17-10-2014 19:00 - Changements climatiques : Au cœur d’une conférence à Marrakech
RMI Biladi - Marrakech, la grande cité touristique du Sud marocain, nichée au milieu des collines, a abrité les assises de la quatrième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-IV), du 08 au 10 octobre dernier.
Organisée par la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Commission de l’Union Africaine (CUA), Cette rencontre désormais traditionnelle, a eu pour thème l’adaptation de l’agriculture africaine au contexte mondial du changement climatique.
D’où le slogan « l’Afrique peut nourrir l’Afrique dès à présent mettons nos connaissances climatiques au service de l’action ».
La CCDA-IV a réuni décideurs politiques (membres des gouvernements), acteurs sur le terrain, experts, chercheurs, représentants des institutions financières, partenaires au développement, avec une implication des médias qui ont ainsi eu droit à un atelier préliminaire de sensibilisation sur les enjeux du changement climatique et son incidence sur le système de production agricole du continent.
En plénière, puis répartis en panels de haut niveau, les participants à la conférence ont eu pendant trois jours, des débats de fond sur les grands défis du système de production agricole africain face au contexte du changement climatique.
Les grandes questions abordées ont notamment porté sur « les données, informations et connaissances climatiques pour la production agricole, la gestion des ressources hydrauliques et la sécurité alimentaire, les opportunités agricoles pour le développement et l’utilisation des énergies renouvelables en Afrique, le renforcement des capacités de l’Afrique dans une perspective de la mobilisation et de l’accès au financement et à l’investissement climatique pour une transformation agricole résiliente au climat.
L’innovation, le transfert et le déploiement technologique pour le renforcement de la transformation agricole face au changement climatique.
Les systèmes alimentaires et ressources marines, les effets de la tendance climatique sur le système de production agricole…….
Enorme potentiel et déficit structurel
Malgré un énorme potentiel, l’agriculture africaine reste à la traîne, selon un constat établi au cours de la conférence. Ainsi, 300 millions d’africains souffrent de la famine et de l’insécurité alimentaire.
Annuellement, les gouvernements importent 40 Ã 50 millions de dollars us de produits agricoles.
Une facture salée, qui grève lourdement la balance commerciale de plusieurs pays du continent.
Résultat, le continent africain est un poids plume, avec seulement 10% de la production agricole mondiale, selon Abdallah Hamdok, secrétaire exécutif adjoint de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA).
Le continent reste aux aléas naturels traditionnels, c‘est-à -dire des phénomènes extrêmes tels que la sécheresse, les inondations… Par ailleurs, le secteur agricole est confronté aux contraintes institutionnelles, économiques et financières. Un constat auquel il faut désormais ajouter la nouvelle donne du changement climatique.
La solution pour inverser la spirale de l’insécurité alimentaire : « investir dans la recherche en changement climatique, rendre les connaissances technologiques accessibles aux agriculteurs, multiplier les opportunités d’accès aux financements et crée une véritable culture de l’assurance agricole ».
Un des principaux résultats de ces assises a été l’annonce par la Banque Africaine de Développement (BAD), à travers sa représentante au Maroc, Yassine Fall, de l’acquisition des ressources destinées à la création d’un fonds spécial pour la lutte contre le changement climatique.
Ce fonds d’un montant de 33 millions d’euros, 20 millions consentis par l’Union Européenne (UE) va financer les projets destinés à la maitrise des prévisions climatiques dans le secteur public et privé.
Amadou Seck
