22-01-2015 07:00 - Unité nationale et cohabitation : Après Niabina, les habitants de Boully insultés par des autorités locales
L'Authentique - Après l’affaire Niabina, au Brakna, qui avait secoué les fondements de la cohabitation nationale en septembre 2014, les habitants de Boully au Guidimagha auraient subi, il y a quelques jours, les dérapages du Hakem et du commandant de Ould Yengé. Des abus de pouvoir que le Wali s’est empressé de vite réparer, selon les sources proches des villageois.
Le Wali du Guidimakha, Mohamed Keihel, a éteint les feux d’une dissension qui aurait pu enflammer la région. Au cours d’une réunion qu’il a présidée dimanche 18 janvier 2015, en présence du Hakem de Ould Yengé et des notables de Boully, le Wali aurait circonscrit les dégâts en assurant à ses administrés venus se plaindre des agissements du Hakem que leurs « droits seront respectés » et que « la justice sera le maître mot » tant qu’il sera là .
Il a demandé par la suite au Hakem de respecter davantage l’autorité villageoise. La réunion qui se serait achevée tard dans l’après-midi aurait été scellée par un nouveau pacte en faveur d’une collaboration saine, bâtie sur de nouvelles bases. Le comportement exemplaire des habitants de Boully a été salué par le Wali, car à aucun moment, pendant qu’ils subissaient les injures du Hakem, ils n’auraient failli au respect de l’Etat et de ses représentants.
Pourtant, selon les témoignages rapportés par une source proche des villageois, le Hakem qui avait débarqué avec une force de la gendarmerie et leur commandant aurait malmené les notables sous les yeux impuissants des villageois. « Taisez-vous ! Ne me coupez pas la parole ! Vous n’êtes que des Maliens ! » Des propos et autres insanités que les Boulliyens auraient supporté pendant des heures.
Le bétail mis en fourrière par les autorités communales sera ainsi mis en liberté sine die par ses soins sans aucune forme de procès.
A l’entame de cette histoire, une décision prise par le conseil municipal de Boully de mettre en fourrière un troupeau de bêtes qui avait dévasté des champs. Une mesure qui serait courante dans les communes, dans la mesure où les éleveurs qui laissent leurs animaux divaguer et détruire la récolte des paysans devront compenser les pertes. Une décision que le Hakem aurait transgressée, selon les sources.
Cet incident remet en mémoire l’affaire Niabina, au Brakna, en septembre 2014, lorsque toute une localité fut mise en quarantaine, malmenée et humiliée pendant deux jours, pour un meurtre présumé, dont la victime se promenait pendant ce temps à Nouakchott. C’est suite à la disparition d’un commerçant que des dizaines de force de sécurité ont débarqué dans la paisible cité de Niabina.
Les habitants surpris par cette décente musclée, se verront ainsi encerclés et occupés. S’en suivront des arrestations dans un climat de peur collective au sein d’une population considérée comme suspecte. Le jeune homme qui a été considéré comme assassiné, réapparaîtra quelques heures plus tard.
Confuses, les forces de l’ordre se retireront et les administrateurs auteurs de cette bévue à caractère « raciste » se seraient murés par la suite dans un silence coupable. Le jeune homme objet de cette véritable levée de guerre sera arrêté, emprisonné pendant quelques jours, puis libéré. Le dossier était clos sans que les habitants de Niabina n’aient eu droit à une réparation, même morale.
MOMS
