28-05-2015 15:10 - Le Chirurgien Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla à Horizons : « Notre objectif est de mettre en place un centre de greffe rénale »
Horizons - D’une simple unité de chirurgie urologique pratiquant la chirurgie ouverte sans endoscope, la structure que dirige le Docteur Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla à l’Hôpital de l’Amitié est passée, en moins de deux an, au stade de service de chirurgie urologique de plein exercice.
Il dispose d’un lithotripteur de dernière génération qui pulvérise et élimine, par les voies naturelles, les calculs urinaires par l’émission d’ondes de choc (ultra sons).
En 2014, d’autres appareils ont été acquis et ont permis de faire des opérations plus sophistiquées portant sur la prostate (adénome), sur l’ablation des reins…
Ces appareils ont aussi permis de faire de la prévention contre l’insuffisance rénale. Plus de 100 malades sont sortis totalement guéris de ce service jugé satisfaisant par un expert tunisien. Aujourd’hui aculé par la grande pression des malades, le docteur M’Balla et ses deux collègues n’ont qu’un seul but : créer en Mauritanie un centre de greffe rénale pour secourir et alléger la souffrance de nombreux patients handicapés par l’insuffisance rénale.
Dans l’interview ci-après, le chirurgien-urologue formé en Tunisie et professeur assistant à la faculté de médecine de Nouakchott, nous parle de sa spécialité, des pathologies y afférents et du service de chirurgie urologique de l’Hôpital de l’Amitié d’Arafat.
Horizons : Docteur pouvez-vous vous présenter et nous parler un peu de votre cursus universitaire?
Docteur Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla : Je suis le docteur Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla, je suis un chirurgien urologue. J’ai fait la médecine générale en Tunisie avant de me spécialiser, après un concours, en chirurgie urologique. La formation a duré onze ans et s’est terminée en 2011. J’ai été recruté à la fonction publique de Mauritanie en cette même date. J’ai occupé mon premier poste à l’Hôpital de l’Amitié de Nouakchott sis au quartier Arafat précisément au service de chirurgie générale.
Horizons : Comment va le service que vous dirigez ?
Docteur Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla : Le service de chirurgie urologique de l’hôpital de l’Amitié où j’exerce était au début une simple unité où je travaillais seul. J’y faisais de la chirurgie ouverte c'est-à -dire sans endoscope. Je signale que la chirurgie urologique couvre les reins, l’uretère et la vessie. Les pathologies de ces organes sont en général, les calculs urinaires, les cancers de l’appareil urinaire et les inflammations et les infections urinaires.
En 2012, un collègue formé à Dakar est affecté au service. L’urologie est une spécialité médico-chirurgicale qui traite les pathologies bénignes et malignes de l’appareil urinaires et de l’appareil génital.
Il existe un autre service d’urologie à l’Hôpital national. Il y a 12 urologues dans notre pays.
Notre service compte 13 lits, deux urologues, un résident et 8 infirmières.
Horizons : Avez-vous acquis d’autres appareils plus sophistiqués depuis lors ?
Docteur Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla : En 2014, suite à nos demandes incessantes, nous avons effectivement acquis de nouveaux appareils notamment un lithotripteur, un appareil permettant la pulvérisation et l’élimination par les voies naturelles de calculs (réunion de substances formant un amas pierreux) par l’émission d’ondes de choc (ultra sons).
Mais cet appareil à lui seul, ne suffisait pas car il en fallait d’autres pour prévoir les complications possibles au niveau de l’uretère ou la vessie après fragmentations des calculs. Ces appareils ont été heureusement acquis sous le magistère de l’actuel ministre de la Sante sur instruction du Président de la République.
Ainsi, nous avons pu mettre sur place un service de plein exercice au lieu d’une simple unité. Je dirige actuellement cette structure avec deux collègues dont un, en cours de formation. Nous faisons maintenant presque toutes les chirurgies urologiques. Il nous manque cependant un bâtiment à deux niveaux pour être un service indépendant.
Horizons : vos prestations sont-elles bien appréciées ?
Docteur Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla : Pour ce qui est de nos prestations, elles sont très satisfaisantes : les malades traités ont été totalement guéris et ne sont plus revenus au service. Tout récemment avec l’appui d’un chirurgien tunisien, venu dans le cadre d’une mission médicale, nous avons pu faire 23 interventions dont 18 par endoscopie.
Les cinq autres qui devraient être évacuées ont pu être traitées sur place. Cet expert a bien apprécié notre service et a même affirmé que la chirurgie urologique n’a plus de problèmes en Mauritanie. Je signale que 100 malades sont sortis guéris de notre service dont 25% sont assurés par la CNAM et devraient être évacués à l’étranger.
Aujourd’hui, à cause de la grande affluence des malades et de la pression qu’elle engendre quotidiennement, il nous faut absolument un service, à part entière pour avoir les coudées franches et satisfaire toutes les demandes de chirurgie urologique ; en faisant aussi de la prévention car les calculs au niveau des canaux urinaires provoque avec le temps l’insuffisance rénale.
Horizons : Avez-vous des doléances à adresser aux autorités médicales ?
Docteur Mohamed El Mokhtar Ould M’Balla: Pour ce qui est des perspectives de notre action dans le service, nous demandons instamment aux décideurs de mettre sur place un centre de greffe rénale. Surtout que nous disposons de presque tout le matériel nécessaire, il reste simplement un cadre juridique, quelques médicaments pour des soins appropriés et des mises au point à faire. Ce centre est d’autant plus important que la demande en dialyse est devenue très grande. Les compétences sont disponibles ou en cours de formation.
Propos recueillis par Sidi Moustapha Ould BELLALI
