19-01-2015 15:10 - Chute du prix du bétail dans les régions orientales : La sécheresse frappe et EMEL s’essouffle

Chute du prix du bétail dans les régions orientales : La sécheresse frappe et EMEL s’essouffle

L'Authentique - Le prix du bétail qui avait atteint des sommets jusque-là insoupçonnés il y a quelques mois, connaît une chute dramatique depuis quelques semaines. Même bradé à vil prix par des éleveurs aux abois face à l’absence totale de pâturage pour mauvais hivernage et face à la panne inexpliquée du Programme « EMEL », le bétail ne trouve plus preneur. L’Est sylvopastoral du pays regarde avec effroi l’avenir.

Les éleveurs des régions orientales du pays, les deux Hodhs et l’Assaba entre autres, vivent des instants terribles ces jours-ci. Le prix du bétail, principale source de revenus de ces populations, est en chute libre face aux grands courtiers qui n’ont plus les moyens de les acheminer vers les centres urbains. La cherté du carburant et du transport, en ont découragé plus d’un.

D’où l’inquiétude des industries du bétail qui prient pour que l’hivernage prochain soit plus salutaire que celui qui l’a précédé. Le manque de pâturage dû à l’insuffisance des pluies l’année dernière n’a pas été supplée par un effort de l’Etat.

Le Programme « EMEL », doté d’un budget de 45 Milliards d’UM, comporte en effet un volet important consacré aux aliments de bétail. Pour certains, ce programme a plus servi les concessionnaires à qui l’Etat a sous-traité le projet, à leurs acolytes et les nombreux intermédiaires, que les populations cibles et leur bétail.

Pourtant, l’Etat se défend en soutenant les bons résultats engrangés par EMEL, affirmant avoir distribué en 2013 quelques 143.000 tonnes d’aliments de bétail, des médicaments vétérinaires et réalisé plusieurs sondages dans les zones rurales de l’intérieur.

Mais nombreux ont été les éleveurs qui avaient critiqué la qualité des produits qui leur ont été vendus, ainsi que l’absence de transparence dans la distribution.

Beaucoup ont dénoncé la mort tragique de leurs têtes d’animaux provoquée selon eux par les aliments avariés et empoisonnés qui leur ont été cédés. Des villes entières s’étaient levées pour réclamer des rations payées et non livrées, d’autres se sont révoltés des quantités dérisoires qui leur ont été vendus ainsi que les ruptures de stocks dans les approvisionnements.

Bref, aujourd’hui, les éleveurs de l’Est du pays sont déçus par les belles promesses des autorités qui leur garantissaient la mise en place de mécanismes adéquats pour épargner leurs bétails. De peur de voir leur cheptel décimé par la faim et la soif, ils bradent leurs bêtes sans trouver preneurs. Peut-être que l’implantation de l’usine d’Aïoun pour l’importation de viande rouge, un projet financé par la Banque mondiale pour alimenter le marché européen et africain, constituera un salut pour les éleveurs du Chargh.

MOMS



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Commentaires (4)

  • ouldsidialy (H) 20/01/2015 10:38 X

    @ksaleh les demandes de subventions des prix, comme toutes autres aides publiques aux plus humbles sont légitimes et nécessaires. Nulle besoin, dans un pays structurellement pauvre, de s’inventer des malheurs d’exception pour justifier d’une politique sociale. Au contraire, le principe du besoin d’exception imaginaire ou surdimensionné fait perdre de vu le fond des besoins et inscrit dans du « coup par coup » ce qui est un besoin permanent. Le consensus mauritanien depuis l’apparition des aides alimentaires, (sécheresse de 70) est que tout le monde est pauvres et qu’une aide sociale est bonne quand elle profite à tous. C’est peut être psychologiquement cohérent en cultures africaines, mais un non sens en termes de subventions publiques durables. Une politique sociale qui ne s’oblige pas à établir des seuils sincères et une population cible, conduit à n’aider en définitif personnes. Les plus pauvres sont insuffisamment aidés et les mieux lotis vivent de facilités trompeuses ; qu’ils payent autrement. La subvention des prix, de type Emel, crée un second marché d’approvisionnement économiquement non viable et des perversions supplémentaires dans le commerce. C’est sans intérêt profitable à terme, pour les plus humbles. NB 1/ Le prix du bétail et de la viande ont connu une majoration considérable suite à la dernière sécheresse significative du pays à l’hivernage de 2012, qui a raréfié l’offre. (Laquelle succédait à une période de 9 ans sans sécheresse. Entre les hivernages 2002 et 2011, il n’ya pas eu de variation de conditions pastorales significatives en dépit des « grands malheurs » surdimensionnés ou imaginaires dont la mode a été surtout aux inondations). Depuis lors, la reconstitution des cheptels c’est bien faite ; mais la baisse des prix reste empêchée par une demande accrue en viande. NB2/ il ya quand même un paradoxe à d’une part demander la prolongation d’un programme de subvention alimentaire tout en invoquant pour motif la baisse du prix du bétail et de la viande (on regrette l’inflation sur un aliment important, tout en demandant la baisse des prix d’autres aliments) Nb3 : Enfin pour sourire avec vous des promotions ; je veille en effet à en profiter comme des soldes, car je ne peux et n’aimerais compter sur les aides sociales. Je vis dans un pays qui se donne les moyens de sa politique sociale sans attendre après les aides internationales. Ce sont les citoyens qui la payent ! La mentalité commune est d’être content de ne pas bénéficier des minimas sociaux et l’ambition est de devenir contributeur net à l’aide sociale publique. Non, qu’il y ait de honte absolue à en recevoir mais qu’il est obligatoire pour un individu comme un pays d’essayer d’en sortir à un moment ou un autre. Le plan Marshall américain a été accepté en 1946 mais totalement remboursé par la France en 1962. Et Il ne viendrait à l’idée, pour qui n’en a pas besoin, d’aller s’approvisionner auprès des boutiques des restos du cœur. NB4:Contribuable ici, n’a manifestement pas le même sens qu’en Afrique, et ce n’est pas vous prendre de haut que de vous rappeler que personne ne paye d’impôt sur le revenu en Mauritanie. Autre paradoxe pour un pays pauvre, dont la population réclame en permanence de l’aide sociale et qui explique nombres d’impasses des politiques publiques.

  • ngaari aalam (H) 20/01/2015 05:51 X

    ouldsidiali doit etre deconnecte des realites du pays. Les pluies ont été deficitaires en Mauritanie. Tout le monde qui vit en Mauritanie ou qui est en contact avec ses parents en Mauritanie doit le savoir.

  • Ksaleh (H) 19/01/2015 18:17 X

    ouldsidialy, (***) arrête de nous regarder d'en haut ! Dans notre pays de musulmans on appelle un chat un chat. Et s'il te plait, profite des biens faits de la douce France, sans te moquer de nous autres pauvres éleveurs que la nature ne a pas gâtés cette année et Alhamdou li Lah. N'importe qui peut vérifier que dans toute la bande du Sahel les pluies ont été déficitaires. Dire cela ce n'est pas de la mendicité. Moi je te jure sur l'honneur que le prix du bétail est comme à la bourse devant la crise , il est trop bas par rapport à la même période de 2014. Ce que nous demandons et Aziz le sait, c'est la nécessité de relancer l'EMEL qui est une bouffée avant l'aide internationale. Pardon si tu dégustes un petit yaourt en promotion à Carrefour (***) mange le bien ce n'est pas de la mendicité, c'est de la promotion !

  • ouldsidialy (H) 19/01/2015 16:08 X

    Article simplement mensonger.L’hivernage 2014 est l’un des meilleurs qu’a connu le pays, dans son ensemble, depuis des années. Singulièrement en zones pastorales. Pas de chute non plus des prix pour les éleveurs à signaler. Ni de difficultés d'approvisionnement des marchés. Mais que voulez vous faire ou dire? dans un pays dont les citoyens comme l’administration comptent sur la mendicité permanente pour se faire des compléments de revenus. Lesquels ont pour premiers bénéficiaires les non nécessiteux. Alors, sécheresses ou inondations imaginaires sont décrétées chaque année. Pour ce genre de reflexes mendiants, l'unité nationale est parfaite!!!