01-11-2014 17:33 - Mauritanie: le gouvernement s’en prend à des militants anti-esclavage

Mauritanie: le gouvernement s’en prend à des militants anti-esclavage

Mali Actu - Le gouvernement mauritanien a mis vendredi en garde contre l’utilisation des mosquées à des fins politiques, une semaine après des échauffourées dans des lieux de culte de la capitale, Nouakchott, impliquant des militants de la lutte contre l’esclavage.

Des échauffourées ont eu lieu la semaine dernière dans certaines mosquées de la capitale à la suite de propos de militants anti-esclavagistes accusant « l’ordre religieux établi » de favoriser la persistance de l’esclavage en Mauritanie.

Des militants d’une association de lutte contre l’esclavage (IRA) avaient répondu à l’imam de la mosquée centrale de Nouakchott qui accusait cette organisation, sans la citer, d’être « à la solde du judaïsme » et estimait, qu’ils « méritent la mort de par la loi », selon l’ONG.

Les trois militants ont été arrêtés par la police le week-end dernier pour « perturbation de la prière, incitation à la haine et à la rébellion et agression contre les forces de l’ordre », a annoncé l’IRA.

Le ministère mauritanien des Affaires islamiques a affirmé vendredi qu’il « n’est pas du tout admissible que les mosquées deviennent une destination pour les politiques et les extrémistes qui y déversent leur venin et propagent leurs visées étrangères à la religion et aux traditions » du pays.

Le ministère des Affaires islamiques « dénonce et condamne avec force ces actes irresponsables », promettant d’y « faire face avec fermeté » dans un communiqué diffusé par l’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle).

Le gouvernement a lancé en septembre une vaste campagne destinée à impliquer mosquées et écoles coraniques à la lutte contre l’esclavage, qui est interdit par la Constitution et réprimé par une loi adoptée par le Parlement en 2007.

Les organisations comme IRA et SOS Esclaves dénoncent quant à elles la persistance de l’esclavage dans le pays, déplorant l’absence d’une « volonté politique réelle de l’éradiquer ».

L’IRA exhorte ses militants à « continuer et élargir une mobilisation intense et soutenue, dans toutes les villes de Mauritanie » tout en respectant « (son) credo, qui est la ligne de l’action pacifique ».

Officiellement, l’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie, pays de 3,8 millions d’habitants d’origine arabo-berbère – les Maures – et d’Afrique subsaharienne – les Négro-Africains.

Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Mais le phénomène perdure néanmoins, d’après des ONG.

Début mars, le Mauritanie a adopté une « feuille de route » pour l’éradication de l’esclavage, élaborée avec l’appui de l’ONU pour lutter contre ce phénomène.



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : Mali Actu
Commentaires : 3
Lus : 2918

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (3)

  • salloumar (H) 01/11/2014 23:43 X

    Il est temps de statuer sur la fonction de l'Imam une fois pour toute. Il est nourri, logé et payé. Il est doté d'une mission du service public. Il n'a ni mandat politique ni légitimité politique. Son prêche doit se limiter aux problèmes sociaux de sa cité. L'iman de la grande mosquée de Nouakchott n'est pas le chef des imams, tout comme le gouverneur de la capitale n'est pas non plus le chef des autres gouverneurs. Les problèmes de Ndjafan, de Bouly, de kamore, de Choum ne sont pas les mêmes que ceux de la capitale. En cas d'espèce l'imam de Nouakchott doit être démis de ses fonctions pour 2 raisons : -Apologie de l'esclavage et appel au meurtre d'un ancien candidat à la magistrature suprême. -Transformation d'un lieu de culte en tribune politique et ring de boxe. "Sauterelle par sauterelle on remplit la calebasse", proverbe burkinabé à méditer. "Lavez-vous les mains ; Ebola non merci". Salam Oumar Débé

  • sraghaa (H) 01/11/2014 22:45 X

    Le gouvernement MAURITANIEN doit prendre les mesures qu'il faut pour freiner cette poignée de marchand de haine que constitue les racistes d'IRA sinon ils vont nous mener tout droit vers l'affrontement inercommunautaire:la politique du laxisme n'a fait que les rendre plus fort vu l'appui qu'ils de l'exterieur(juifs...)

  • a.bennan (H) 01/11/2014 20:32 X

    Il est temps de promulguer une loie contre ceux qui incitent a la haine et au separatisme de notre peuple. Et meme sur le Net.