant l’existence d’une circulaire obligeant la CAMEC à déclarer les produits qu’elle compte importer à la lutte, précisant que la déclaration qui en résulte conduit au versement de taxes douanières, d’où la divulgation des noms des médicaments nécessaires et leur prolifération considérable par rapport aux périodes passées.

Dr Hamoud Vadel n’a pas exclu l’introduction illégale des médicaments sur le territoire national, rappelant toutefois que des représentants du secteur de la santé sont présents sur les points de transit aux côtés des services douaniers nationaux.

Point de vue différent

Certains propriétaires des pharmacies proches de l'Hôpital de l'Amitié d’Arafat se défendent catégoriquement des accusations portées contre eux, qualifiant leur commerce d’illégal ou ne pas détenir des licences de faux affirmant qu’aucune pharmacie ou dépôt de médicaments ne peuvent ouvrir sans détenir une licence dument établie par les autorités compétentes du département de tutelle. Les propriétaires des pharmacies ont requis un contrôle effectif de l'importation de médicaments, déplorant le fait de recevoir les médicaments tardivement, à seulement un mois de leur délai d’expiration.

Les autorités administratives indexées de complaisance dans l’application de la loi .....

Les autorités administratives à Nouakchott accusent la Représentante du Wali de Nouakchott de complaisance dans l'application de la loi, portant fermeture des pharmacies ne disposant de licence opérant dans les environs de l'Hôpital de l'Amitié à Nouakchott. Pour discerner l’authenticité de ces informations, elles n’ont pas été infirmées par des sources au sein de la wilaya selon lesquelles, cette question a dépassé leurs compétences.

Des sources du ministère de la Santé ont cependant indiqué que le ministre a adressé une lettre au wali sur ce sujet, soulignant que rien n’a été encore fait par la wilaya pour mettre sous-scellé ces pharmacies adjacentes à l’hôpital de l’amitié d’Arafat et pour mettre en œuvre la loi.

En dépit de tous ces efforts, des sources au sein du syndicat des pharmaciens mauritaniens, affirment qu’aucune clause des lois de surveillance n’est entrée en vigueur, précisant que les licences continuent d’être octroyées de manière anarchique, qu’il n 'y a plus de secteur de la pharmacie, après la vaste prolifération du trafic des médicaments du secteur de l'industrie pharmaceutique et de la drogue, évoquant l’absence d’une volonté sincère pour affronter ces problèmes, indiquant que l’origine pour la plupart est inconnue.

Point de vue des citoyens

Certains patients qui se rendent à l’hôpital de l’Amitié d’Arafat, estiment que cette infrastructure sanitaire ne leur offre aucunement des médicaments gratuits, demandant la fourniture de la plus grande quantité possible des médicaments, pour assurer les besoins des pharmacies sises à l’intérieur de l’hôpital, pour permettre leur distribution gratuite aux démunis, handicapés et nécessiteux.

Les patients ont demandé également aux autorités d’assurer la validité des médicaments à l'intérieur et à l'extérieur de l'hôpital, en garantissant leur efficacité dans des circonstances appropriées ainsi qu’à activer le système de contrôle sur les médicaments importés..". Les citoyens estiment par ailleurs qu’en l’absence de mesures de contrôles draconiens aux frontières, l’importation des médicaments contrefaits devient à la portée tous.

En somme, le secteur pharmaceutique en Mauritanie vit un chaos gravissime et soulève de nombreuses questions dont celles de savoir quand les autorités concernées par cette filière sensible garantiront un degré de transparence et de lutte contre la corruption, en évitant de distribuer anarchiquement les licences. Et, quand est-ce les citoyens seront témoins d’améliorations apportées aux pharmacies ouvertes au sein de l’hôpital et quand est-ce un contrôle rigoureux sera imposé aux importateurs des médicaments ainsi que le rôle dévolu aux organisations de la société civile pour assurer le changement de certains comportements de notre société?




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Commentaires (1)

  • Mohammed-Ali (H) 08/06/2014 10:38 X

    Le débat sur la santé du citoyen est très important, c'est une question de vie ou de mort.

    1- Je suis surpris de l'absence permanente des pharmaciens de leur officines en laissant un personnel sans qualification, presque comme des épiceries, sauf quelques unes où vous avez un personnel qualifié et d'une propreté exemplaire.

    2- Je suis surpris aussi que les tarifs ne sont pas unifiés, les tarifs varient d'une pharmacie à une autres, les différences parfois sont énormes. Dans tous les pays, les prix sont fixés par les autorités compétentes et figurent sur les emballages.

    3- Comme il a été relevé sur l'article, il faut faire très attention sur les dates de péremption.

    4- Dans un pays Islamique, il y a une grande triche sur la qualité des produits, des produits falsifiés, cela est pire que les imitations ou les produits génériques. La vente au détails de certains médicaments doit être interdite.

    Nous voyons aussi une grande concentration de pharmaciens dans certaines zone, entre deux pharmacies, il y a une troisième, aucune réglementation, normalement une certaine distance devrait être respecté, il ne s'agi pas de gargotes ou d'épiceries.

    Ce n'est plus un domaine de la santé, s'est devenu juste un commerce quelconque comme les boutiques du marché capital.

    Les autorités concernés doivent être fermes pour les controles dans ce domaine, il s'agi de la vie de citoyens.