16-02-2015 11:54 - L’agression d’un médecin paralyse le service des urgences de l’hôpital Cheikh Zayed
Sahara Médias - Les procédures de consultation au niveau du service des urgences de l’hôpital Cheikh Zayed à Nouakchott ont connu samedi 14 février courant, vers le coup de minuit, un arrêt, à la suite de l’agression d’un accompagnateur, du médecin de garde.
L'incident qui a duré quelques minutes n’a pris fin qu’avec l’arrivée d’une unité de la gendarmerie nationale et d’un commissaire de police, après une atmosphère de désordre qui a touché tous les pavillons du service des urgences.
Le médecin Moulaye Ould Ely, relatant les faits, dit avoir reçu, pendant l’exercice routinier de son travail, d’une femme, indiquant qu’elle est députée et qu’elle accompagne un patient souffrant d'une grave crise d'asthme.
Ould Ely souligne avoir examiné le malade dans son bureau et prescrit le traitement approprié, patientant quelques minutes, jusqu’à que l’hospitalisé dépasse le stade de crise. C’est seulement après, dit-il, qu’il a poliment prié la parlementaire de prendre place dans la salle voisine, en attendant de consulter un patient à la porte, précisant que la députée a refusé de sortir.
Le médecin ajoute que la parlementaire a décliné de nouveau son identité et affirmé qu’il n’est pas de ses compétences de l’obliger à aller hors du bureau, lui adressant des propos blessants.
L'un des parents de la députée est intervenu et demandé à la femme de quitter le bureau avec le patient. Ce qu’elle a accepté. Mais, il est revenu pour accuser le médecin d’avoir tenu des propos irrespectueux à l’endroit d’une élue jouissant de l'immunité parlementaire. Des charges qui ont été catégoriquement rejetées par le praticien.
L’homme qui a piqué une colère au cours des altercations verbales avec le médecin a tenté d’agresser physiquement le généraliste, brisant quelques outils bureautiques et provoquant un état de panique qui s’est propagé à tout le service des urgences, selon les témoignages du praticien.
Ould Ely dit avoir échappé grâce à l’intervention de l’un des infirmiers, qui a éloigné l’homme et fermé la porte derrière lui, avant d’appeler la gendarmerie nationale, arrivée immédiatement au service.
Ould Ely a porté plainte contre son agresseur aux gendarmes qui se sont contentés de prendre son nom ainsi que celui de la parlementaire, partis sans tracasserie aucune de l’hôpital.
Face à ce laisser-aller, le médecin sortit et décidât d’arrêter les consultations au niveau du service des urgences, jusqu’à bénéficier de la sécurité nécessaire pour l’exercice de son travail comme il se doit.
"Qui peut me garantir que cet homme ne viendra pas pour m’agresser de nouveau. Sans sécurité, aucun médecin ne peut exercer son devoir", a-t-il dit.
Traduit de l'Arabe par Cridem
