07-08-2014 18:31 - Mauritanie/Union Européenne : l’accord de pêche sauvé
RMI Biladi - L’Union européenne et le gouvernement mauritanien se sont entendus, la semaine dernière, sur un arrangement qui sauve leur partenariat dans le secteur de la pêche. Une partie de la flotte européenne est désormais autorisé, au titre de l’accord en cours, de pêcher dans les eaux mauritaniennes jusqu’au 15 décembre 2014.
Les deux parties auront donc suffisamment de temps pour négocier la signature d’un nouvel accord de pêche… Au lendemain de la fête du Fitr, mauritaniens et européens se sont retrouvés à Nouakchott pour résoudre les problèmes posés à l’accord de pêche qui lie les deux parties.
La partie mauritanienne estime que l’accord arrive à échéance à la date de sa signature initiale : le 31 juillet. Pour cela, elle comptait enjoindre aux bateaux de la commission opérant dans les eaux nationales de cesser leurs activités à cette date.
Une perspective que refusaient les européens qui avaient une autre lecture de l’accord. Surtout par rapport à la date de son expiration.
Ceux-ci soutiennent, en effet, que l’accord n’est devenu effectif qu’après son approbation par le parlement européen le 15 décembre 2012. Sur la base de ce raisonnement, les partenaires européens réclamaient donc que la durée soit prolongée jusqu’à cette date.
Pourtant, certains bateaux européens, particulièrement des thoniers et des palangriers, étaient entrés pêcher dans eaux territoriales depuis le 31 juillet 2012, au titre de l’article de pêche. Deux ans plus tard, fin juillet, ils bouclaient donc la période définie par l’accord.
Bien sûr, les bateaux pélagiques, qui constituent le lot essentiel de la flotte européenne en Mauritanie, et les crevettiers de sont arrivés dans nos eaux qu’en décembre 2012 après l’approbation de l’accord par les instances communes européennes.
C’est ainsi donc qu’était posé le problème de l’accord de pêche : des bateaux qui sont présents dans nos eaux depuis déjà deux ans et d’autres qui n’avaient pas profité du même temps. Mais qui est le responsable de cette situation ? Les mauritaniens n’ont en effet jamais empêché les bateaux européens d’exercer leurs activités de pêche.
Ceux-ci étaient plutôt opposés aux termes de l’accord contre lequel ils avaient organisés une véritable résistance qui a quand même donné ses fruits lorsque les autorités mauritaniennes ont accepté d’apporter certaines modifications aux clauses de l’accord. C’est, peut-être, à partir de cette concession que la partie européenne devenait de plus en plus exigeante. Et demandait toujours plus…
Mais face à eux, il y avait le négociateur en chef mauritanien, Cheikh Ould Baya. Maire de Zouérate, colonel à la retraite qui continue de conseiller le ministre des pêches et qu’on présente comme homme du président dans le secteur et ami très proche de lui.
Certains lui prédisent même un avenir plus important dans les hautes sphères de l’Etat. Ce placide militaire, qui ne laisse personne indifférent –ami ou ennemi-, a quand même acquis une grande expérience dans le domaine des négociations des accords de pêche et des rapports avec les européens.
Il a la réputation d’être intransigeant, même si par ailleurs il communique beaucoup sur cela et voue une haine maladive pour certains armateurs. Sinon tous ! Ce qui explique un peu campagnes organisées, ça et là , contre sa personne.
Mais quelque soit l’attitude de Ould Baya, il est clair que les autorités mauritaniennes tiennent à leur partenariat ‘’stratégique’’ avec les européens et interviennent souvent pour leur faire des cadeaux.
Cela est d’autant plus vraisemblable que cette fois-ci les négociations ont été débloquées dans les coulisses. Surtout que les européens ont eu pratiquement gain de cause, dans la mesure où les bateaux exclus de pêche, les thoniers et les palangriers, sont les moins importants de la flotte européenne en Mauritanie.
De toutes les façons, les bateaux pélagiques et les crevettiers sont désormais autorisés à pêcher en Mauritanie jusqu’au 15 décembre de cette année. Et c’est important, car cela a débloqué une situation qui semblait irrécupérable.
