15-07-2015 08:29 - APP/Mauritanie/Ue : Suspicions malgré l'accord! (ci-joint le Procès-verbal, le Protocole et l'Annexe de cet accord)
Mauriweb - Y a-t-il encore anguille sous roche dans l’adoption du nouvel accord de pêche Mauritanie-Ue ? Il faut bien croire que les décideurs, en l’occurrence les négociateurs, ont voulu occulter « toute » la réalité du nouvel accord se contentant de livrer une information partielle sur l’accord et surtout en faisant exclusivement la part belle à des acquis de longues dates.
Faut-il enfin croire que le satisfécit de façade cache mal un revers. Qui a intérêt à noyer le poisson!
Officiellement, les pourparlers engagés à Nouakchott pour sceller un nouvel accord de pêche entre la RIM et l’Ue se sont achevés vendredi 10 juillet vers 3 heures du matin. La conclusion de ce nouvel accord de 4 ans met enfin à une crise qui aura duré 16 mois successifs.
Les 4 premiers rounds de négociations six mois durant n’avaient pas permis d’aplanir les divergences entre les deux parties. Il faut bien reconnaitre que la tâche n’était pas facile.
Car, au préalable, le dernier protocole d’accord (2012-2014) terminé, du point de vue de la partie mauritanienne, en juillet, ne l’était pour les européens qu’en décembre 2014 date de son adoption légale sur le vieux continent. De plus, le précédent accord jugé onéreux par les européens (113 millions d’euros) en raison de possibilités de pêche amoindries n’avait pas été appliqué comme il se devait avec la disparition « mystérieuse » de 25 millions d’euros consentis au développement du secteur et que la partie mauritanienne a utilisés à d’autres fins.
Plus de chinoiserie
Mais très probablement pour les européens, ce n’était là que la partie visible de l’iceberg. En effet, les européens roulés dans la farine lors du protocole 2010-2012 avec la discrimination favorable aux chinois de Polyhondone n’étaient pas prêts à délier la bourse sans prévoir cette fois des garanties qu’on ne les y prendrait plus. Cette fois ils auront obtenu noir sur blanc que les facilités faites à leur détriment pour les ressources excédentaires ne profiteront pas à quelqu’un avant eux.
A lire les documents se référant à la conclusion de l’accord, on sent nettement le déficit de confiance qui s’est instauré entre les deux parties après la convention de polyhondone d’une durée de 25 ans lui assurant l’accès au poulpe et même le chalut en bœuf alors que l’UE offrait chaque année 113 millions d’euros. Mais les chinois ne sont seuls à profiter de la situation.
Il y eut aussi les russes et les islandais dont les navires battent pavillon de complaisance du pays de Poutine. Et qui au moment où l’on parle écume nos eaux territoriales en toute impunité. Après donc 16 mois et le manque à gagner pour la Mauritanie suite au départ des navires européens (pas de recettes et 3000 matelots sans emplois, sans oublier les secteurs en annexe), les deux parties ont tenté de faire table-rase de ce bras de fer douloureux en annonçant un nouvel accord où l’Etat mauritanien évoque 225.000 tonnes de petits pélagiques. Mais ce ne sera pas tout.
Dans la réalité, l’accord porte sur une quantité de plus de 280.000 tonnes soit juste 20.000 tonnes de moins que dans le protocole 2012-2014 contre une ristourne qui chute de 70 millions d’euros passe à 59. Des arrangements techniques quant à la nouvelle zone de pêche. Dans le nouvel accord l’Ue exige aussi que des données statistiques sur les prises de poissons, les navires en activité soient communiqués au grand dam du département des pêches qui jusqu’ici n’arrive toujours à faire patte blanche.
D’ailleurs, l’annonce par les médias ibériques d’intermédiaires mauritaniens proposant des licences de pêche de 5 ans, toutes espèces confondues, est en déphasage avec les velléités de transparence données par la partie mauritanienne.
Ce qui devrait donner à réfléchir aux initiateurs de la FITI, initiative de transparence de l’industrie de pêche, (https://cape-cffa.squarespace.com/blog-en-francais/2015/6/9/dvelopper-linitiative-de-transparence-de-lindustrie-de-la-pche-fiti-que-pouvons-nous-apprendre-de-litie) menés par le professeur Eighen, ancien patron de Transparency international qui était récemment en Mauritanie, à cet effet. Notons néanmoins que dans le nouveau protocole (voir document), qui réactualise les avancées en matière de création d’emplois, de débarquement de produits, l’Ue s’est arrogée beaucoup de raisons de dénonciations de l’accord.
Procès verbal 5éme Tour 2015
JD
