22-06-2014 22:49 - Atelier de Kiffa sur les fistules obstétricales : Intégrer la prise en charge communautaire
Aidara Cheikh - Intégrer la prise en charge des fistules obstétricales dans les pratiques communautaires ! Tel est l’objectif d’un atelier organisé à Kiffa par l’AFVD Association des Femmes Volontaires du Développement avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) dans le cadre d’un projet d’appui à la santé de la reproduction dans les régions les plus vulnérables.
L’atelier de Kiffa sur la prise en charge communautaire des fistules obstétricales, organisé du 17 au 19 juin 2014, a regroupé des associations de la société civile actives dans trois Wilayas couvertes par le programme de coopération, à savoir l’Assaba et les deux Hodhs.
Il s’agissait de transmettre les compétences et les connaissances requises aux communautés pour qu’elles assurent leur propre prise en charge, pour ce qui est des questions de santé de la reproduction et en particulier la fistule obstétricale.
A l’issu de l’atelier, les femmes et les jeunes formés doivent pouvoir identifier les populations à risque et les femmes atteintes, mener des campagnes de prévention et d’information pour éviter les fistules et orienter les victimes vers les centres de prise en charges pour leur traitement.

Les communautés pourront ainsi, assurer elles mêmes la prévention des populations, l’identification, l’orientation et la réinsertion des femmes victimes de fistules obstétricales.
Leaders religieux et communautaires, associations de la société civile, médias de proximité et tous les canaux de communication traditionnels et locaux sont mis à contribution dans le cadre de cette campagne qui contribue à renforcer les capacités de résilience des communautés pour faire face aux défis du développement et en première position la mortalité maternelle.
Il faut rappeler que la Mauritanie a adopté une Stratégie nationale de lutte contre les fistules obstétricales, un fléau qui demeure selon spécialistes un véritable problème de santé publique dans les pays en voie de développement en général, et en Mauritanie, en particulier.
La fistule obstétricale (FO) se produirait dans 5% des accouchements et serait également responsable de 8% des décès maternels. Elle est définie comme «une complication des accouchements dystociques non pris en charge médicalement après une longue durée de travail». Les femmes touchées par la fistule ne peuvent plus retenir leurs urines ni leurs défécations.
Il en résulte une mise à l’écart des patientes par leurs familles, à cause de leur odeur fétide et leur divorce. Parmi les causes de cette maladie, l’insuffisance en Soins obstétricaux d’urgence, un taux élevé de pauvreté, d’où un accès difficile aux services de santé de la reproduction, notamment dans le milieu rural, à quoi s’ajoute la culture de la honte chez les femmes atteintes.
Les victimes sont souvent jeunes (15 ans), analphabètes et d’un niveau socio-économique faible. La FO est favorisée par les mariages précoces, la malnutrition, le manque d’éducation, l’enclavement et la pauvreté, mais surtout le manque de services de santé de la reproduction.
Les conséquences sur la femme victime de FO sont terribles : mise à l’isolement familial, honte, divorce, abandon par le milieu social, dépressions…
Aujourd’hui, les femmes atteintes de fistules ont la possibilité de se soigner grâce à la chirurgie réparatrice instituée depuis quelques années en Mauritanie, grâce au concours de l’UNFPA. Un accent particulier est cependant mis sur le volet prévention, d’où l’atelier de Kiffa qui vient de s’achever et dont la finalité est de sensibiliser les femmes et les populations d’une manière générale sur les comportements à risque, mais également sur l’existence d’un traitement chirurgical.
Cheikh Aïdara
