28-09-2014 12:00 - Loupe du 'Le Rénovateur' ! : Couloirs de l’hôpital Du désespoir à la fatalité

Loupe du 'Le Rénovateur' ! : Couloirs de l’hôpital Du désespoir à la fatalité

Temps Forts - Ils sont des milliers de malades à fréquenter chaque jour nos différents hôpitaux. Le centre hospitalier national accueille le plus grand nombre de patients venus de Nouakchott et de l’intérieur du pays.

Les autres hôpitaux ne sont pas en reste avec leurs interminables files d’attentes. Les salles d’hospitalisation sont toujours remplies de malades sous perfusion alités là parfois depuis longtemps. D’un endroit à l’autre l’atmosphère est identique.

Les problèmes ne diffèrent pas trop. Ici les difficultés commencent dès la porte d’entrée où les fameux portiers des lieux bouclent les passages. Il faut souvent rester en situation d’attente et de négociation à certaines heures interdites aux visites.

Le malade et son accompagnant vivent tout les deux le même calvaire. Les stress s’accentuent devant les nombreuses tribulations d’un couloir à l’autre. Alors que le patient se tord de douleurs, son aide se met à courir dans tous les sens dans l’espoir de pouvoir entamer les formalités pour les premiers soins. Peine perdue le plus souvent.

Figurez –vous des centaines de cas différents pour un personnel médical très réduit et inaccessible pour la plupart des malades. Ceux qui errent au gré du hasard dans les couloirs des hôpitaux ne sachant pas à quel service s’adresser mettent des heures avant de trouver que le rang est déjà très long.

Rendez –vous demain matin très tôt pour couper un ticket de consultation. Sans compter les médecins absents des lieux ou non rentrés des congés administratifs. Personne pour remplacer un spécialiste très sollicité dont tout le monde attend avec patience le retour.

Dans nos hôpitaux tous les cas sont urgents. Un malade qui ne souffrait au départ que d’une petite grippe voit subitement son cas s’aggraver dès la consommation du premier médicament. Un autre qui sentait une légère fièvre finit ses jours dans les perfusions.

Ceux qui ont les moyens de se faire traiter dans les cliniques privés ou d’aller à l’étranger se soustraient de cette masse de malades condamnés à venir dans ces mouroirs, dans l’espoir de se faire soigner.

Le parcours est long et pénible avec ses va-et vient incessants entre l’hôpital et les pharmacies, la radiographie, les laboratoires, l’échographie, le scanner etc. Rien qui rassure dans la plupart de centres de soins transformés en couloirs de la mort.

Les discours ressassés mille fois par nos pouvoirs publics ne tiennent pas devant la réalité désolante qui prévaut dans nos hôpitaux mal équipés et où le matériel disponible se fonctionne que pendant une courte période avant de tomber en panne. Il y a quelques jour tous les hôpitaux de Nouakchott étaient dépourvus de scanner. Evaluez les dégâts que cela a causés !

Il ne sert à rien de simuler que tout va alors que des malades continuent à mourir dans la plus grande indifférence et le silence total faute de prises en charge correctes, à cause des négligences et d’erreurs médicales graves. Dans cette jungle Il y a encore de braves médecins qui s’acquittent comme il faut de leur mission. Mais sans moyens ni organisation tout cela est voué à l’échec.

Cheikh Tidiane Dia



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