30-12-2014 07:00 - Vers la reprise des négociations Mauritanie-UE ?

Vers la reprise des négociations Mauritanie-UE ?

Mohamed Fall Oumeir - Dans une lettre datée du 22 décembre adressée au ministre des pêches de Mauritanie, le directeur général des affaires maritimes et des pêches de la Commission de l’Union Européenne, a réitéré son «entière disponibilité à poursuivre la négociation en vue du renouvellement (du) protocole (de pêche)».

C’est la première correspondance depuis l’expiration, le 15 décembre, du Protocole couvrant la période 2012-2014. Une expiration qui fait suite à l’échec des négociations entre les deux parties.

Le dernier round qui s’est déroulé à Bruxelles en novembre dernier n’a pas permis d’aplanir les obstacles nés de la divergence autour du niveau de la compensation. Pour les Européens, la somme de 47 millions devrait être le point de départ de la négociation, alors que pour les Mauritaniens, il n’était pas question de descendre en-deçà des 67 millions du dernier Protocole.

«Il est tout particulièrement souhaitable qu’un point de convergence puisse être trouvé sur les aspects financiers de cette négociation. Notre première offre faite à la Mauritanie demeure ouverte à discussion», poursuit le responsable européen.

Tout en souhaitant «continuer à nous engager à vos côtés pour le développement d’une pêche durable et appuyer les orientations stratégiques du Gouvernement mauritanien». Allant jusqu’à noter «avec satisfaction que votre initiative visant à renouveler la stratégie sectorielle des pêches progresse de manière efficace en concertation avec les acteurs et partenaires du secteur».

La lettre remet sur le tapis la première proposition qui vise à prendre sur l’enveloppe de la compensation pour gonfler le volet «appui sectoriel». Si la compensation entre directement dans la trésorerie mauritanienne, l’argent de l’appui sectoriel est sujet à d’innombrables tracasseries bureaucratiques. Ses destinations et son décaissement restent soumis à l’assentiment préalable de la partie européenne et aux procédures qu’elle impose.

C’est ainsi que les Mauritaniens sont en droit de revendiquer six millions euros inscrits au chapitre «appui sectoriel» au titre du Protocole qui vient d’expirer. Alors que sur le Protocole précédent (2008-2012) l’apurement de cette enveloppe doit coûter plusieurs millions à l’UE. C’est naturellement, cette problématique qui doit dicter aux négociateurs mauritaniens leur comportement en la matière. La Mauritanie ne devant accepter de discuter les termes d’un nouveau Protocole que si le contentieux est entièrement apuré.

En fait, la partie européenne se trouve doublement piégée à cause des hésitations de ses négociateurs. D’abord en voulant imposer son diktat à la Mauritanie, on est passé par la remise en cause des procédures qui se limitaient à un échange de lettres après la paraphe du Protocole pour permettre à la flotte européenne de pêcher dans la zone mauritanienne.

Conséquence : on en est venu à négocier l’effectivité du Protocole qui commence désormais avec la ratification par le Parlement, c’est-à-dire à la fin du processus. Deuxième conséquence : même si le Protocole avait été signé en novembre, il aurait fallu attendre plusieurs mois pour le voir ratifié par le Parlement, donc la date d’expiration aurait été inchangée (15/12).

Le deuxième piège est celui qui consiste à insister sur le gonflement de l’enveloppe «appui sectoriel». Si une telle option est bénéfique pour la Mauritanie, il va falloir solder les comptes des deux Protocoles précédents. Sinon, on aura hypothéqué une enveloppe nécessaire à l’instauration d’un commerce équitable entre les deux parties.

La réponse du ministère mauritanien devra nécessairement comporter des éléments opposables aux avances européennes qui continuent à faire fi – ou presque – de l’intérêt de la Mauritanie en se donnant une marge de manœuvre considérable. Il est sûr que la démarche européenne ouvre la voie à la reprise de la négociation. Le futur round devant se tenir à Nouakchott, il s’agira pour les deux parties de chercher réellement des points de convergence, un terrain d’entente qui ne lèsera en rien leurs intérêts.

Entre David et Goliath, les rapports ne sont pas fatalement ceux qui se terminent par l’extermination de l’un ou l’autre des protagonistes. La raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure, surtout quand on trouve le point d’équilibre qui tienne compte de l’intérêt de chacun.



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Commentaires (6)

  • greensun (H) 30/12/2014 22:56 X

    A une autre échelle,nous les mauritaniens nous avons un besoin vital d'aller à Paris et Air France a un besoin vital de la contre-partie,surtout en cette période de vaches maigres...C'est du gagnant-gagnant malgré les bifurques ça et là..

  • mdmdlemine (H) 30/12/2014 20:31 X

    ne versez pas dans l'impolitesse. Ces pourparlers sont inévitables. Les européens ont besoin du poisson et nous de l'argent en contrepartie. Ce sont deux marchands qui rusent comme chez nous. On veut acheter mais on affiche le désinterêt face au cout elevé, on disparait puis on bifurque dans l'espoir qu'on soit helé. Ce qui est certain, ce qu'aucun autre pays, même la chine ne payera plus remunerateur notre poisson. Alors entre acheteurs il fo choisir le plus offrant. s'il n y avait pas ce dossier des défenseurs des droits de l'homme et ces jeus économicodiplomatiques entre Aziz et les européens, l'accord serait déjà en bonne voie.

  • majlissi (H) 30/12/2014 13:58 X

    bravo oumeir, toi qui n'a jamais découvert la moindre affaire tu sauves l'année avec le document bayéen de l'année! Piaille toujours, tous savons pour qui tu roules. Dommage mais ce n'est plus étonnant pour quelqu'un ouvertement engagé dans toutes les campagnes bayéenne de présenter des oeuvres notamment le financement des infrastructures palpbales qui sont les seules à rester après le tsunami bayéen comme futiles parce qu'elles ne sont pas sonnantes et trébuchantes dans vos poches.

  • maurpulsowo (H) 30/12/2014 11:11 X

    Hum... Vous dites que les Européens ont écrit le 22 décembre pour reprendre les négociations? Vous avez eu accés à la lettre? pourquoi vous en parlez seulement le 30 decembre? Et la réponse mauritanienne qu'est ce qu'elle attend? Sauf si votre article est la réponse. mais votre manœuvre ne marchera pas car les Européens ne sont plus intéressés par notre poisson. il n y aura plus d'accord de pêche,plus de compensations, ni de 48%. Vous entendrez la voix les marins débarqués et comme d'habitude vous fuirez vos responsabilités pour dire que c'est la faute des autres. Viendra pourtant le jour où des comptes vous seront demandés.

  • mine-you (H) 30/12/2014 09:03 X

    Le Conseiller ou le chef de cabinet non officiel de Ould Abdel Aziz nous informe que nous acheminons vers la reprise des négociations Mauritanie-UE, il est très probable que même beaucoup de ministres ne soient pas au parfum de cette nouvelle. Bravo Oumeir!

  • keroudiambala (H) 30/12/2014 08:33 X

    Porte Parole du gouvernement ou de l'upr qui défend tout y compris le généreux Cheikh Ould baya. En tout cas tout sauf un journaliste indépendant. Vous vous êtes décrit peut-être inconsciemment dans l'un de vos articles intitulée :le voleur cris au voleur. Il ne vous reste plus qu'à défendre le verdict que vous connaissez peut-être déjà contre les militants de l'ira. Craignez Allah !