25-02-2015 02:00 - El Atf réserve pastorale d’importance menacée de disparition
Gacef12 - Il y a quelque années cette zone n’était pas habitée, on y rencontrait seulement un groupe endémique dit : « NMADI », caractérisé par la mobilité et vivant en parfaite symbiose avec le milieu naturel en général tout comme les Imraguens dans le Banc d’Arguin ou les pygmées en forêt dense.
El Atf, relève administrativement de la Wilaya du Gorgol et fait une superficie de 5850 ha caractérisée jadis par la diversité de ses ressources :
- Trois oueds : M’Begou, El Erg et Lemreiveg ;
- Trois zones humides d’importance (Tamourets) : Zgarir, El Haddad et tamouret Sara
La végétation y était très diversifiée, toutes les espèces arborées et herbacées des milieux soudano- sahéliens étaient communément rencontrées dans cette zone. La faune y était également fortement diversifiée (oiseaux et mammifères).
Avec une pluviométrie moyenne enregistrée de 380mm à 400mm chaque année, le volume de la biomasse à El Atf avoisinait facilement 604.656.000 tonnes de paille soit 96.744.960 UBT soit les besoins approximatifs d’alimentation de 265.054 vaches toute l’année. D’où l’importance de la zone en tant que réserve pastorale non égalée de la Wilaya du Gorgol. En période difficile, les animaux du Trarza, du Brakna et la zone ouest de l’Assaba s’y rabattaient sans entrave.
Actuellement, les données ont remarquablement changées, de sorte que :
- 15 villages se sont installés à l’intérieur de la réserve avec 6 à 7 points d’eau publics dont les gestionnaires ne respectent en rien les cahiers de charge si cahier de charge il y a, situation de fait qui est entrain de faire changer le statut de cette zone qui était dans un premier temps projet de réserve de faune et en suite projet de réserve de biodiversité ;
- 20 grosses agglomérations (Moussafrines des douloureux événements de 1990- 1991) se sont installées tout autour de la zone (environ 2000 familles vulnérables). La seule possibilité de survie qui leur est offerte est la forte pression sur les ressources du milieu (carbonisation, coupe de bois et fauche de paille).
Il s’agit de :
- Ideibni, Tentramé, O. Rami et Jreikaya1,2,3 relevant de la commune de Lexeiba 1 ;
- El Gahra, Patokone, Teitiane et Dindi relevant de la commune de Djéol ;
- Gourel Gobi, Bowel et Nima de la commune de Tokomadji ;
- Garli, Dar El Avia et Bouné de la commune de Tifoundé Civé ;
- Dar El Beidha de la commune de Maghama ;
- Zgarir et Tachott ;
- Tiouldé Bali, Dar El Barka de la commune de Ganki ;
Le paradoxe est que toutes ces agglomérations se trouvent chacune dans les voisinages immédiats de la Chamama : terre très fertile jamais exploitée à plus de 80% depuis plus de 25 ans soit 24.000 ha, zone également poissonneuse en période de crues.
A notre humble avis, cette situation nous interpelle tous : décideur politique, administration (centrale et locale), société civile et populations afin de :
- Contribuer à l’amélioration de la surveillance du milieu naturel (moyens d’intervention des Services des Eaux et Forêts et chasse) et la mise sur pied d’une stratégie de gestion des points d’eaux existants,
- Contribuer à l’amélioration des conditions d’existence des populations riveraines de la zone au vue de limiter les dégâts qu’elles portent sur le milieu naturel déjà très fortement endommagé
