18-07-2015 00:45 - Salons « El Henna » pour se faire belle
L'Authentique - La Nouakchottoise, d’entre toutes les Mauritaniennes ne recule devant aucun sacrifice pour rester coquette. Les salons de beauté pullulent ; parmi eux, les salons traditionnels d’embellissement et de jouvence. Généralement situés dans les marchés ou les quartiers populaires, proches de leur clientèle, ceux-ci gardent ce cachet convivial traditionnel qui est à l’origine de leur popularité grandissante auprès des femmes.
Parce que leur rôle ne se limite pas simplement à la manucure, pédicure et autres tresses ; ils constituent surtout des lieux de réunions où on parle de choses de femmes, ou on se refile les derniers trucs à la mode : le tissu dernier cri, la teinture en vogue, les meilleures compositions pour s’épiler…le tout entre brouhaha et les incontournables « Tagiine » (collation), « Zriig » (boisson de lait coupé à l’eau) et thé.
Ne dit-on pas que « qui veut des nouvelles, se rend dans les salons de coiffure » ?
Les clientes sont généralement de futures mariées ou des femmes qui préparent une cérémonie quelconque. Là , elles passent une journée entre les mains des tresseuses et surtout des « forgeronnes », réputées pour leur savoir faire dans le Henné.
Tout un art. Les artisanes découpent de minces bandes de collants adhésifs du genre sparadrap, avec lesquelles elles dessinent sur les mains et pieds des clientes, des arabesques nées d’une imagination fertile.
Comme tout art, cet embellissement est subjectif ; mais il demande une bonne connaissance des coutumes et surtout de la psychologie des clientes. Toutes choses qui dépendent de la région, du milieu social…Informations que la causerie, la finesse des maîtresses du séant permettent d’acquérir discrètement.
Ensuite elles appliquent le henné, cette plante venue d’orient. Séchée, pilée, tamisée est malaxée dans de l’eau, jusqu’à l’obtention d’une pâte homogène, elle est appliquée délicatement sur les mille et une figures formées par le sparadrap. Après une journée ou une nuit, on enlève tout et on enduit les organes traités d’huile. Ça fait noircir le henné. Après on lave avec de l’eau tout court.
Chacune de ces figures et de ces arabesques, procure des renseignements sur la situation matrimoniale de celle-ci, son appartenance sociale voire même sa région d’origine. Pour les ignorants que nous sommes, ce sont là de belles décorations ! Sans plus.
Un cérémonial qui attire de plus en plus de femmes que les prix des prestations n’apeurent pas.
Amar Fall
