01-05-2015 09:12 - Mauritanie/AAAID « Contrat » ou « confiscation » ?

Mauritanie/AAAID « Contrat » ou « confiscation » ?

Des représentants des populations des communes de Ould Birome, Dar El Barka et dar El Avia (Moughataa de Boghé) sont à Nouakchott. Ils sont venus protester contre la location de terre à usage agricole à l'autorité arabe pour l'investissement et le développement agricole (AAAID).

Les représentants des habitants de ces communes ont organisé une conférence au siège du FONADH.

«La Mauritanie et l'autorité arabe pour l'investissement et le développement agricole (AAAID) ont signé, lundi à Nouakchott, une convention au terme de laquelle 3200 hectares de terres agricoles au Brakna seront soumis au bail au profit de l'organisation arabe citée plus haut pour un montant de 500 dollars l'hectare» a écrit l’AMI (agence mauritanienne d’information) dans une dépêche du 09 avril 2005.

Toujours dans la dépêche de l’AMI, il est écrit: « la convention a été signée, du côté mauritanien par le ministre des finances, M. Moctar Ould Diay et du côté de l'organisation arabe pour l'investissement et le développement agricole par son président, M. Mohamed Ben Abeid El Mezroui. »



Le ministre des finances a déclaré pendant la cérémonie de signature que «que le projet entre dans le cadre du partenariat existant entre la Mauritanie et l'Organisation arabe pour l'investissement et le développement agricole pour la promotion des produits agricoles en général et notamment ceux considérés comme stratégiques pour la Mauritanie. »

A la fin de la dépêche de l’AMI, il est écrit que « que ce projet qui axe sur la culture des oignons et des pommes de terre a pour but de réaliser l'autosuffisance du pays en ces deux produits durant les trois prochaines années. »

Dans la même journée, dans une autre dépêche de l’AMI, il est écrit « M. Brahim Ould M'Bareck Ould Mohamed El Moctar, ministre de l'Agriculture a signé, lundi soir à Nouakchott, avec M. Mohamed Ben Abeidi El Mezroui, président de l'organisation arabe pour l'investissement et le développement agricole, un mémorandum d'entente dans le domaine du développement agricole.

Au terme de ce mémorandum, 3200 hectares relevant de la société arabe des services agricoles, créée par l'organisation arabe pour l'investissement et le développement agricole en novembre 2013, seront aménagés et exploités dans le but de diversifier les produits agricoles en Mauritanie, et notamment de couvrir les besoins du pays en oignons et pommes de terre.»
Dans cette deuxième dépêche, il est aussi écrit « Le mémorandum insiste en outre sur la nécessité d'associer la société arabe à tous les travaux relatifs aux services agricoles. Dans ce cadre, l'organisation arabe aura à renforcer le parc des engins agricoles grâce la disponibilisation de 23 nouvelles moissonneuses cette semaine dans le but d'alléger la pression durant la période de récolte.

Le mémorandum stipule aussi que la société apportera son appui à la mise en place d'un partenariat avec les secteurs concernés par l'investissement dans le but de contribuer au financement des projets situés dans les zones de production, notamment en disponibilisant les intrants agricoles de qualité répondant aux techniques agricoles utilisées.»

Des représentants des populations de Dar El Barka, Ould Birome et Dar El Avia (Moughataa de Boghé) qui revendiquent la propriété des terres objet de ce bail entre l’Etat mauritanien et AAAID s’opposent à son exécution. « Nous n’avons pas été consultés, pas informé…c’est quand des topographes ont débarqué sur le terrain que nous avons compris qu’il se passait quelques chose.»

Officiellement, il est question de 3200 hectares de terres agricoles objet du bail. Mais, dans leur déclaration, Sidi Ould Yeli, Oumar Ousmane Dia, Cheikh Taher Amadou Tidjani Dia, Ahmed Ould Amar, Djeynaba Djibril Diallo et Aminetou Mint Sidi, membre de la « commission représentants les ayants-droit » parlent « de confiscation de terres dont la superficie est d’environ 9300 hectares coté sud et 31000 hectares coté nord alloués a un investisseur saoudien pour ses besoins en agriculture et ce pour une période allant de 25 a 99 ans.»

Entre ce qui vient d’être dit et la dépêche de l’AMI…les autorités parlent de 3200 hectare, les « représentants des ayants droits de dizaines de milliers d’hectares. Le contrat a été signé avec l’Autorité arabe pour l'investissement et le développement agricoles (AAAID), les représentants eux parlent d’un investisseur saoudien… un projet d’attribution de terres dans la même wilaya du Brakna a un investisseur saoudien peine a être exécuté du fait de l’opposition des populations locales.

Pour Kane Tidjane, ancien Maire de Tekane, c’est ce projet abandonné « qui est revenu en 2015 sous une autre forme. » Interpellé sur la différence entre les 3200 hectares officiels et les chiffre donnés par les « représentants des ayant droits », les membres de la commission ont déclaré que « le représentant de AAAID sur le terrain a parlé de travaux sur une zone couvrant beaucoup plus que 3200 hectares. » a l’appui de cette affirmations, ils ont brandi une carte « reçue du représentant de l’AAAID. »

Sur quoi ces populations protestataires fondent leurs droits de propriété sur ces terres ? « la preuve de la propriété, selon la loi peut être établie de différentes manières. Il y a d’abord les traces d’exploitation. Pour la zone en question, il ya des traces d’exploitation pour des besoins agricoles et d’autres de pâturages. C’est le code pastoral qui réglemente cette question… » a explique Kane Tidjane, ancien maire de Dar El Barka.

Du coté des autorités Mauritaniennes, malgré plusieurs tentatives, nous n’avons pu avoir plus que ce qui a été dit dans les dépêches de l’AMI.

Khalilou Diagana
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Déclaration

Les habitants de Dar El Barka, Ould Biro et Dar El Avia et ses environs, de la moughataa de Boghé, Wilaya du Brakna.

Nous, habitants de ces communes, dépendants administrativement de l’arrondissement de Dar El Barka, moughataa de Boghé, Wilaya du Brakna, adressons à toutes les autorités concernées : gouvernement, ambassades, organisations des droits de l’Homme et organisations de la société civile pour nous épauler dans notre rude épreuve relative à la confiscation de nos terre dont la superficie est d’environ 9300 hectares côté sud et 31000 hectares côté Nord qu’il a loué à un investisseur saoudien pour ses besoins en agriculture et ce pour une période allant de 25 ans à 99 ans.

Il est à noter que cette superficie est le seul bien que détient cette pauvre population en ce sens qu’elle représente le pâturage pour leur cheptel et le sol à cultiver pour leur besoins en légumes comme en céréales.

En fait, c’est pour eux le seul moyen de subsistance, de revenus car la localité ne compte aucun fonctionnaire, aucun cadre ni homme d’affaires.

Il va s’en dire que la dite population s’est vite levée contre ces agissements depuis la parution des maitres du projet et ce à travers les manifestations et les moyens légaux à l’instar de Sit-in pacifiques en places et lieux visés et ailleurs.

Leurs efforts tendant à mettre fin à cette injustice ont atteint leur apogée lors de l’attroupement massif auquel le wali a pris et au cours duquel ce dernier a, en tant que porte parole de l’Etat, considéré que le projet en question a été initié en conseil des ministres et qu’il aura des répercussions positives sur la population locale. A peine a-t-il prononcé ces propos que des voies se sont faites entendre pour dénoncer et refuser le projet eu égard au fait qu’il rétrécit l’aire agro-pastorale.

A l’issue de ces évènements déplorables et puisque le gouvernement est engagé à exécuter ce projet sans concertation avec les ayant droits et sans considérer l’impact négatif sur la vie de ces populations locales, une commission représentant les concernés a été ainsi constituée pour être le porte-voix de ces communautés en quête de soutien.

Sidi Ould Yeli

Oumar Ousmane Dia

Cheikh Taher Amadaou Tidjani Dia

Ahmed Ould Amar

Djeinaba Djibril Diallo

Aminetou Mint Sidi


Cette commission a considéré qu’il est nécessaire que parvienne partout où besoin se sent la voie des opprimés à travers le refus et le dénonciation particulièrement, les médias, les ONGs des DH, les partis politiques et les ambassades.

Nouakchott le, 29 Avril 2015





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