07-05-2015 21:00 - Lettre d'information du Parc National du Diawling
PND - Des villages désenclavés et des ouvrages hydrauliques réhabilités
Engagé depuis sa création en faveur
du développement local, le
parc a initié, avec l'appui de ses
partenaires, de nombreux projets
d'appui aux villages et à leurs habitants.
C'est en ce sens, après plus de 20
ans d'enclavement, que les villages
de Ziré Takrgent et Sbeikha,
seront enfin désenclavés suite à la
construction et réhabilitation de
digues routières et d’ouvrages hydrauliques
sur le territoire du Parc
National du Diawling.
Ces travaux sont réalisés grâce Ã
l’appui de l’Établissement de crédit
pour la reconstruction
Allemand (KfW) après une étude
de faisabilité réalisée en 2009 en
tenant compte des recommandations
du Plan d’Aménagement et
de Gestion suivi d’un diagnostic et
de l’élaboration d’un budget structuré
en 2012.
Après la publication des appels
d’offres, les marchés ont été attribués
à deux groupements d’entreprise.
Un premier marché est engagé
pour la construction et la réhabilitation
des digues et génie
civile des ouvrages hydrauliques.
Un second marché est attribué
pour la fabrication et la mise en
place des vannes installées au
niveau de ces ouvrages.
Les travaux ont commencé en
mars 2015 pour une période d’exécution
de 6 mois.
Il est souhaitable
que ces aménagements soient
finalisés avant l’installation de l’hivernage
(juillet). Il est attendu de
cette réhabilitation une plus grande
maitrise de l’eau et une augmentation
de la productivité des écosystèmes.
L’amélioration de l’hydraulicité Ã
travers une étude de modèle numérique
de terrain associée à une
modélisation hydrologique permettront
d’atteindre certainement les
objectifs escomptés.
Il s’agit également de conforter la
maitrise des régimes hydrologiques
et d’étendre la gestion hydraulique
à la totalité du bas delta
mauritanien pour une gestion multi
-usages des ressources en eau.
Le BACoMaB soutient la surveillance et les suivis du parc
Les activités du parc se décline selon
5 secteurs (1) la surveillance du territoire
(2) les suivis hydrologiques (3)
les suivis écologiques (4) les suivis
socioéconomiques et (5) le tourisme.
Chacune de ces composantes est
sous la responsabilité d’un chef de
secteur basé au siège de la conservation
à Bouhajra sur le parc.
Le BACoMaB, fonds fiduciaire pour
la conservation du littoral mauritanien
a été sollicité par le parc pour appuyer
prioritairement la surveillance
et certains de ces suivis.
Le mécanisme
de financement durable a répondu
favorablement à la requête et
appuiera les efforts du parc tout au
long de l’année 2015.
En avril, une nouvelle réunion
d’équipe a permis de réorganiser la
surveillance du territoire en fonction
des menaces majeures qui pèsent
sur l’espace (braconnage, coupe illégale
de la végétation, etc) tout en
priorisant les sites les plus sensibles.
Une surveillance mobile et saisonnière
est particulièrement nécessaire
sur la zone des mangroves de Khouroubame
(partie sud) et celle de l’Aftout
Es Saheli (partie nord).
Ces deux secteurs constituent, entre
autre, des sites de nidification
majeurs pour de nombreuses espèces
d’oiseaux et ont été préalablement
identifiés par les populations
comme des Zones Naturelles de Protection
(ZNP).
Une surveillance permanente,
à partir d’un poste fixe sera
prochainement assurée au niveau de
la digue Nord afin de réduire le passage
des braconniers, accueillir
les visiteurs et protéger les sites
d’intérêt écologique à proximité.
Des fiches de patrouille et un carnet
de bord permettront de recueillir les
informations et de les analyser.
Le fonds fiduciaire, de par son caractère
pérenne, garantie ainsi l’amélioration
des connaissances habitats/
espèces et assure leur protection.
De jeunes « scientifiques en herbe » dans le Parc
Les actions d’éducation environne-mentale, relativement limitées par le passé dans le parc, seront prochainement relancées grâce à l’appui du Réseau des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest (RAMPAO). Un projet pilote est engagé de mai à novembre 2015 avec une interruption de 2 mois durant les vacances d’été.
Ce projet aura à cœur d’assurer l’appropriation et l’amélioration des comportements environnementaux auprès des jeunes.
Les activités débuteront par la programmation d’une séance pédagogique en milieu scolaire durant la-quelle les enfants seront amenés à s’interroger et à préparer leur visite sur le terrain en se questionnant sur les thématiques liées au parc (conservation des espèces et des habitats, gestion de l’eau et des ressources durables, pollution, désertification, etc.).
Cette première rencontre sera suivie de 3 sorties de terrain où les jeunes joueront un rôle actif d’observateurs du milieu. Certains des protocoles d’observation sur les espèces indicatrices de gestion de la biodiversité seront adaptés aux enfants qui contribueront à collecter des données.
Les enfants s‘impliqueront égale-ment dans des actions concrètes utiles à la gestion du parc (entretien de la pépinière, transformation du typha)
Une journée environnementale mensuelle sera organisée pour le ramassage des déchets dans et à proximité de l’établissement scolaire.
Pour susciter l’émulation des jeunes et encourager les initiatives de conservation, des jeux concours « génie en herbe » seront organisés et récompensés lors d’une cérémonie de clôture du projet.
La science participative adaptée au contexte local représente aujourd’hui un formidable moyen d’impliquer et de responsabiliser le jeune citoyen, qui au-delà de sa propre prise de conscience partagera son savoir et son expérience auprès de ses proches.
