07-12-2014 00:45 - Ce que je pense de ce qui se passe : Le 28 novembre…la date

Ce que je pense de ce qui se passe : Le 28 novembre…la date

Tawary - En 1990, lorsque des soldats mauritaniens étaient pendus à Inal par le régime d’Ould Taya, Me Mokhtar Oud Daddah était encore en vie. Le père de la Nation fut renversé en 1978 par des militaires réfractaires et récalcitrants face à une guerre que le pays menait depuis trois ans contre le Polisario.

En 1990, Ould Daddah se trouvait en exil en France, après sa sortie de prison six ans plus tôt. Le 28 novembre de cette année-là, des responsables de l’armée mauritanienne faisaient pendre à Inal leurs frères d’armes pour commémorer à leur façon l’accession du pays à la souveraineté nationale.

Comment Ould Daddah a-t-il dû vivre cette souillure à la commémoration de l’acte fondateur de la République Islamique de Mauritanie dont il fut le fondateur par excellence ? Je ne saurais répondre.

Les auteurs de l’acte barbare qui a poussé les dirigeants de la Mauritanie a procéder à la froide exécution de 28 soldats négro africains pour célébrer les 30 ans d’indépendance du pays, sont pour la plupart d’entre eux en vie et se promènent librement sous le regard impuissant des rescapés parmi leurs victimes…

Mieux, ces bourreaux jouissent d’une loi d’amnistie votée en 1993 par un parlement télécommandé du système Ould Taya et d’un « pardon par procuration » décidé par Ould Abdel Aziz en 2009 à la faveur d’une prière pour l’absent à Kaédi.

Comment donc considérer comme tournée, à défaut d’être déchirée, une page honteuse de la Mauritanie qui fête 54 ans d’Indépendance et est aujourd’hui dirigée par un homme qui vient de se faire élire avec 82% de voix des 54% de ses concitoyens qui avaient consenti en juin dernier à se rendre aux urnes dans le cadre d’un scrutin présidentiel boycotté par l’opposition classique?

Difficile de tourner une page aussi gênante que celle qui a entaché l’histoire de la Mauritanie.

Difficile surtout d’oublier lorsque ceux qui dirigent le pays refusent de s’acquitter d’un devoir de mémoire qui consacrera forcément un souvenir douloureux mais apaisant.

Inal par excellence compte parmi les scènes macabres où s’est jouée une « barbarie de l’homme » évoquée par Mohamed Ould Abdel Aziz en 2009 à la faveur de « la prière de Kaédi ». Inal est devenu un des symboles de revendication de justice depuis que Birame Ould Dah Abeid, militant de droits de l’homme, y a audacieusement effectué un pèlerinage le 28 novembre 2011 pour commémorer les 28 martyrs du 28 novembre 1990.

Inal fait peut-être peur aujourd’hui. Et c’est curieux que Birame et ses compagnons soient derrière les verrous deux semaines avant le 28 novembre…date à laquelle, un autre pèlerinage à Inal aurait sûrement pu marquer l’histoire.

Kissima



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Commentaires (2)

  • boubou_kibili (H) 07/12/2014 09:43 X

    La verité et la justce doivent enfin être dites et enseignées comme tous les evenements sombres qui ont jalonnés notre recente histoire . C’est un devoir de mémoire que nous devons avoir pour les nombreuses victimes de tels evenements que je ne limiterais pas uniquement à Inal même si j’en suis conscient fait partie des plus importants. Malheureusement ce regime comme ceux qui l'on précedé ont tenté en vain de cacher au RIMOIS en particulier cette sombre page de notre histoire. Les responsables directs ( le regime de Taya et toute son armée d'alors car qui ne dit mot consent et notre Sainte religion en dit quelques mots ….) et indirects (les deux députés connus, deux negro africains, un pular et un soninké qui ont été manipulés par le système de Taya pour porter à bras le corps avec la complicité des autres deputés de l’epoque un texte de inique d’amnestie.). Notre peuple certes silencieux ne cesse cpendant de demander justice et réparations qui n'ont rien à voir avec la haine viscerale de vengeance et l’amalgame (du type ce sont les maures ) mais aussi rien à voir avec la Mascarade de MOAZ à Kaedi. Le courage de Biram est d'être allé à Inal il est en partie poursuivit pour cela car l’adminstration dite nouvelle de MOAZ voudrait d’un revers de main ou de baillonnette museler tous ceux ou leurs descendants qui voudraient nous rappeler cette ingnonomie et non pas seulement pour son autre combat oh combien pertinent qu’est la lutte contre l'esclavage. Notre peuple a besoin de serenité qui ne peut être obtenue que dans la quête de la justice et des droits humains dans cette terre dite de l’Islam et bien sûr des réparations en cas de manquements…. Je crains cependant qu’avec l’adminsitration dont nous disposons aujourd’hui et vu son bilan en terme de gouvernance et de redevabilité que nous soyons loin de cette serenité et bien au contraire elle nous mene chaque jour que Dieu fait droit au mur avec des consequences incalculables que le seul fait de partager la meme religion et de s’y cacher pour continuer ses forfaits dénononcés par l’Islam dans de nombreux versets et hadiths ne pourra nous prémunir. Il y’a deux camps en Mauritanie aujourd’hui : ceux qui prônent une gouvernance vertueuse dans son sens hollistisque ,recommandée , que l’on s’y trompe pas par notre sainte religion et l’autre camp portée en majorité par ce regime, ses laudateurs et profiteurs Tout azimut. Que l’on ne vienne pas nous dire comme ce regime le pretend que c’est une lutte de classe ou une lutte entre arabes et de noirs et plus tard lutte entre chacun de ses groupes et que l’Etat est là pour veiller à cela. Mais qui est cet Etat lui-même ? Il s’agit plutôt d’exptirper les maux qui divisent chaque jour notre peuple vertueux : mauvaise gouvernance ,racisme, division y compris sur notre religion , esclavage, gabegie, vols et viols, achat des conscience, manipulations des marchés, injustice diverses, enrôlement iniqe, complisant avec relants de racisme , delations, médisance, traffic d’influence , accaparement des terres, adulteres, fourberies de tout genres etc….Salam

  • Hamdoulah (H) 07/12/2014 01:00 X

    Il est très difficile après cette tâche noire sur le voile de l'Unité Nationale d'en parler comme certains opportunistes et menteurs dans l'âme s'évertuent à le faire. Il ne faut pas prendre tout le monde comme de simples moutons à qui on raconte des histoires à dormir debout. Aziz le premier sait qu'il ne fait que passer le temps, point de réconciliation en dehors des conditions d'une justice même si elle émane des hommes.