20-03-2015 17:16 - ONU / Droits de l’Homme : La question du Sahara n’est pas un problème de décolonisation
L'Opinion - Un groupe d'ONG de défense des droits de l'Homme, regroupées sous la bannière de la Plateforme panafricaine de la société civile de Genève, a appelé mardi la communauté internationale à "cesser d'assimiler la question du Sahara à un problème de décolonisation".
Il s'agit du Comité international pour le respect et l'application de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples (CIRAC), l'Action Internationale pour la paix et le développement dans la région des Grands-Lacs (AIPD), Victorieux Youth Mouvement (VYM) et African Development Association (ADA), auxquels se sont joints un représentent de la revue "Homme d'Afrique" et deux universitaires venus du Sénégal et du Gabon.
Les représentants de ces ONG ont lancé cet appel lors d'une conférence organisée à Genève en marge des travaux du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, quelques jours après une visite d'une semaine dans les provinces du Sud du Royaume.
Notre plateforme, invitée par des associations sahraouies de Laâyoune, Dakhla et Boujdour pour s'informer de la situation dans les provinces sahariennes, est en mesure d'annoncer qu'il est nécessaire de ne plus aborder la question du Sahara à travers des schémas obsolètes et des objectifs idéologiques dépassés, ont-ils affirmé.
La persistance de ce conflit, ont estimé les ONG, "est une source d'inquiétude permanente pour les pays africains qui voient se développer de dangereux trafics et s'aggraver les risques pour la sécurité à l'heure où les bandes extrémistes sévissent dans les régions sahariennes et au-delà ".
Elles rappellent que la menace terroriste pèse grandement sur des pays comme la Tunisie, la Libye, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad, le Nigeria, la République centrafricaine et, plus récemment, la République démocratique du Congo.
"Le meurtre de militaires mauritaniens et les menaces qui ont conduit à l'annulation du rallye Paris-Dakar, l'enlèvement et l'assassinat de touristes étrangers sont autant d'évènements qui nous rappellent que l'espace sahélo-saharien est devenu un refuge pour les groupes terroristes liés à Al-Qaïda et au terrorisme international", ont-elles mis en garde.
Le président de l'AIPD, le rd-congolais Maurice Katala a rappelé que le Maroc avait mis sur la table en 2007 une initiative pour la négociation d'un statut d'autonomie au Sahara afin de sortir de l'impasse qui a trop duré.
"Après des années d'impasse, les Nations unies ont de facto abandonné la fiction d'un référendum d'autodétermination pour prôner une vision plus réaliste des choses", a expliqué M. Katala, en rappelant, dans ce sens, l'analyse de l'ancien envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara, Van Walsum, qui avait conclu que l'indépendance n'est pas une option réaliste.
La Plateforme d'ONG panafricaine a, en outre, abordé les révélations de l'Office européen anti-fraude (OLAF) sur les détournements organisés de l'aide humanitaire destinée aux populations des camps de Tindouf, qualifiant cette affaire de "gravissime".
"Cette affaire jette une lumière crue sur le conflit du Sahara et souligne la nécessité pour l'Union africaine de prendre position en vue retirer la reconnaissance du polisario, alors que plusieurs Etats membres lui ont déjà retiré leur reconnaissance", a-t-elle conclu.
