04-04-2015 20:16 - Hydraulique : De graves lacunes stratégiques à redresser.
Cheikhany Ould Sidina - Le potentiel du développement du pays dans les zones humides et sahariennes est impressionnant mais non exploité ou non rationalisé par manque d'initiative et ou de compétence de nos fonctionnaires et notre propension à rechercher la charité internationale dans des programmes douteux.
La Mauritanie par une rationalisation de ses eaux maitrisées (ou facilement maîtrisables) peut envahir en quelques mois le marché mondial de l’alimentaire à des coûts concurrentiels imbattables.
Le mal est en nos stratégies et non dans nos ressources naturelles et humaines.
Certaines de nos Administrations s’entêtent orgueilleusement à détruire ces ressources à grands frais par les moyens du contribuable et par la dette publique à travers des pseudo-stratégies évasives, inadaptées et sans effets.
Si jusqu’en 1984 (44 ans aprés notre indépendance) la stratégie de notre Ministère du Développement Rural , dictée de l’extérieur, dans la mise en valeur de l’eau du Fleuve se limitait à l’aménagement ancestral des PPV (Petits Périmètres Villageois) à la pioche , la brouette et la pelle vulgarisée par la SONADER au coût de 135.000 UM/ha et les Grands Périmètres à 1000.000UM à 2.000.000 UM/ha par surendettement de l’Etat.
Contre cette stratégie de développement de la pauvreté et de l’endettement, j’ai combattu la SONADER par l’aménagement gratuit de 1000 ha mécanisés aux populations démunies de Keur Masséne pour lancer un rythme annuel de 5000ha/an au Trarza au lieu de 47ha/an qu’elle réalisait depuis 1975.
La Mauritanie, en zone du Fleuve, avait construit ( au prix d’un lourd endettement) la Digue Rive droite du Barrage de Diama avec ses 8 ouvrages vannés maitrisant 6 milliards de m3/an d’eaux douces que notre Administration (sous l’effet de la corruption) a délibérément cédé au profit de l’engraissage des oiseaux migrateurs et phacochères laissant le peuple dans la famine et la quémande de la charité internationale.
La Mauritanie peut irriguer sans pompage de prés de 100.000 ha des riches terres du Bas Delta , pour créer plus de 60.000 emplois nouveaux au Sud de Nouakchott dans l’agro-industrie d’exportation et produire tous les besoins alimentaires du pays à un coût 70% moins chers que la concurrence internationale.
En zone saharienne, j'ai démontré à Medina El Ousta (commune de Maaden) qu'en rationalisant les eaux d'un puits , par une irrigation localisée, on peut se passer du forage de 20 puits adjacents et de 20 motopompes: c'est pourquoi je pense que nos Oasis vivent l’archaïsme ancestral malgré l’existence de nouvelles technologies et techniques d’irrigation qui économisent plus de 80% de nos ressources hydriques. Systèmes que nous proposons régulièrement et sans répit à l’Etat, et récemment dans des projets de coopération bilatérale porteurs de développement multi-sectoriels immédiats.
En taisant la destruction de 90% de nos ressources hydriques nous semblons être déphasés par rapport à notre époque où s’annoncent déjà les menaces de guerres de l’eau dans le courant du 21éme siècle du fait de la réduction de l’offre de ce produit par rapport à sa forte demande prévisible.
Nouakchott le 4 Avril 2015
Cheikhany Ould Sidina
Expert en développement
