14-05-2015 18:45 - Droit de réponse sur l’article d’un ancien secrétaire général de la fédération nationale de pèche (fnp) publie le 07 mai 2015 sur le site RMI Biladi
RMI Biladi - A la date du 07 mai 2015, un article a été diffusé sur le site RMI Biladi, intitulé « La SMCP ou le goulot d’étranglement ».
Ledit article rappelle les circonstances dans lesquelles la SMCP a été créée, son évolution vue par l’auteur, et les nombreuses tares y afférentes, découlant de son « Étatisation ».
En quelques mots, nous nous devons de rappeler que la création de cette importante institution a été une décision politique salutaire à plus d’un titre, la mission qui lui est confiée étant de garantir :
- La commercialisation et l’exportation des produits halieutiques congelés, pêchés dans les eaux sous juridiction mauritanienne soumis à l’obligation de débarquement,
- La promotion et la valorisation du produit,
- Le rapatriement des montants en devises provenant de la vente des produits,
- Le prélèvement des droits et taxes liés à l’activité,
- La promotion de la pêche artisanale.
Le développement du secteur de la pêche artisanale a connu ces dernières années un essor important, puisqu’il représente aujourd’hui près de 70 % des exportations de la SMCP, et a généré des milliers d’emplois qui ont permis de résorber le chômage, et de contribuer hautement au bien être social dans notre pays.
C’est dire que l’existence de cette institution doit être préservée, et protégée, d’autant plus que la nouvelle stratégie du secteur de la pêche pour la période 2015-2019 vient de renforcer ses prérogatives, notamment dans la gestion du quota producteur, et du partage plus équitable de la rente.
Certes, la SMCP a connu plusieurs mutations en terme de formes institutionnelles ; mais la préoccupation des Pouvoirs Publics et de la Société est restée la même, à savoir la protection de notre économie maritime, la sauvegarde de nos ressources pour les générations futures, le soutien et la protection des pêcheurs artisans.
Quel que fut par ailleurs son mode de gestion, la priorité de la SMCP a toujours été de constituer une entité gérée par un Directeur Général, soumis au contrôle d’un Conseil d’Administration, et des Tutelles.
Si le décret 2011 du 14 mars 2011, a porté la participation de l’Etat au capital de la Société à 70%, contre 30% pour les privés, cela a toutefois permis la consolidation de la politique de concertation avec les opérateurs, la Tutelle, et les différents intervenants, l’objectif étant de toujours améliorer la performance de l’institution en terme de politique commerciale, et de réaliser de meilleurs résultats.
En effet, la SMCP s’est toujours évertuée à se concerter avec les opérateurs, et a pu mener des réformes importantes ayant conduit à une plus grande transparence dans la gestion.
C’est le lieu de rappeler que pour la fixation des prix, au terme des négociations avec les clients évoluant sur les différents marchés (Asie,Europe,Afrique), la Commission Consultative de Concertation se réunit périodiquement pour statuer sur le niveau de prix à retenir pour la vente de nos produits ; un avis consensuel a toujours été retenu, cautionné sur un procès verbal signé par l’ensemble des membres de ladite commission. Et donc la SMCP à elle seule, n’a à aucun moment fixé des prix de manière unilatérale.
Pour rappel, cette commission est constituée des opérateurs industriels et artisans, de la BCM, des Garde Côtes, et de la SMCP ; toute personne ressource pouvant également être conviée aux réunions de ladite Commission.
S’agissant de la commercialisation de nos produits, il y’a lieu de rappeler qu’elle n’est pas tributaire de la forme juridique de la SMCP, mais dépend plutôt des réalités du marché international ; en effet, il serait plus réaliste de considérer la crise économique et financière qui secoue le monde depuis plusieurs années, et qui a fortement perturbé les transactions commerciales, avec les principaux pays importateurs de nos produits(Europe et Asie notamment).
Cette situation n’est pas propre à la Mauritanie, elle a également été ressentie chez nos voisins immédiats (Maroc,Sénégal), et partout ailleurs dans le monde (Mexique,Viet Nam,etc).
Par ailleurs, nous rappelons que la flotte nationale actuelle est composée d’unités vétustes, dont la qualité du produit a toujours posé un problème de commercialisation.
Aussi, dès 2011, des journées de concertation et d’échanges ont été organisées au siège de la Société, avec la participation de l’ensemble des intervenants (Opérateurs nationaux, SMCP, ONISPA, IMROP, DOUANES, BCM, GC, Conseil d’Administration,Tutelle,clients,etc).
Cette initiative a été répétée en juillet 2013, avec une plus large participation des acheteurs (nippons,chinois, et Européens).
Pour la première fois depuis sa création, la décade a été intégrée dans le système informatique de la Société, bannissant ainsi toute possibilité de décotes, sauf celles découlant d’une inspection et d’un contrôle rigoureusement opéré en présence du client, du producteur, et de la SMCP, sous l’égide d’un expert agréé auprès d’un laboratoire d’inspections.
En outre, les prix du poulpe dépendent des saisons de pêche ; le poulpe pêché en hiver est de moindre qualité (période de ponte, poulpe d’eau), et donc vendu à un prix correspondant à sa qualité, contrairement à celui de la saison d’été dont le prix est souvent meilleur, en raison de la qualité du produit pendant cette saison ; c’est ainsi que la T-3 était coté jusqu’en novembre 2014 à 10 000 US dollars la tonne.
Malgré toutes ces contraintes, et pour une analyse plus objective permettant de mieux appréhender l’évolution réelle des prix à l’exportation, il nous semble plus juste de se référer au prix annuel moyen pondéré, plutôt qu’au prix simple d’une taille, qui ne tient pas compte de la structure des stocks, facteur déterminant du prix réalisé à la vente.
A titre illustratif, le tableau II ci-joint décrit l’évolution du prix moyen pondéré annuel du poulpe, principale espèce commercialisée, de 1984 à 2014 ; il se dégage de cette structure ce qui suit :
- Les meilleurs prix ont été enregistrés respectivement en 2011(10 588 USD/T), en 2012(8 235 USD/T), puis en 2014(7 328 USD/T), correspondant à la période d’«Etatisation».
- Le prix moyen de la tonne était de seulement 2 631 USD/T en 2000, et de 4 624 USD/T en 2009.
Il ressort de ces éléments que malgré les nombreuses tares liées à la conjoncture internationale, les meilleurs résultats depuis la création de la SMCP, aussi bien en terme de prix de vente, qu’en matière de chiffres d’affaires (cf tableaux I&II), ont été réalisés à partir de 2011 ; et l’institution s’évertue à améliorer au fil des jours sa politique commerciale, avec la volonté de mieux faire dans le futur.
Il importe enfin de se poser les questions ci-après :
- Les prix de vente de la SMCP, ne sont t’ils pas en général meilleurs que ceux pratiqués chez nos voisins (notamment le Maroc), tel que confirmé par les clients nippons eux-mêmes qui s’en plaignent souvent ?
- Si les prix de la SMCP ont baissé parce qu’elle a été «étatisée», que dire des prix du fer, et du pétrole ? est-ce là des entités également «étatisées»?
- Ne serait-il pas plus réaliste de faire une analyse plus générale de l’Economie d’Echelle, en tenant compte de l’ensemble des agrégats qui pourraient mieux édifier les analystes et les Décideurs Nationaux?
- N’y a-t-il pas lieu tout simplement de se conformer à la volonté des Pouvoirs Publics de préserver et de renforcer cette Institution qu’est la SMCP, en améliorant sa commission de commercialisation qui est passée de 2.85% de son chiffre d’Affaires en 2005, à 1.5 % en 2006, et qui ne lui permet pas d’atteindre une meilleure performance, alors qu’elle vient justement d’être certifiée ISO 9001V2008 à la date du 16 avril 2015 ?
Voir les tableaux suivants :
Exportations annuelles SMCP 1984 - 2004
Exportaions SMCP de Poulpe 1984- 2004
