18-02-2015 00:45 - El Boukhary : En quête des larmes d’anges !

El Boukhary : En quête des larmes d’anges !

Adrar-Info - Depuis quelques jours, Nouakchott vit dans un beau climat, sous un ciel clément en dépit de ses couleurs contrastées : couvert de nuages. Il ne nous en envoie cependant que quelques rares gouttelettes de d’eau, ce ciel chargé. Il n’est toutefois ni radin, ni austère : il donne suffisamment ce qu’il faut pour rendre le temps doux et pour susciter chez mes compatriotes des espoirs d’une saison de pluie bien arrosée.

Ce faisant, cet agréable climat, de quelques jours un tout petit peu humides, et, surtout, sans soleil brûlant, réveille en moi un désir ardent de bédouin forcé à la vie urbaine loin des siens : j’aurais aimé passer un bon hivernage en Mauritanie.

Toutefois, pour des raisons professionnelles contraignantes, ça risque d’être vraiment difficile cette année, en ce qui me concerne : je repars dans quelques semaines pour une destination lointaine à l’autre bout du monde, à plus de 17 heures de vol de chez moi, et pour y demeurer beaucoup de mois encore avant de revenir au pays.

Cependant, malgré l’handicap de l’éloignement géographique, et/ou, à cause de lui, je continue de m’accrocher à mon souhait, en vivant dans les nuages au sens propre du mot.

En les caressant de la sorte, je ne fais que suivre les traces de mes parents et des mes ancêtres qui, eux aussi, scrutaient, le ciel à longueur de journée, écoutaient et lisaient ses signes et bruits toutes les nuits. Y détecter un rayon lumineux d’un éclair lointain, un grondement de tonnerre quelque peu assourdissant, les couleurs diffuses d’un nuage… bref : le moindre signe ou indicateur de pluviométrie, nourrissait leurs espoirs, allégeait leur peine, leur donnait des sensations de bonheur.

Comme mon père, comme mon grand-père et comme tous mes aïeux- qu’Allah aie leurs âmes, moi aussi, je regarde toujours vers le ciel, poussé par les mêmes motivations, fasciné par les nuages. Mieux : je me suis procuré aujourd’hui des outils modernes qui permettent de me consoler.

Ils me fournissent de quoi compenser l’absence du spectacle céleste, ce bel objet de fantasme alimenté par mon héritage culturel. Pour nourrir mes rêves, il suffit que je me rabatte sur ces moyens de ‘’substitution’’ quand je ressens le besoin de ‘’reluquer’’ les nuages afin de leur soutirer cette substance liquide qui fait la vie, ce liquide si précieux dans des régions sahariennes, comme la mienne.

En ce moment, j’ai envie de faire un grand tour dans ce trésor, de m’en abreuver à fond. N’est- ce pas c’est délicieux de boire des « larmes des anges » ! C’était en ces termes qu’on m’a expliqué c’est quoi la pluie, cette » bénédiction du Bon Dieu » que l’on espérait tout le temps, et que l’on accueillait quand elle arrive avec une religiosité profonde où se mêlent crainte et joie.

Tout petit , je rêvais à l’époque daller dans le ciel, pour croiser les anges. J’imaginais ces belles créatures drapées en blanc, cachées quelque part dans les nuages que je voyais de temps à autre défiler au dessus de moi. Je voulais les rejoindre là-bas, très haut, dans leur abri céleste, les voir pleurer, boire de leurs larmes chaudes et y baigner. Aujourd’hui, l’image de nuages ne me quitte jamais.

Je l’ai même sous forme ‘’matérielle’’ ; ce qui permet de la garder à portée de main, de l’étaler devant moi à tout moment. Une façon de prendre un peu plus d’indépendance vis-à-vis des caprices du ciel. Sans cette capacité de visionnage à volonté, où aurais-je pu puiser ces beaux paysages de la région de l’Adrar, son ciel nuageux, ses crépuscules et ses aurores plus ou moins éclairés ou assombris selon le temps qu’il fait ?

Un vrai fonds artistique aux couleurs riches en contrastes, cette photothèque numérique ! S’y marient harmonieusement : ombres, lumières et couleurs, avec toutes les nuances qui donnent formes et contours aux éléments de la nature dans cette région de la Mauritanie et en cette période de l’année. Des photos qui m’ont déjà fait rêver et qui continuent…Elles sont signées : Alika Nakash ».

Nouakchott, février 2015

El Boukhary Mohamed Mouemel



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Commentaires (1)

  • jarjar (H) 18/02/2015 01:15 X

    Le titre est mal choisi ! L'islam nous enseigne que les anges ne pleurent pas .