28-02-2015 01:30 - Gorgol –Guidimakha ensemble pour le Diapoco
Seybane Diagana - Le Gorgol et le Guidimakha, deux régions frontalières du sud avec une typologie socio économique sous perfusion des différentes politiques de développement qui, jusque la ont du mal à les mettre sur l’axe de l’émergence. Un constat amère certes mais non fataliste.
Cette situation de dégénérescence n’est –il pas le résultat des politiques mal ficelées dont la mise en œuvre , dénuée de toute réflexion participative que doivent alimenter les réalités de terrain, terrain sur lequel les paradigmes socio économiques sont effleurés s’ils ne sont pas tout simplement ignorés par des experts et autres «développeurs» de fortune.
Diagnostic des politiques publiques
Comme esquisse de réponse sous le prisme du changement du moins dans l’appréhension des politiques publiques qui se succèdent, un atelier de trois jours est organise par le GRDR sur le thème : atelier national d’analyse alimentaire et de développement agricole et pastoral de la Mauritanie.
Axe principal du projet pour l’émergence d’un dialogue politique concerté sur la sécurité alimentaire (DIAPOCO) dans les territoires transfrontalières du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal du Niger et du Burkina Faso, ce projet vise entre autres à renforcer les organisations paysannes par la valorisation des expériences réussies ça et là ,des élus locaux dans leur posture de porteurs d’initiatives locales et de plaidoyer pour aboutir à cette logique ,aujourd’hui incontournable de ne plus inscrire l’équation de la sécurité alimentaire dans les limites des frontières mécaniques et fragiles mais à travers une tendance régionale voire continentale afin que ces subtiles inconnues trouvent solution dans la mise en valeur des expériences et du savoir faire des uns et des autres .
Cette option qui découle d’une volonté politique semble tenir compte des dynamiques territoriales de production, de transformation et de commercialisation de toutes les ressources identifiables.
Car face au caractère récurrent de la crise alimentaire dont l’ampleur s’étend sous des effets conjugués de la nature, la réflexion autour des enjeux a pris une dimension inter pays qui interroge les échanges et les apports économiques inter états pour un mieux être collectif.
Au constat, il existe tout un arsenal de textes, de projets et programmes qui a besoin d’une revue et d’une politique de vulgarisation pour que le citoyen de manière générale ou de l’acteur tout court s’imprègne des articulations entre activités et programmes.
Pour répondre au mieux aux attentes suite aux études d’inventaire sur les politiques nationales qui, pondérées au croisement des politiques publiques, l’atelier, par la production des participants a mis en relief sous la direction de monsieur Silly Gandega ex ministre du développement Rural, aujourd’hui consultant, tous les textes juridico administratifs pour permettre aux participants de s’intéresser en amont aux relations organiques entre le national et le local.
En travaillant sur des thématiques aussi variés que complémentaires qui vont de la balance commerciale à la gestion du foncier en passant par l’aide alimentaire et les dynamiques de la production agropastorale ,les participants ont pu s’imprégner du gap qu’illustre le contenu des politiques publiques et leur mise en œuvre souvent en de ca des objectifs affichés.
A travers des débats enrichissants qui dénotent de la «compréhension des fondamentaux de la sécurité alimentaire » dira Abou Bass coordinateur du GRDR au Gorgol comme pour passer le témoin à l’honorable député de MBOUT monsieur Sy Adama par ailleurs président de l’Association des Maires et parlementaires du Gorgol (AMPG) qui a émis le souhait de voir s’inscrire nos politiques publiques dans une logique de vision partagée pour se soustraire de cette forme de «shopping list» longtemps caractérisé par des plans sectoriels discontinus et contre productifs.
Suivi et évaluation des politiques publiques, un défi
Jusque là tributaire du cadre stratégique de la lutte contre la pauvreté (CSLP 2000-2015)-cadre de référence de toutes les politiques publiques, la Mauritanie qui, au demeurant est le dernier pays du CILSS n’arrive toujours pas à résoudre cette dualité entre les outils d’action qui valorisent les activités, et, l’outil politique qui constitue le creuset de toute une stratégie conceptuelle dans le long terme, d’où cette confusion qui plombe tous les secteurs dont les conséquences entrainent les acteurs dans cette forme d’incompréhension qui leur donne une trajectoire en déphasage avec les directives nationales.
Au delà des grandes réflexions adossées aux politiques interrégionales avec la création de l’Organisation de Mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) , la création de l’école Nationale de Formation et de Vulgarisation Agricole (ENFVA), le Centre National de Recherche et du Développement Agricole (CNRADA) 2 ans après l’indépendance tout comme la Société Nationale de Développement Rural (SONADER), les jalons d’une vision politique ont commencé à émerger autour des réalités structurantes et rassurantes qui constituent des rampes pour l’esquisse d’un canevas de développement durable.
Cependant, à la faveur des considérations géopolitiques mises en ligne a travers les différents programmes d’ajustement structurel avec ses corollaires de privatisation hâtive des terres cultivables et des grands aménagements sans, au préalable, une politique foncière bien adaptée, le pays, en plus, sous les ressacs des politiques hégémoniques qui menaçaient même son existence , navigue des lors, dans un tourbillon d’incohérence comique qui ont fait des secteurs vitaux ,des niches de désespoir alors qu’ils générer des productions qui ,comme des boucliers s’opposerait au spectre désastreux de l’insécurité alimentaire dont le pays ,dans son évolution en porte les stigmates d’où l’impérieuse exigence pour les pouvoirs publics de diligenter un suivi systématique de tous les programmes élaborés a fin d’en connaitre le niveau d’execution.
Comme recommandation principale qui découle des propos de monsieur Diop Abdoul Hamet président de la Fédération des éleveurs du Gorgol (FEG) qui se soucie de la place et du rôle des organisations paysannes dans la compréhension des politiques relatives à la sécurité alimentaire, les participants ont demandé que toutes ses politiques soient évaluées, soldées pour extirper les failles et les manquements dans une perspective d’amélioration et de rentabilisation des activités agro pastorales.
Dans le même ordre d’idée, le président de l’association des maires du Guidimagha (AMaiG) monsieur Hadrami Ould Weddad par ailleurs Maire de Sélibabi s’est réjoui des conclusions de l’ atelier qui répondent aux préoccupations des élus locaux quant a la prise de« conscience des populations cibles dans la compréhension des déterminants de la sécurité alimentaire.
Des expériences aux initiatives locales, l’espoir est permis
Au cours de cet atelier ouvert par le conseiller du Wali Sidi Mohamed chargé des questions sociales économiques après le mot de bienvenue de l’adjointe au Maire Aminetou Mint Med El Moctar dite Touttou suivi des allocutions du président de l’AMPG, de l’AMaiG et du président de la Fédération des éleveurs au nom des organisations paysannes (OP)et faitières nationales qui ont présenté les expériences réussies par le collectif des unions des coopératives du Guidimakha (CUCG),de l’association des usager du Walo (AUW) et de la FEG.
Leurs présentations ont pu mettre en évidence les ressources internes qui se focalisent sur l’innovation avant de susciter des débats de nature à donner une bonne rampe aux exploitations familiales jusque la négligées au détriment des grandes aménagements qui ont montré leur limite tant le taux d’endettement concomitants à la baisse notoire des rendements davantage accentués par l’absence d’une politique spéculative moins ouverte sur la demande des consommateurs de plus en plus exigeants.
Dans la même veine ,des initiatives locales réussies allant de l’intégration élevage agriculture dans la zone de civet en passant par la culture de la gomme et de la banane respectivement dans les localités de Oul yengé et de Wompou avec un arrêt sur la coopérative de Gour aye ou les femmes encadrées à l’origine par la GTZ vendent aujourd’hui du sirop et de l’huile à base de balanites et d’arachides.
Toutes choses qui ont émerveillé l’assistance qui, en même temps continue à croire que sont possibles des innovations capables de réorienter les priorités locales sur la base de la performance des organisations paysannes. Ce projet rappelons le est mise en œuvre par un consortium composé de du CCFD-Terre solidaire (chef de file), GRDR, AcSSA-Afrique verte Niger, APPROSSA-Afrique Verte Burkina et AMASSA-Afrique Verte Mali. De l’avis général des participants cet atelier du 15 au 17fevrier constitue par la profondeur des thèmes développés «original dans son concept et opérationnel dans ses résultats ».
Seybane Diagana CP Gorgol
