11-02-2015 07:45 - Rencontre. Pape Déthié Sall, un Lam-Toro loin des modes et des contingences
Haut sur plus de 1,90m, Déthié Sall, de par sa silhouette, se distingue facilement dans une foule. Le profil de mannequin, grand et musculeux, il renvoie au physique d’un basketteur de la NBA. En ce début de matinée, dans son bureau de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), il arbore un large sourire.
Il est toujours comme çà avec les amis, jovial comme pas un. Il flottait dans un large pullover col V. Crâne demi-ras, le regard sombre, il est avenant et très correct. L’apparence extérieure contraste avec l’intérieur : un bloc dense et assumé. L’application faite d’un homme du droit privé, théorie qu’il peut psalmodier par cœur.
Morceau choisi : « j’ai préféré faire droit privé dans l’intérêt de mon prochain, je suis pour la sincérité, la vérité ». Il fait partie de ces êtres qui glissent d’un univers à l’autre avec une aisance stupéfiante.
Voilà la présentation sombre du Secrétaire Général de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH). Il est là au premier étage dans son large bureau décontracté, consensuel.
Avec sa simplicité terre à terre et ses airs d’étudiant bûcheur, il explique son engagement sans faille auprès des communautés et l’implication de son service pour la défense des populations locales. Il toussote deux fois de cette voix éraillée, signe distinctif d’un asthmatique. En se raclant la gorge, bras croisés, il répond posément aux questions, soucieux de l’exactitude des mots employés. Un sourire éclaire encore son visage, Déthié c’est la bonne humeur faite homme.
Ce fils du fouta à l’allure d’un Mikhaïl Jordan est pourtant loin d’un sport auquel sa haute stature le prédisposait. « Des problèmes respiratoires » souligne-t-il entre deux toux. Oui ! L’asthme, qui ne l’empêchera pas pourtant d’empocher son baccalauréat en 1977, avant de s’envoler en France pour des études supérieures. Paris, Perpignan, Montpellier, pour un diplôme d’études supérieurs spécialisées –DESS-en droit de la consommation obtenu en 84.
Il va rouler sa bosse un peu partout, et a touché à tout…. presque.
Un stage à Dakar dans le pétrole au Sénégal avec l’ouverture d’une importante d’une importante Station d’essence à Yeumbeul d’une marque de l’or noir. Après le pays de la téranga, retour à Nouakchott avec au menu la gestion et premier africain à diriger à ce niveau une marque de ladite chaîne. D’autres horizons vont s’ouvrir à l’homme au large sourire, le Ministère des Affaires Economiques et du Développement trouve en fait de lui un expert dans un projet de renforcement de capacités du Secteur privé ; avant d’en faire un Coordinateur au niveau du Commissariat des droits de l’Homme à la Lutte contre la Pauvreté et à l’Insertion (CDHLCPI), au Trarza, Brakna et au Tagant; Il y occupera même le poste tant convoité de Conseiller.
Mais celui que pourtant tout semble destiner à la politique ne s’y intéresse : il a sa conception de celle-ci et des raisons d’acception totalement différente de la gestion de la cité « qui l’ont poussé à faire des études en droit PRIVE », motivé que par « l’humilité de faire évoluer les choses, par de petits pas, à l’instar du caméléon duquel on devrait et/ou pourrait emprunter des leçons de sagesse». Mais encore faudrait-il avoir la curiosité et prendre la peine de les connaître, ces leçons, pour paraphraser Hampâthé Bâ.
Dans son fouta natal, ce natif de Dar el Barka, de par son ascendance, est un régnant. Un Lam-toro. Mais il est bien loin de cette féodalité, de ce milieu où trainent encore bien pesanteurs sociales. Sur le fouta, il avance que les gens « sont prêts à partager avec vous ce que vous leur apportez» avant d’ajouter et de faire observer aux politiciens et autres amoureux du Fouta de rester dans cette ligne de conduite, de ne pas s’en départir, sous peine de désillusions.
Des politiques qu’il fait observer, que "rares sont ceux d’entre eux qui ont bénéficié d’un plébiscite pérenne de leur base ; qui d’entre eux peut dire qu’il a été reconduit cinq fois de suite ?" s’interroge l’homme.
Aimant les citations, il lâche, « La vérité n’appartient à personne… aider son ami c’est toujours lui dire la vérité », martèle t il. Et Déthié d’ajouter, on peut mentir à tout le monde, mais jamais à soi-même.
Tiraillé entre la morale et le fait de servir son pays, Déthié fait de son mieux pour mériter l’héritage de la bonne éducation reçue de son oncle. L’expérience et les diplômes obtenus lui donnent la confiance nécessaire pour relever bien des défis. Bon sang ne saurait mentir.
ADN
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