29-04-2015 21:00 - Santé hygiène/ Sogogim Bagdad, la mort visible d’un quartier [PhotosReportage]
« Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne se passe pas toujours et de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent. » Albert Camus, La Peste.
Délabré, le quartier Socogim Bagdad l’est assurément à certains endroits. Les nombreuses maisons abandonnées cachent mal leur aspect cauchemardesque. Vides pour la plus part, elles croupissent dans un état lamentable comme des cavernes surchauffées d’insalubrité, minées par les eaux d’infiltration d’une nappe phréatique qui remonte une salinisation qui, elle, stérilise le sol.
Une eau verdâtre avec sa végétation qui se développe de façon foudroyante n’est autre que le lit des maladies parasitaires, des rats, des scorpions et serpents. Dans le quartier Bagdad, des murs lépreux, érodés et dont les briques tiennent à peine en équilibre, composent un paysage angoissant ou de puissantes odeurs d’urines et d’excréments vous agressent les narines.
Pourtant, dans cette eau, barbotent des enfants à peine sortis des layettes sous le regard amusé de quelques collégiennes. Si la santé de ces nageurs en eaux troubles est gravement menacée, eux continuent à y flotter dans un nuage d’insouciance.
Une entreprise comme la construction de certains quartiers comme celui-ci, ne comporterait-elle pas plus d’inconvénients que d’avantages ? C’est en effet, un investissement nul, car la présence des eaux stagnantes dans Socogim Bagdad a provoqué le déplacement de quatre habitants sur cinq, des « maisons de la mort certaine » pour qui sait que l’eau est conductrice de courant. On a fui pour ne pas être dévoré par les rats.
Dans d’autres quartiers de la capitale, ces eaux de moins en moins vivantes ne témoigneraient-elles pas de leur mort inéluctable ? Des quartiers conçus dans un enchevêtrement de ruelles malodorantes où s’amoncellent les ordures sont sur la liste rouge de la nappe phréatique.
Le quartier Socogim Bagdad continue de pourrir sur pied sans autre avenir que l’augmentation de sa végétation aquatique venue s’entasser dans ses réduits sordides. Un véritable fléau, une bombe écologique à ciel ouvert.
Un univers ou se faufilent des ânes, des chiens errants en quête de nourriture et des gamins d’une saleté repoussante, jouant dans ces immondices, c’est le passant qui sort de ce quartier avec une envie irrésistible d’une eau chaude et de savon.
ADN
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