04-06-2015 07:45 - Lô Gourmo Abdoul: Non, tous les expatriés n’étaient pas complices de l’oppression de la MIFERMA à Zoueratt en mai 68 !
Lo Gourmo Abdoul -
Un expatrié français, en réaction à mon post du 29 mai sur le massacre de Zoueratt, s’est offusqué de ce que j’ai pu utiliser le terme d’ « apartheid social » pour qualifier la situation qui était faite aux travailleurs mauritaniens par rapport aux expatriés français et autres.
Il considère même qu’en utilisant ce terme d’apartheid, j’aurai fait du « racolage » ! Comme argument, l’ex expatrié qui dit en avoir touché d’autres retraités étrangers de l’ex MIFERMA, se réfère aux bonnes relations que ces derniers et lui-même auraient entretenu avec les travailleurs mauritaniens, tout en reconnaissant que des individualités auraient pu agir de manière inconsidérée vis-à -vis de nos compatriotes sans que cela ne me donne le droit de « généraliser ».
Je dois, en réponse, dire que ma référence à l’apartheid social concernait non les relations interpersonnelles que les employés de Miferma, nationaux et étrangers, entretenaient entre eux et qui ont pu être tout à fait normales voire dans la plupart des cas, conviviales.
Je me suis référé plutôt au statut social des ressortissants mauritaniens par rapport à l’entreprise MIFERMA , le traitement dont ils faisaient l’objet de la part de cette dernière et qui ressemblait, en beaucoup d’aspects, à celui de l’indigénat de l’époque coloniale dont on sortait à peine à ce moment.
Notre ami français ne se souvient sans doute pas que même les quartiers d’habitations des uns et des autres étaient séparés sur la base de leur origine nationale respective. Je ne parle même pas des traitements et émoluments très différenciés des uns et des autres et de leurs perspectives de carrière parallèles.
D’ailleurs, lors de la Grève ayant débouché sur la sanglante répression du 29 mai, cette question avait fait l’objet d’un point de revendications des ouvriers. Et cela, indépendamment du comportement abject de certains des « encadreurs » expatriés vis-à -vis des « autochtones ». Pour le reste, de nombreux expatriés étaient révoltés par les mauvais traitements dont nos ressortissants étaient victimes car la plupart d’entre eux étaient des travailleurs sensibles aux difficultés de leurs frères mauritaniens.
Inutile donc d’ajouter , surtout dans le contexte des événements de mai 1968 en France, que l’idée de solidarité entre travailleurs mauritaniens et expatriés à l’occasion des douloureux événements, était pour nombre d’entre eux, tout à fait naturelle.
Lô Gourmo Abdoul
