15-05-2015 07:00 - L’éditorial : Accaparement des terres de la vallée, le régime de Mohamed O Abdel Aziz ne recule pas

L’éditorial : Accaparement des terres de la vallée, le régime de Mohamed O Abdel Aziz ne recule pas

Terroir Journal - Quelques mois après son accession à la présidence de la république, Mohamed O Abdel Aziz a fait de l’accaparement des terres des régions de la vallée du fleuve (Brakna, Trarza et le Gorgol) une de ses priorités politiques. Ganki dans la région du Gorgol a été la première cible du gouvernement Mauritanien qui a attribué 25 hectares de terres de culture à une société multinationale arabe contre l’avis générale de la population de cette contrée.

Les appétits des multinationales s’orientent alors vers les régions Trarza et du Brakna, dans les communes de Lixeîba, Darel Barka, Darel Avia, Ould Birome, Boghé, Aéré M’Bar, El Vrah, Bababé et M’Bagne. Après une tentative visant 50 000 hectares englobant de nombreuses communes comme Lixeîba, Darel Barka, Darel Avia, Ould Birome et Boghé, l’Etat Mauritanien accorde finalement une superficie de 31 000 hectares au groupe Saoudien "Rajii, située dans entre la commune de Lixeîba et celles de Darel Barka et de Ould Birome dans la région du Brakna.

Ignorant sciemment les contestations des paysans et éleveurs qui font valoir leurs prétentions sur des terres de culture et de pâturages qui leurs appartiennent selon la législation, mais aussi selon les usages et les coutumes.

Il s’en suit un torrent de protestations des paysans et éleveurs de la zone concernée qui refusent d’entériner une telle expropriation. Mais l’Etat a renoncé ou suspendu pour le moment, ses prétentions sur les terres des communes de Aéré M’Bar, d’El Vrah, de Bababé et de Boghé.

L’Etat vient de louer la cuvette de «Karawlatt-Woulou N’Diaye» d’une superficie de 3200 hectares dans le Walo à l’AAAID (Autorité Arabe de l’Investissement et du Développement Agricole) le 15 janvier 2015 en conseil des ministres pour un bail emphytéotique de 25 ans, moyennant 16 millions de dollars par an, selon certaines sources, 1 milliard de dollars US par an, selon d’autres sources.

Cette population noire entretien des liens très affectifs avec la terre. Toute l’histoire et la culture, bref, l’organisation sociale de ces communautés gravite autour de la terre. Une dimension sociologique totalement ignorée par les pouvoirs publics qui ne sont mus que par des intérêts financiers maquillés sous le couvert d’une vraie fausse politique d’autosuffisance alimentaire.

L’Etat, en agissant de la sorte, opte clairement pour le bradage des terres de culture exploitées depuis des siècles par les populations noires autochtones contre quelques billets de pétrodollars versés dans l’opacité par le royaume Saoudien à des courtiers nationaux.

Un plan ourdi par le pouvoir pour chasser les Noirs de la Vallée du Fleuve Sénégal, c’est le sentiment qui prédomine aujourd’hui chez les populations expropriées ou en voie de l’être.

Et l’attribution d’une terre obéît à un arsenal juridique. Il doit respecter le code pastoral, le code forestier, le code environnemental et avoir une dimension sociologique. Rien de tout cela n’a été respecté contrairement à ce qu’a affirmé, la secrétaire générale du ministère de l’Agriculture, Iziza Mint Kerballi le 2 Mai 2015 devant les paysans à Darel Barka.

Jusque là, toutes les autorités qui sont passées devant les populations contestataires à Darel Barka, n’ont pas convaincu. Ils n’ont pas brandit, une seule fois la convention signée entre le gouvernement Mauritanien et l’AAAID sur ce projet. Pourquoi nos gouvernants cachent-ils encore ce document comme ce fut le cas lors de l’attribution de 31 000 hectares à "Rajii ?

Si réellement le pouvoir œuvre dans l’intérêt vital des populations ; pourquoi, ne les a-t-il pas associés dès le début des pourparlers avec ces investisseurs ? Et ces communautés qui vivent de l’agriculture et l’élevage sont appelées tout simplement à disparaitre de la carte, dans le cas où se projet est réalisé ou à se transformer en esclaves des sociétés multinationales.




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Commentaires (7)

  • pyranha (H) 15/05/2015 11:45 X

    Mohamed Hanefi Merci encore de votre bonne foi dans l’analyse des faits et événements. Mais dans cette affaire de terre c’est plutôt les mauvaises manières d’un Etat foncièrement violent et rébarbatif qui fait que toute possibilité de développement dans ce pays devient difficile. Les populations ne s’accrochent jamais bêtement sur cette terre sans raison, d’ailleurs ce qui fait qu’ils s’opposent c’est que cet Etat partial et raciste les a tjrs exproprié il ne s’est jamais soucié de mettre au pied d’égalité ses différents concitoyens. Nos populations du Sud demandent simplement d’être associés pour au moins ne pas perdre des zones qui leurs semblent vitales est ce trop demander ? et quoi de plus simple ? Croyez vous que cette affaire d’expropriation est envisageable au Nord ou dans les zones où les gens ont une propriété quelconque ? Chaque jour les populations du Sud sont surprises, et que dire du village dont les gens sont obligés d’aller de l’autre coté du fleuve pour enterrer leurs morts.je suis certes d’accord qu’il nous faut être indépendants pour une autosuffisance ,mais tjrs est il qu’il y ait au moins un Etat intelligent et impartial pour cela. Les problèmes se trouvent des 2 cotes ;je ne suis pas également d’accord avec des discours tels que « cette terre appartient à mon arrière arrière grd père et que personne ne la touche » Pour bien gérer donc cette gravissime affaire c’est pas avec un Etat Terroriste et voyou habitué aux intimidations et aux exactions que les solutions verront jour.

  • niomoxo (H) 15/05/2015 10:14 X

    L’attribution d’une terre obéît à un arsenal juridique. Il doit respecter le code pastoral, le code forestier, le code environnemental et avoir une dimension sociologique.C'est dommage que tout cela soit bafoué par notre administration,nos gouvernants,pas par ignorance mais par negligeance et mepris.

  • diopkarim (H) 15/05/2015 09:27 X

    C'est difficile, trop même.

  • donogaladiegui (H) 15/05/2015 09:20 X

    Les saoudiens ne mangent que des dattes...je pense qu'il était préférable de leurs louer nos palmeraies .vous avez posé plusieurs questions dans votre article qui malheureusement demereront sans réponse...

  • pyranha (H) 15/05/2015 08:35 X

    Un pouvoir raciste ,chauvin et xénophobe créé tjrs les conditions de son propre suicide.Ainsi à défaut de pouvoir s'unir pour liquider ce pouvoir,les noirs sont maintenant obliges (toutes composantes comprises) de se réunir pour défendre au prix de leur vie leur bien.Aussi bien unis ce qui en 1989 s'est passe en RIM risque totalement d’être l'inverse car l'on sait bien quelle force meurtrière a ete commanditée et par qui pour détruire biens matériels et vies humaines .Certains individus brandissent la menace d’être armes plus que les autres (le cas de Donaye et autres...)mais ils oublient que les victimes peuvent les détruire avec leurs propres armes...qui vivra verra bien.

  • bala (H) 15/05/2015 08:33 X

    Les Terres de la Vallée enterreront Abdel Aziz et son régime.Tous les pays arabes qui se sont aventurés sur les berges du fleuve Sénégal ont implosé.Les Saoudiens n'ont qu'à dire adieu à leur royaume.

  • mohamed hanefi (H) 15/05/2015 07:37 X

    Tous ceux qui ont gouverné la Mauritanie n'ont jamais évalué à sa juste valeur, l'importance que cette Chamama pouvait jouer dans la vraie indépendance du pays. Ce n'est pas une question de noirs à chasser de la vallée, mais d'un affaiblissement programmé des ressources potentielles qui pouvaient nous tirer de tant de mauvais pas. Naguère la terre "appartenait" à certaines familles, par un "titre foncier" octroyé par la France vers le début du siècle passé. des terres mauritaniennes octroyées par un pays étranger. Alors quel mal y a-t-il a les "louer" a un autre pays étranger. Aujourd'hui, la souveraineté de l'état vient annuler ce droit et hypothéquer volontairement sa réelle souveraineté à des souverainetés étrangères. Nous avons hypothèque nos âmes avant d'hypothéquer nos terres. Malheureusement. Attendons les conséquences. En face et d'une terre exactement de même nature, le Sénégal voisin, tire tout ce dont il a besoin comme produits agricoles. Ceci alors que notre ménagère doit attendre de la Hollande ou de la France son oignon, sa courge ou sa carotte. C'est un sabotage volontaire de l'avenir de ce pays. Si ce n'est une manifestation encore imprécise de la colère de Dieu. A elle seule, la Chamama pouvait résoudre le problème du chômage en Mauritanie. Mais Allah nous donne les pastèques, mais ne nous les casse pas. On a le droit de choisir, mais pas celui de regretter ensuite ce qu'on a librement choisi.