19-04-2015 07:00 - Le casse tête des gazras

Le casse tête des gazras

L'Authentique - Voilà quinze jours que les populations des périphéries de la ville de Nouakchott (celles d’une partie de Arafat, Carrefour, Mellah, El Mina zone industrielle…) attendent d’être logées. En effet, les services de l’ADU qui avaient suspendu en décembre dernier, les opérations de régularisation des squats dans des zones cibles de la capitale, s’étaient engagés à les reprendre en avril 2015. Au 15 de ce mois d’avril, pas trace des agents de ces services.

L’espoir de se voir enfin logés dans des lieux sécurisés, est en train de disparaître pour des centaines voire des milliers de familles, qui étaient jusque-là persuadées de meilleurs traitements. Le pire, c’est que rien ne présage d’une nouvelle attention portée en ce sens aux populations cibles ;

non seulement, le personnel qui avait été affecté dans les bureaux à charge de la régularisation des squats n’est plus en fonction, mais plus, nombre de locaux qui abritaient les directions publiques cibles placées dans les périphéries, restent fermées, si elles n’ont pas été affectées à d’autres fonctions.

Tout porte ainsi à croire que les opérations de distribution de terrain dans les périphéries de la capitale, ont été suspendues, si elles n’ont ps seulement été arrêtées pour de bon. Ainsi, le président de la République, qui annonçait en grandes pompes, qu’il viendrait au bout des gazras, a été défait par celles-là.

Les Autorités publiques sont ainsi rattrapées par leurs promesses, ici comme ailleurs. L’exemple des " gazras " n’est qu’un parmi des dizaines, voire des centaines d’autres projets et programmes dont l’exécution prend du retard si elle ne s’est pas tout simplement arrêtée.

On avait promis, il y a cinq ans, que le lotissement - la viabilisation, avec tout ce que cela laisse entendre comme routes, écoles, dispensaires, marchés, eau et électricité - allait s’achever au plus tôt et qu’à la fin de 2013, il n’y aura plus de squat dans la capitale. On est aujourd’hui en 2015 et les gazras continuent toujours à narguer les autorités à Arafat, Bouhdida et Toujounine. Partout, les quartiers s’allongent à vue, avec des habitats qui naissent comme des champignons.

Le grand problème des Autorités est cette propension aux déclarations « intempestives » et à l’improvisation. Rien ne semble être fait suivant une étude sérieuse, à croire que les responsables ont voulu, comme en toutes choses, suivre l’avis du président Ould Abdel Aziz qui aime faire suivre la parole par les actes. Presque sans étude.

Il faut équiper les hôpitaux, bâtir de nouvelles villes (Rosso, Chami, Nbeiket Lahwach, Tarmesse, Ribat El Bahr, construire en centre commercial sur l’ancienne place des Blocs, créer un aéroport capable d’accueillir 1 million de personnes par an…

Il faut le dire : le premier chantier dans lequel s’est lancé le président Ould Abdel Aziz qui a dès les premiers jours de son premier mandat procédé à la régularisation des gazras de Hay saakin, a eu raison de lui. A voir aujourd’hui Nouakchott, presque rien n’a changé. Certes, des quartiers sont nés aux quatre coins de la capitale, mais aussi, aux quatre coins de cette ville, les Gazras demeurent.

JOB



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