05-12-2014 21:45 - Recherche halieutique: les vraies attentes de l’administration de tutelle
Sidi el Moctar Ahmed Taleb - L’institut Mauritanien de Recherches Océanographiques et des Pêches (IMROP) organiser, du 30 novembre au 5 décembre courant, la 8ème session de son traditionnel groupe de travail sur l’évaluation des stocks halieutiques, de la gestion des pêcheries de la Zone Economique Exclusive Mauritanienne (ZEEM) et de leur environnement marin.
Il s’agit d’une opération que l’IMROP effectue tous les 4 ans avec l’appui d’experts nationaux, sous-régionaux et internationaux.
C’est-à -dire une actualisation des évaluations des ressources déjà exploités (pêcheries) réalisées pour la dernière fois en 2010 et d’estimer ou de caractériser davantage le potentiel des espèces les plus accessoirement prises tout en essayant d’affiner ce travail pour 5 à 10 parmi les plus dominantes dans les captures ; cette estimation est surtout demandée pour les espèces génériquement appelées, de manière impropre, "pêcheries émergentes" dont les cymbiums, les holothuries (concombres de mer), l’anchois, les petits thonidés et les praires.
En d’autres termes, l’administration de tutelle de cette institution de recherche appliquée serait, à mon avis, de lui assurer prioritairement, et de manière régulière, une connaissance actualisée de l’état des ressources exploitées et potentiellement exploitables.
De même, elle doit pouvoir chaque fois répondre à des questionnements et problèmes posés aux gestionnaires au niveau central et aux professionnels du secteur dans leurs activités. La valorisation de l’ensemble des résultats de cette recherche devrait aussi permettre à l’IMROP d’être en mesure de conseiller aux décideurs des orientations stratégiques et des mesures pratiques de gestion, d’une part et de proposer aux promoteurs privés nationaux des créneaux d’investissement, d’autre part.
Pour répondre à de telles préoccupations majeures et pour une meilleure lisibilité de ses travaux, le Groupe de Travail devrait désormais se limiter à :
- l’étude des systèmes d’exploitation : régimes d’accès, fiscalité, description des pêcheries et des autres ressources (écobiologie, flottilles des trois segments, main d’œuvre ou emploi), les comptes d’exploitation de chaque type de navires, etc.
- l’évaluation des stocks ciblés par la pêche artisanale, côtière et industrielle et des espèces et groupes d’espèces capturés accessoirement et/ou sur lesquels une flotte commence à se spécialiser (Cymbiums).
- des recommandations relatives à l’aménagement et à certains aspects de la gouvernance étroitement liés à la conservation et au développement des ressources: objectifs (sécurité alimentaire, rente optimale pour l’Etat, un secteur privé performant, politique, social, etc.), système d’allocation de la ressource (licence par groupes d’espèces liée à un engin et une zone, gestion par quotas individuels, partage des ressources entre les usagers, concepts ‘’pêche artisanale’’, ‘’pêche côtière’’, ‘’pêche semi-industrielle’’ industrielle’’ et ‘’hauturière’’, navire type ou standard (rentable et moins destructeur pour la ressource), interdiction du chalut et substitut ou choix alternatifs, etc.
Dans ce cas, un groupe ou atelier devrait chaque fois précéder le groupe-évaluation et s’occuper de l’environnement et de la socio-économie et bien préparer des résultats dont on peut puiser tout ce qui est utilisable à des fins d’analyse et de traitement des thèmes (1), (2) et (3) ci-dessus. En plus du Conseil scientifique, ce mini-groupe ou atelier serait une occasion pour réunir des spécialistes nationaux et étrangers dans les domaines de l’environnement, de la biodiversité et de la socio-économie et profiter de leur expertise.
L’avantage de cette approche est qu’elle permet de limiter les dépenses et de mieux profiter de l’expertise des participants en consacrant plus de temps à l’analyse et au traitement des données utilisables notamment dans l’évaluation des stocks. Ce gain de temps permettrait également d’utiliser des méthodes différentes (modèles) et d’en comparer les résultats en jouant sur la nature, la quantité et la qualité des données à introduire.
En d’autres termes, on pourra évaluer et/ou estimer le maximum d’espèces ou de groupes d’espèces, notamment les poissons démersaux sur lesquels on traine depuis toujours ainsi que les fameuses ‘’pêcheries émergentes’’ ou espèces couramment rencontrées dans les débarquements en quantités relativement importantes ou qui font l’objet d’un début d’exploitation commerciale séparée.
Quant aux éventuels inconvénients de cette nouvelle approche, il vous incombe, chers participants et chers lecteurs, de les démontrer en dehors de tout esprit et de volonté de polémique avant de vous publier un deuxième article sur une sorte d’évaluation du déroulement des travaux du présent groupe et sur les principales recommandations qui auront été formulées à cette occasion.
Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb
