14-12-2014 18:00 - Encore deux affaires d’esclavage

Encore deux affaires d’esclavage

Le Calame - Depuis jeudi 11 décembre 2014, deux nouvelles affaires d’esclavage défraient la chronique en Mauritanie. La première est celle d’Aicha Mint Mahssour, de son mari M’Beirik et de ses deux filles Soueilma et Oumoulbarka qui étaient détenues en esclavage depuis leur naissance au sein d’une famille à Atar.

Selon Aicha Mint Mahssour, toute sa famille serait esclave de naissance de la famille de feu Ledhem Ould Momma. C’est sur la base de cela qu’Aicha a saisi les autorités d’Atar pour obtenir sa libération et celle de sa famille.

Seulement la célérité que recommande la loi dans le traitement des affaires d’esclavage n’a, semble-t-il, pas été observée au point que la plaignante faisait la navette entre le wali, le Hakem et le commissaire de police. Le prétexte est que le procureur de la ville d’Atar serait absent.

Même les tractations du président de SOS Esclaves au niveau de Nouakchott, qui ont permis la saisine de celui-ci, n’ont pas abouti comme prévu à faire arrêter les présumés coupables afin de les entendre.

Un laxisme qui en dit long sur la réticence des autorités administratives, sécuritaires et judiciaires à traiter convenablement les présumés cas d’esclavage. L’autre affaire concerne une famille composée de quatre membres (une mère de famille, ses deux filles et son petit garçon) qui étaient en situation d’esclavage dans la localité d’Azamad dans le département de Nbeiket Lahwach.

Une mission du bureau régional de SOS Esclaves de Néma, composée du fils de la victime, des points focaux de SOS Esclaves à Néma et à Bassiknou et de deux femmes mentor, s’est rendue sur les lieux pour saisir les autorités.

Et ce n’est qu’après deux jours de tergiversations que la famille d’esclaves s’est retrouvée à Aghor à vingt cinq kilomètres de Bassiknou. Ses anciens maîtres avertis n’ont pas trouvé mieux que de se débarrasser d’elle la laissant dans le plus grand dénuement et de retourner à leur campement.

Les esclaves sont entre les mains des représentants de SOS Esclaves au Hodh Chargui et les maîtres ne sont l’objet d’aucune poursuite. Toutes choses qui démontrent éloquemment la complicité entre les esclavagistes et les autorités chargées d’appliquer les lois incriminant le crime d’esclavage.



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Commentaires (6)

  • Aboulamine (H) 15/12/2014 00:31 X

    Mes amis Farica a raison! Je ne sais si tous ceux qui commentent ici ce texte, vivent en Mauritanie ou ailleurs, mais je pense qu'il ya certains qui feignent d'ignorer la réalité de l'esclavage. Dans toutes les familles des grands marabouts il ya des esclaves, pourquoi sauter seulement sur la famille du vénéré Ehel Momma. Mais qui d’entre nous ignore que la Mauritanie d’est à l’ouest du nord au centre du pays regorge d’esclaves ? La plupart de ces esclaves son soit liés à leur maitre par des liens de sang et ne sont même pas conscients de leur statut, soit ils sont conscients de l’état de fait mais se résignent à vivre avec eux car ils n’ont pas là où aller ou ils préfèrent être entretenus éternellement. Que fera-t-on pour ces cas d’esclaves qui choisissent de vivre éternellement avec leur maitre qu’ils considèrent comme leur propre famille, si c’est leur choix ? Comme on ne saurait pratiquer un dépistage systématique du virus de Sida sur toutes les populations, chez eux, chacun dans son domicile, contre leur volonté ! La situation est réelle mais délicate c’est une affaire de société, étudions la minutieusement au cas par cas, et elle dépasse le régime de Ould Abdel Aziz et meme de Khounana Ould Haidalla et autres. A Nouakchott ici , il ya des cas que moi-même j’ai rencontré sans les chercher : un chauffeur qui travaille comme temporaire ( sans contrat de travail en BDF) depuis 5 ans dans une ONG internationale représentée en Mauritanie par son maitre directeur de cette ONG internationale qui refuse de l’embaucher au risque de perdre son emprise car le chauffeur travaille au bureau et à la descente continue de travailler pour la famille du maitre. Donc la somme payée au pauvre chauffeur sur le dos de l’ONG est une façon de permettre au Directeur de se soustraire de cette dépense pour ne pas payer de sa poche. Ce qui est grave est que le chauffeur est consentant. Ceux qui avaient essayé de l’aborder pour lui dire de réclamer son embauche, il le rapporte à son maitre. Dès lors, à mon avis, le rôle de l’état serait d’appliquer la loi sur les cas déclarés et avérés de victimes d’esclavage mais il ne devrait aucunement consister à aller faire la fouille et des enquêtes dans les maisons d’autrui pour rechercher d’éventuels cas.

  • Farica (H) 14/12/2014 22:37 X

    Ecoutez, Tevragh Zeina est bourree d'esclaves. Vous n'avez pas besoin d'aller jusqu'au fin fond du pays pour en debisquer...

  • kalidou gueye (H) 14/12/2014 20:17 X

    ENCORE DEUX AFFAIRES D'ESCLAVAGES? VOUS DORMEZ SUR VOS CANAPETS, CAR L'ESCLAVAGES N'A DIMINUE D'UN IOTA PAR CE QUE AUCUN N'EFFORT N'EST FAIT. L'AGENCE TADAMOUN N'EST QU'UN JOUET POUR QUE AZIZ ET SON EQUIPE SE FASSE DE L'ARGENT ET POUR FAIRE LEURER AUX GENS. VOS MANIGANCES ET VOTRE SYSTEME VONT SE TERMINER ET SI SEULEMENT VOUS N'Y CROYEZ PAS SACHEZ QUAND MEME LE MONDE FINIRA UN JOUR. ET VOUS SEREZ (VOUS, VOS PAPAS,VOS MAMANS, VOS FEMMES, VOS ENFANTS ... )DEVANT LE GRAND JUGE ET DEVINEZ CE QUI VA SE PASSER.

  • kangourou (H) 14/12/2014 19:40 X

    Voilà ce qui ternit totalement l'image du pays bien plus que la supposée incompétence des diplomates. Il y'a des pratiques qui ne peuvent pas être défendues meme avec la meilleur volontédu monde. Il ne sert à rien d'envoyer quelques députés qui ne comprennent rien à rien à Strasbourg pour défendre l'indéfendable.

  • dykrim (H) 14/12/2014 18:25 X

    Bon à quand notre gouvernement sortira de son confinement dans des hôtels de luxes quand il s’agit de combattre l’esclavage et organiser sa propre caravane contre l’esclavage en RIM?

  • Hamdoulah (H) 14/12/2014 18:18 X

    Après ces cas avérés Ould Abdel Aziz à la tête du Système entier doit demander pardon à Allah pour leur mensonge quotidien de ne vouloir réduire l'Esclavage, ce grave crime, à un état de séquelles. Il faut que SOS esclavage, l'IRA, l'ANVOOM et toutes les bonnes volontés redoublent d'effort pour extirper ce mal de notre société qui ne doit être réduite à son statut d'esclavagiste en ce début de 21 siècle.