21-09-2014 17:33 - Hivernage au Gorgol : Une saison catastrophique
Le Quotidien de Nouakchott - La saison hivernale 2014 inquiète. Alors qu’elle touche à sa fin, les vannes du ciel demeurent lamentablement fermées ou très peu ouvertes sur la région du Gorgol.
Depuis le début de la saison des pluies, il y a près de trois mois, la wilaya du Gorgol a enregistré l’une des saisons les plus catastrophiques de son histoire, défiant même les années de grande sécheresse de 1973-1974 qui occasionnèrent une véritable catastrophe alimentaire et humanitaire avec son corollaire de maladies et d’exode rural massif.
A Kaédi, capitale du Gorgol, le cumul pluviométrique enregistré à la mi-septembre s’élève à seulement 105 mm contre plus de 249 mm l’an dernier (données Asecna-Kaédi), à la même période.
C’est aussi le cas dans les autres moughataa de la wilaya avec notamment les inondations d’août dernier à Mbout qui ont causé d’importants dégâts matériels avec beaucoup de sinistrés toujours recasés dans les établissements scolaires de la ville, et ce à la veille de l’ouverture des classes.
Maghama et Monguel
Dans les moughataas de Maghama et de Monguel, où les produits de l’agriculture sous pluie ou de décrue constituent l’essentiel des ressources des populations, les paysans et les éleveurs continuent à scruter désespérément le ciel dans l’espoir d’une probable pluie. Les barrages de retenue d’eau sont à leur plus bas niveau mettant hors culture d’importantes superficies de terres.
La période de soudure risque d’être longue, très longue même pour des populations dont la survie est fortement tributaire des produits de la terre et de l’élevage.
Flambée des pluies
Sur le marché local, c’est déjà la flambée des prix des denrées de première nécessité, tant pour les produits agricoles (mil, mais, sorgho, riz…) que pour ceux de l’élevage (approche fête de Tabaski, prix à la pesée).
La rareté des pluies et le grand retard accusé sur le calendrier cultural (cultures sous pluie et irriguée) laissent ainsi présager de mauvaises récoltes, et accentuer la crise alimentaire que prédit la FAO (organisation des NU pour l’alimentation et l’agriculture) pour les pays du Sahel.
Risque de crise alimentaire
L’énormité du déficit pluviométrique accusé cette année fait planer des risques de crise alimentaire pour les populations du Gorgol, l’une des plus pauvres de la Mauritanie, si les pouvoirs publics, la société civile et les partenaires au développement ne prennent pas les devants.
Mesures urgentes
Parmi les mesures urgentes, il faudrait que les autorités accèdent à une vieille doléance des populations pour un approvisionnement non limitatif de la ration alimentaire journalière dans les boutiques Emel qui ont , à en croire les bénéficiaires, atténué les souffrances de nombreux ménages à faible revenu en leur permettant l’accès aux produits de base à moindre coût (riz, blé, sucre, huile, pâtes, poissons…),et aussi la création d’une synergie, le renforcement et l’harmonisation des efforts que consentent depuis plusieurs années déjà les pouvoirs publics (DRASS), des Ongs nationales (ADIG,AMSELA,CRM, Actions, VSD partenaires du PAM, SALAM, AFVD, AMAD, ACORD…) et internationales (PAM, UNICEF,FNUAP, ACF, CRF, OXFAM, World Vision, Counterpart,GRDR, SAVE Children) intervenant dans les domaines de la lutte contre la malnutrition, l’insécurité alimentaire et le renforcement des moyens d’existence des populations du Gorgol.
Vieux Gaye
Cp-Gorgol
