14-04-2015 14:30 - Société/ droits de l’homme : Yonti ! Un mouvement de refus est né sur les berges du fleuve [PhotoReportage]
Le 9 avril dernier, dans la localité de Tarédji/Donaye, les responsables des sites de réfugiés de Saint-Louis à Bakel se retrouvaient avec leurs enfants et petits-enfants. Des mauritaniens se souvenant des événements de Diawara après un quart de siècle d’exil forcé, sont désormais unanimes que « le présent est amer et l’avenir sombre » car la marginalisation, l’esclavage érigés en système d’Etat ne sauraient prospérer pour un pays biracial et multiethnique.
Face à la presse sénégalaise (RTS et RFM) et mauritanienne (Cridem) Amadou Sy de l’antenne de Dabaye a fait des prières à tous ceux qui ont perdu la vie lors de ces évènements, « qui ont vu la Mauritanie sombrer dans la barbarie à l’endroit de sa composante négro-africaine. Diawara, un petit village soninké, a été le prétexte d’un conflit entre agropasteurs pour une montée de la surenchère raciale ».
Dans le même sillage, Abdoulaye Diop complètera, « puis ce fût le tour des noirs mauritaniens qui vont connaitre le pire génocide que l’Afrique de l’Ouest ait connu. Avec une mauvaise foi sidérante en Dieu, on n'a pas hésité à s’en prendre à des compatriotes pour les exterminer comme des rats en plein mois de ramadan ».
Les réfugiés feront savoir à l’opinion nationale sénégalaise et à celle internationale que « la Mauritanie a toujours marché à contrecourant de l’histoire des droits de l’homme et du déni de justice et continue de braver avec arrogance le monde en foulant du pied toutes les conventions onusiennes qu’elle a ratifié ». Ils vont se réjouir de la libération d’Aljouma Cissakho, le président de la Commission des Organisations des Réfugiés au Sénégal, interpellé la veille pour l’organisation de la manifestation.
L’Appel de Tarédji/Donaye : « face à la nébuleuse qui entoure la conspiration de ne pas nous accepter cela apparait comme une confirmation des thèses racistes qui sont toujours actuelles dans notre pays qui veut tourner définitivement la page de notre cas ». Yonti (il est temps) a été le slogan lancé par les réfugiés de la vallée qui semblent avoir plus d’une corde à leur arc.
Le mouvement « Yonti » dans sa déclaration, souligne que « la Mauritanie conformément à la charte des droits humains, doit abolir la pratique de l’esclavage et bannir le racisme d’Etat et la xénophobie, que finisse la monopolisation de l’administration par le système beïdane ». L’appel de mentionner que l’exploitation et la redistribution des ressources naturelles soient équitables.
Que le problème des réfugiés mauritaniens trouve une solution juste et définitive pour faciliter et favoriser leur participation à la construction et à l’émergence de notre cher pays. Que cessent l’appropriation, la spoliation et l’esclavage foncier, dira Abdoulaye Diop qui sera porté à la tête du mouvement. Pour lui « il est simplement temps de comprendre que l’avenir de la Mauritanie est l’affaire de tous ses fils et que l’humanité n’est pas un état à subir mais une dignité à conquérir ».
Yonti ! Le cri de l’iniquité entonné « désormais avec nos frères soudanes –harratines- va raisonner désormais sur toutes les berges du fleuve». Première menace ? En tout cas ils ont été nombreux ceux qui ont condamné « l’outrance jusqu’ici constatée », même si c’est du bout des lèvres.
Ce conflit qui a trop duré (26 ans), entend ses victimes, parler un autre langage qui n’est pas seulement fait que souvenirs. Que la Mauritanie croit que ces fils sont en sécurité partout serait une grave erreur. La rencontre a souhaité que « le Sénégal et la Mauritanie fassent comme le Rwanda pour célébrer le 09 avril ». Grâce aux réseaux sociaux, le mouvement Yonti, qui semble partager la conception de Jemal Bilal, le mauritanien résident en Côte d’Ivoire, entend tisser sa toile vers la diaspora en envoyant plusieurs photos via le net.
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