22-07-2015 19:30 - Droits de l’homme en Mauritanie : Les dossiers sales qui compromettent la prochaine revue à Genève

Droits de l’homme en Mauritanie : Les dossiers sales qui compromettent la prochaine revue à Genève

L'Authentique - Alors que la Mauritanie a peaufiné son Rapport national de l’examen périodique universel qu’elle doit présenter en novembre 2015 devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, sur l’état des avancées en matière de droits de l’homme, plusieurs dossiers viennent ternir une telle perspective.

Hormis le cas des trois détenus d’opinion leaders d’IRA qui croupissent depuis plus de huit mois dans ses prisons, se greffent les violences contre des journalistes, la persistance de l’esclavage et des actes de discrimination raciale ainsi que le retour de la torture dans les commissariats de police, entre autres.

Malgré une avalanche de textes de lois et la ratification de la quasi-totalité des conventions internationales relatives aux droits de l’homme, la Mauritanie continue d’être le théâtre des pires violations des droits de la personne humaine et de sa dignité.

C’est l’avis de plusieurs organisations oeuvrant dans le domaine, notamment l’Observatoire mauritanien des droits de l’homme qui note un recul drastique dans le respect de ces droits, notamment au cours des derniers mois de 2014 et en ce mi 2015. L’organisation cite les entraves dans l’exercice du droit d’expression qui a visé les défenseurs des droits de l’homme et des acteurs des médias.

Recul des droits

Ainsi, l’observateur déplore la détention arbitraire depuis plusieurs mois du président de l’Initiative du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA) Birame Dah Abeid et de son vice-président Brahim Bilal Ramadan, mais aussi des exactions commises contre le directeur de publication du site « Taqadoumi » le poussant à l’exil, l’arrestation de deux jeunes activistes du « Mouvement du 25 Février », Mohamed Abdou et Sidi Teyib suite à un sit-in de protestation pacifiste et les tortures qu’ils ont subi dans les commissariats de police.

C’est dans ce contexte délétère que l’Etat mauritanien a achevé ses consultations nationales autour du Rapport National de l’Examen Périodique Universel (EPU) qu’elle devra présenter lors de la revue périodique prévue en novembre 2015 devant le Conseil des Droits de l’Homme à Genève.

A rappeler que ce rapport est censé corriger les observations formulées lors de son premier EPU en 2010 et les 100 recommandations que les congressistes du monde avaient formulées à son encontre. Ainsi, si des améliorations ont été apportées sur le plan institutionnel dans le registre de la lutte contre l’esclavage, en matière de textes et de révisions, notamment celle incriminant les pratiques esclavagistes, la réalité reste loin de la théorie.

Des cas d’esclavage ont été dénoncés, notamment à R’Kiz et à Tijikja, avant d’être étouffés par l’appareil judiciaire. Ainsi, au lieu d’envoyer les esclavagistes en prison, la justice leur assure l’impunité tandis que l’Etat mauritanien préfère condamner et emprisonner des antiesclavagistes dont le seul tort est d’avoir dénoncé l’esclavage agricole dans la Vallée.

Malgré les appels des organisations des droits de l’homme nationales et internationales et ceux de la classe politique appelant à leur libération, le pouvoir continue de persister dans leur emprisonnement, selon l’avis de plusieurs acteurs locaux.

Mort sous la torture

C’est surtout l’affaire d’un gardé-à-vue mort dans un commissariat de police, sous l’effet de la torture selon ses proches, qui défraie la chronique aujourd’hui. Il s’agit du jeune Abderrrahmane Diallo.

Victime d’une banale rafle la nuit de l’Aïd El Fitr, il mourra quelques heures après sa détention. Ses parents seront informés de la présence de son corps à l’hôpital Sadaqa dans le quartier périphérique d’Arafat à Nouakchott. Autorisée à l’identifier, sa mère affirme avoir relevé sur son corps des traces de torture.

Un sit-in de protestation sera vite organisé par ses proches devant le portail de l’hôpital, vite rejoints par les activistes du mouvement IRA, tandis que les autorités dépêchaient une armada de forces de police et de la garde nationale. Tandis que les proches du jeune Abderrahmane soutenaient la thèse du meurtre par torture, la police évoquait une mort naturelle, argument soutenu par les médecins.

La confrontation allait déboucher sur un face-à-face à caractère ethnique avant que le Procureur de la République n’autorisa l’autopsie réclamée par la famille du disparu. En même temps, une enquête judiciaire fut ouverte sur les circonstances de la mort. Un policier en particulier est visé par les accusations des proches de la victime.

JOB



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 3
Lus : 1996

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (3)

  • franklucas (H) 24/07/2015 11:33 X

    Quelle mauvaise foi ! Cet article est rédigé avec beaucoup de haine envers certaines personnes. Vous savez quoi les jaloux vont maigrir. Allez-vous plaindre à Dieu Mr l’authentique lol. “La rancune n'est que la preuve de la faiblesse.”

  • bakarimaure (H) 23/07/2015 10:02 X

    La Mauritanie na rien adire sauf copier le précédant rapport avec des petits aménagement et le transmettre mais a Genève les gens savent que la Mauritanie est spécialiste dans la fabrication du faux.

  • boubou_kibili (H) 23/07/2015 06:34 X

    Messieurs les Médecins votre corps est déjà sali depuis belle lurette par l'incompétence d'un bon nombre de vos collègue et cela n'est plus un secret à Tunis, Rabat, Dakar pour ne pas dire la France. Mais alors n'ajoutez point la colère d'Allah par des faux témoignages pour des miettes ou des promotions ou tout simplement pour faire plaisir à cette administration nouvelle connue pour avoir fouler tous les jours que Dieu fait notre Unité nationale et cohésion sociale. Allah jugera sous peu entre elle et nous bientot. Amine.